TERRES
Opérations après lesquelles la déshydratation sera toujours très faible et très passagère, l’ingestion des liquides étant reprise précocement et les phénomènes intestinaux étant absents.
Les causes de la déshydratation post-opératoire sont suffisamment nombreuses et importantes pour que nous nous inscrivions en faux contre l’opinion de Cxa- BANIER €t LoBo-ONELL (1), (nous croyons que le mouve- « ment de l’eau n’est comme le mouvement du chlore « qu'une conséquence et non une cause, et qu'ila par- « Lie liée avec ce dernier dont il est jusqu’à un cer-
« tain point l'envers, si l’on peut dire. »
(1) Diabète et Chirurgie, p. 73,
La déshydratation peut-elle expliquer les signes humoraux de la Maladie post-opératoire ?
A cette question nous pouvons répondre par l'affirmation, sauf peut-être pour un signe : l’hyperglycémie.
La déshydratation agit essentiellement en troublant les fonctions hépatiques et les fonctions rénales.
L'étude des fonctions du foie au cours de l’exsiccose n’a guère élé faite, ni chez l’homme, ni chez l’animal. Seul à notre connaissance MAUTNER (1), après de délicates expériences affirme qu’une grande quantité d’eau est nécessaire pour toutes les fonctions du foie et surtout pour la fixation du glucose, il conclut son article de la façon suivante : « une déshy- « dratation si intense que les fonctions normales du « foie ne peuvent plus être maintenues, entraîne des « troubles qui réalisent une véritable intoxication ».
Beaucoup plus importants et beaucoup plus nombreux sont les travaux sur les fonctions rénales au cours de la déshydratation. Tous les auteurs sont
actuellement d’accord sur le fait qu’il faut un mini-
(1) Monatschr. f. Kinderh., 1928.
Le NE
mum d'élimination d’eau et de chlorure pour permettre le fonctionnement normal du rein. Or, la déshydratation a justement pour effet de s'opposer à la possibilité d’élimination et de l’eau et du chlorure de sodium : daus un grand nombre de cas, le rein fonctionne à la concentration maxima comme
pour éviter toute perle trop importante d’eau.
L’hypochlorurie est expérimentalement obtenue en quelques heures en supprimant les apports d’eau et de sel. Caauvin et OEconomos ont montré que les sujets normaux mis simplement au régime pré et post-opératoire présentaient une oligurie avec hypochlorurie.
L'hypochlorémie est plus difficile à expliquer. Expérimentalement la déshydratation n’entraîne pas d’hypochlorémie, les troubles de la chlorémie n’'apparaissent que très tardivement à la période préagonique. C’est qu’en effet, dès le début de la déshydratation les éliminations de chlorure par les urines sont extrêmement faibles. Au cours de la Maladie post-opératoire les troubles de la chlorémie sont donc bien différents de ceux qu'on observe au cours de la déshydratation expérimentale, l’hypochlorémie apparaît en effet précocement, est maxima au 2€, 3° ou 4€ jour. Là aussi pourtant les pertes de chlore sont faibles, l’hypochlorurie étant précoce ; les vomissements post-anesthésiques sont insuffisants
à expliquer une déperdition importante de chlorures.
Ar pe
Il faut donc admettre qu’il y a rétention de chlore dans les tissus, tous les dosages pratiqués montrent que cette hypothèse est fausse, dans tous les tissus les chlorures subissent une baisse, sauf au niveau des tissus traumatisés (Lecueu, Fex et PaLazzou). Mais cet afflux de chlorure est insuffisant pour expliquer l’hypochlorémie. Il nous semble que la constitution de liquides de stase intestinale, riches en chlorures, réalise une spoliation de chlore, soustrait au sang et aux tissus, suffisante pour expliquer cette hypochlorémie (que l’on constate d'ailleurs d’une façon véritablement expérimentale au cours de l’occlusion intestinale).
L'azotémie n'est pas moins simplement expliquée par notre hypothèse. Qu'elle agisse ou non par une véritable insuffisance rénale fonctionnelle liée à l’oligurie, la déshydratation entraîne l’azotémie. Garo- FEANU et DEREvICI ont noté chez les animaux privés d’eau, une augmentation de l’azotémie pouvant atteindre le double de ce qu'elle était avant le jeûne, Hapex et Orr dans toutes leurs expériences de déshydratation ont toujours vu monter de façon considérable le taux de l’urée sanguine, même en l’absence d’hypochlorémie. KerPez-Fronrus (1) note lui aussi une hyperazotémie chez les animaux soumis à la déshydratation. GzLass fait la même constatation et ajoute que pourtant à l’autopsie on ne trouve aucune lésion organique du rein.
(1) Monatsch. f. Kinderh., 1931.