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puisse donner l'impression d’une véritable sclérose des cordons postérieurs. Notons ensuite qu’un bon nombre des fibres nerveuses à myéline, des régions qui paraissent malades à l’œil nu, ne fixent pas d’une façon intensive la laque chromo-hématoxylique.
Les cornes antérieures sont intactes. Les colonnes de Clarke paraissent saines. Les racines antérieures et postérieures semblent normales.
Microscopiquement, on trouve également dans la partie postérieure du cordon latéral, une diminution des fibres à myéline qui se traduit par une teinte pâle de cette région, constatable également à l’œil nu sur des coupes.
Dans la région lombaire on constate à l’œil nu, mais très atténuées, les mêmes lésions que le microscope révèle également, mais avec une semblable atlénuation.
Le deuxième examen important a été pratiqué par MM. Gilles de la Tourette et Marinesco, en 1894. En voici le résumé, recueilli dans la Semaine médicale, 20 juin 1894:
À l’autopsie d’un homme de 49 ans, qui succomba à des accidents asphyxiques dans le cours de la maladie de Paget, ces Messieurs ont trouvé des lésions véritablement particulières et non décrites jusqu’à ce jour, siégeant dans la moelle épinière, principalement dans la région dorsale, où l’on constate à l’œil nu, après durcissement, une grosse altération avoisinant le sillon postérieur et la zone radiculaire postérieure. Les fibres à myéline avaient disparu en grande partie sans que le microscope montrât leur dégénérescence vraie; de même le tissu de soutènement était plus abondant qu’à l’état normal, sans être véritablement sclérosé. La lésion n’en était pas moins considérable, évidente. Elle acquiert, au point de vue de la pathogénie de l’ostéite déformante,
une grande importance, si l’on considère qu’elle siégeait dans une région voisine de celle qui est allérée dans le tabès, et qui semble présider à la nutrition des os si complètement touchés dans l’ostéite déformante de Paget. Ajoutons que rien pendant la vie n'avait pu faire soupçonner cette lésion médullaire.
En 1896, de nouveau MM. Gilles de Ja Tourette et Marinesco, publièrent une seconde autopsie dont nous extrayons le passage suivant :
Les lésions macroscopiques de la moelle épinière ont leur maximum dans la région dorsale, particulièrement dans les régions moyenne et inférieure. Ces lésions sont constatables à l’œil nu sur la moelle à l’état frais; elles donnent même immédiatement une idée très nette de la topographie de la région envahie.
Dans les préparations traitées par la méthode de Pal la partie médiane des cordons postérieurs et la zone radiculaire postérieure tranchent par leur coloration pâle sur les autres régions.
A l’'Examen microscopique on voit que cette pâleur est en relation avec une raréfaction des fibres nerveuses. Sur des préparations traitées par la fuchisine on constate que dans cette région pâle le nombre des fibres fines comparalivement aux fibres grosses est plus grand que dans la région radiculaire moyenne et que le tissu interstitiel est légèrement épaissi.
Le triangle de substance saine qu’avoisine la corne postérieure affecte une topographie dans la région lombaire supérieure et dans la région dorsale.
Les racines postérieures et les colonnes de Clarke sont intactes en ce qui regarde leurs fibres nerveuses. De même semble intacte la zone de Lissauer.
Les cornes antérieures et postérieures et les racines antérieures sont saines.
Le microscope fait voir aussi l’hyperplasie de la gaîne lamelleuse des faisceaux nerveux et l'augmentation du tissu conjonctif intra-fasciculaire.
Les faisceaux nerveux qui se trouvent disséminés dans le tissu conjonctif péri-fasciculaire sont quelquefois divisés par les cloisons conjonctives qui partent de la face interne des gaînes lamelleuses en deux ou trois faisceaux secondaires.
Donc dans la moelle l’altération est constituée par une lésion d’origine probablement endogène attendu que les fibres des racines postérieures sont intactes. Cette lésion camtonnée dans une certaine partie des cordons postérieurs n’est pas une véritable sclérose bien que le tissu interstitiel, la névroglie, soit en légère prolifération.
Quand aux nerfs nous les avons trouvés augmentés de volume ; ils sont le siège d’une névrite interstitielle très probablement d’origine vasculaire.
En 1897, L. Lévi a étudié la moelle épinière chez une pagétique de 62 ans, morte dans le service de M. le professeur Raymond.
La moelle est le siège d’une sclérose pseudo systématique d’origine vasculaire diffuse, mais à prédominance, au niveau des cordons de Goll, de la zone radiculaire postéro-interne, des faisceaux pyramidaux croisés, inté-— ressant également les faisceaux cérébelleux directs.
La sclérose est parfois limitée autour des vaisseaux atteints de périartérite. De toute façon elle a son maximum à leur niveau. Dans les zones selérosées les cylindres-axes sont conservés. La pie-mère est partout épaissie. La zone de la périphérie de la moelle
est légèrement sclérosée dans toute son étendue.
Quelle est la signification de ces lésions ?
M. Levi ne pense pas qu’il y ait lieu d’établir des relations entre elles et l’ostéite déformante de Paget. Il estime que ces troubles médullaires et osseux coïncident chez un même sujet et avec tendance à rapprocher la moelle étudiée de la moelle sénile.
On peut se demander seulement le rôle que les lésions vasculaires généralisées, dans ce cas, aux gros troncs comme aux artérioles visiérales, jouent dans l’évolution des lésions osseuses et, d'autre part, si les lésions vasculaires et osseuses ne sont pas sous la dépendance du même trouble dystrophique d’origine inconnue.
Les nerfs périphériques examinés par les mêmes auteurs ont été trouvés compromis aussi dans leur texture. A l'examen des troncs nerveux des membres inférieurs Gilles de la Tourette et Marinesco ont constaté « un processus de névrite interstitielle d’origine vasculaire, caractérisé par l’hyperplasie de la gaîne lamelleuse, l’augmentation du tissus conjonctif intra-fasciculaire, l’état légèrement clairsemé des fibres nerveuses. »
L. Lévi trouve sur le tronc du sciatique « une endopériartérique prononcée, accompagnée d’une raréfaction diffuse assez accentuée des gaînes de myéline.
Les mêmes lésions sont aussi rencontrées par MM. Hudelo et Heitz, sur le tronc du tibial antérieur, mais plus prononcées, particulièrement sur un petit filet où la gaîne de Schwann de chaque tube nerveux était d’une épaisseur anormale,
nié sépsins