‹ Maladie osseuse de PagetChapitre 29 sur 39 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Pronostic.

Le pronostic de la maladie de Paget est sombre. On répète qu’elle ne fait pas mourir ses sujets qui sont plutôt les victimes d’affections concomitantes comme celles, les plus fréquentes d’ailleurs, qui intéressent le cœur ou les poumons; le cancer aussi entrerait pour une part assez forte dans le pourcentage des causes de mort.

Mais, comme le dit si bien Fréchou, l’aspect ridicule du malade, sa faiblesse musculaire, la gêne de ses membres aiourdis et incurvés, les fractures possibles pas toujours consolidées, les douleurs à la marche, l’incapacité au travail, la sénilité précoce font du malade un infirme qui ne tarde pas à tomber dans un état de décrépitude extrême. Les déformations thoraciques gênent la respiration et le jeu du cœur, compromis d’ailleurs par l’athérome artériel et l'emphysème pulmonaire.

Dans les formes incomplètes où la lenteur d'évolution des lésions du pagétisme ne peuvent arriver à terme, la mort est souvent hâlée par une lésion cardiaque, des troubles respiratoires, la généralisation d’une tumeur.

# Le pronostic ne doit pas non plus rester muet sur les douleurs qui peuvent affliger le malade et le elouer au lit; sur les troubles de la vue et de l’ouïe qui rendent difficile sinon impossible sa vie de relation.

Dans l’hypothèse d’une origine syphilitique de la maladie de Paget on pourrait croire que l’affection doive bénéficier du traitement spécifique et par là aboutir sinon à la guérir, tout au moins à l’améliorer. Or, nous savons qu’il échoue presque toujours. MM. Gaucher et Rostaine après avoir présenté leur malade et fait remarquer son amélioration, par la médication mercurielle et iodurée, déclarent que le mieux, assez rapide au début de ce traitement, se ralentit ensuite. En tout cas ils avouent que leur malade « est le premier qui ait été nettement amélioré par le traitement spécifique. »

En effet la plupart des observateurs après avoir appliqué le traitement même d’une façon intensive, ont été obligés de le suspendre à cause de son inefficacité et quelquefois de sa nocuité. Empressons-nous toutefois d'ajouter que cela ne peut rien préjuger contre la doctrine de l’hérédo-syphilis, car le traitement est impuissant à déloger des lésions trop anciennes ou même à les modifier.

En résumé, la maladie de Paget est compatible assurément avec une longue existence, mais elle s’accompagne de dégradations viscérales qui n'existent pas au titre de complications, mais à raison de lésions contemporaines. Elle ne menace pas, de son fait exclusif, la vie des malades; et si l’on supputait les risques des pagétiques on arriverait à cette conclusion, qu’ils ne courent d’autres dangers que ceux qui leur viennent de leur système vasculaire. L’insuffisance cardiaque, qu’elle

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