‹ Maladie Post-Opératoire et DéshydratationChapitre 18 sur 28 · RES · texte numérisé non relu

RES

constitution d’une azotémie chloropénique, et ils écrivaient, en 1932, à propos de plusieurs observations de vomissements incoercibles : « Nous croyons qu’un élément essentiel de cette azotémie est la déshydratation si fréquemment liée à la chloropénie, car dans nos observations où il y a eu chloropénie mais pas de déshydratation, l’azotémie a été ou légère ou ‘ absente ». Et plus loin : « De ces observations pouvons-nous conclure que les symptômes actuellement rapportés par certains à la chloropénie doivent être attribués à la déshydratation ? C’est pour nous l'impression qui se dégage de nos observations, et elle n'est pas en désaccord avec la constatation aujourd’hui classique que l’azotémie observée chez un chloropénique est rapidement levée par une injection de sel. A cet égard, il faut remarquer en effet que les chloropéniques azotémiques sont d'ordinaire des sujets qui vomissent ; or, l'effet presque constant de l’administration de sel est de lever les vomissements et de permettre au sujet de se réhydrater. » Pour Gzass (1) la déshydratation est essentielle, c’est elle qui entraîne l'hypochlorémie, et, la baisse des chlorures s’accompagnant de troubles électrolytiques est à l’origine d’une altération, puis d’une destruction des albumines de l’or— ganisme d’où azotémie et augmentation de l’azote non uréique, les produits de destruction n'étant qu'insuf-

fisamment éliminés par les reins,

(1) Zeitsch, f. exp. Med., 1932.

La déshydratation permet-elle d'expliquer l'électivité de la Maladie post-opératoire et sa gravité chez certains sujets.

La réponse là encore ne peut être qu'affirmative.

L’électivité de la Maladie post-opéraloire après les interventions abdominales s'explique fort simplement: ce n'est que dans les suites des interventions transpéritonéales qu’on assiste, en effet, à cette stase aqueuse intestinale qui explique essentiellement la déshydratation ; c’est dans ces cas aussi, que la reprise de l’ingestion des liquides, qui constitue à coup sûr la meilleure méthode de réhydratation d’un organisme, est particulièrement tardive. Toutes ces causes manquent dans les suites des interventions surles membres, le tronc, le cou, la tête où la Maladie post-opératoire n'existe cliniquement pas.

La gravité de la Maladie post-opératoire chez les obèses el les diabéliques est facile à comprendre puisque les uns comme les autres sont, déjà avant l'intervention des sujets déshydratés. L'intervention en réalisant une déshydratation supplémentaire, entraînera à coup sûr

des troubles particulièrement intenses.

SR Sen

Chez les obèses, nous avons déjà signalé la pau-. vreté de l’organisme en eau : plus un organisme est riche en graisses, moins est importante la proportion de l’eau contenue dans cet organisme.

La déshydratation du diabétique est une notion connue depuis longtemps (1) et, chez lui les troubles, du métabolisme de l’eau, qu’accusent fonctionnellement la polydipsie et la polyurie, sont au moins aussi importants au point de vue chirurgical que les troubles du métabolisme des hydrocarbones. Cette déshydratation est atténuée par l'injection d'insuline, qui permet chez le diabétique la fixation de l’eau, que Kzen et Hozzer, Wipaz, ABrami, WeEizz et LAUDAT ont pu suivre par la méthode réfractométrique.

CuaBanier et LoBo -ONELL (2) bien que n’admettant pas le rôle de la déshydratation notent qu'avant d'opérer un diabétique, « il y a avantage à ce que le poids soit en progression au moment de l'intervention» c'est-à-dire à ce qu’une réhydratation ait été obtenue, Freper fait une recommandation analogue dans son

rapport au Congrès de Chirurgie de 1936.

Chez les hépatiques, la déshydratation agit par deux mécanismes qui se complètent l’un l’autre. Dans nombre d’affections hépatiques, surtout celles à évolution traînante, comme les ictères chroniques, le métabolisme de l’eau est fréquemment troublé, la

déshydratation marquée. C’est en aggravant cette

(1) Craurrarp et RenDu ; CHaurrarD, Mile Le Conte et Doric.

(2) In Diabète et Chirurgie.

SA

Page 1