TRAITEMENT ANTI- PHLOGISTIQUE
1° Boire exclusivement, tant aux repas qu'entre les repas, si l'on a soif, moitié tisane de graines de lin et moitié lait. Le thé, le café, le vin seront donc supprimés, a fortiori la bière et les liqueurs.
Il importe que le médecin prenne la peine d'expliquer au malade, qui aime ordinairement les menus détails, la façon ie préparer cette tisane.
On met une cuillerée à bouche de graines de lin dans un linge en toile fine, de la grandeur du creux de la main ; autour de cette graine, on replie le linge que l'on attache avec un fil ; le nouet ainsi formé est plongé dans une casserole, contenant un litre d'eau ; après avoir fait bouiUir cette eau pendant lo minutes environ, on la passe à travers un torchon, pour qu'elle ne soit pas trop épaisse.
Si le malade trouve cette tisane, coupée avec le lait, trop fade, il peut l'additionner de sucre.
2^ Prendre matin et soir, un bain de verge, dans un verre, contenant de l'eau bouilHe tiède; y rester i /4 d'heure environ.
30 Tous les deux jours, un grand bain de 3 /4 d'heure. Température: 350.
40 Ne pas manquer de porter un suspensoir dans la journée pour éviter l'orchi-épididymite, surtout menaçante vers la troisième semaine.
50 Dans le même but, éviter les longues marches, la danse et les exercices violents, tels que : la gymnastique, la bicyclette, l'équitation, l'escrime.
60 Continuer la nourriture ordinaire, en évitant cependant les piments, les épices et les acides, qui favorisent la culture du gonocoque. Le malade devra donc s'abstenir de salade
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crue, à cause du vinaigre, d'oranges et de citrons. Dans la saison des asperges, supprimer ce légume, par la raison qu'il contient un principe, l'asparagine, qui, en passant dans l'urine, la rend très irritante.
Tels sont le régime et l'hygiène à suivre, tant que persistent les douleurs à la miction et aux érections, que l'écoulement est abondant et épais, ce qui demande 15 jours à 3 semaines environ.
Dans le cas où les érections seraient trop douloureuses, se lever et plonger la verge dans l'eau froide, ou encore avaler 4 à 5 des pilules suivantes : une toutes les heures.
Camphre 10 centigr.
Extrait thébaïque i —
pour une pilule.
Lorsque le malade n'a plus, en urinant, qu'une sensation de chaleur très supportable, que les érections ne le tourmentent plus la nuit, que l'écoulement est devenu plus séreux et tend à diminuer, c'est alors le triomphe des remèdes des tinés à assécher le canal.
Mais ne pas oublier que, si à cette période, la tisane, les bains locaux et généraux doivent être supprimés, le régime et l'hygiène, prescrits au début, seront maintenus pendant toute la durée de la blennorrhagie et même 15 jours à 3 semaines après guérison complète, pour é\4ter toute rechute.
A la décoction de graines de lin et de lait, seront substitués le lait, ou l'eau ordinaire. Il faut éviter les eaux minérale?=^ qui favorisent l'écoulement.
Il serait trop long d'énumérer tous les médicaments, qui médicaments. ont été préconisés pour supprimer l'écoulement. Je n'en retiendrai que deux, consacrés par le temps et l'expérience : 1° le mélange de copahu et de cubèbe ; 2° l'essence de Santal, d'où provient l'Arhéol.
Le copahu et le cubèbe sont les remèdes les plus anciens.
Il est rare qu'on les emploie séparément. Dans la pratique, on les associe, en les mélangeant et en leur donnant une consistance de pâte molle, désignée sous le nom d'opiat.
L'opiat est avalé en bofs, roulés dans du sucre en poudre
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OU enrobés dans du pain à chanter, préalablement humidifié. On donnera à chaque bol le volume d'une petite noisette. Voici une bonne formule due à M. le professeur Fourniet :
Cubèbe en poudre lo grammes
Copahu 3 —
Sirop de goudron Q. S.
A prendre dans la journée, en 3 ou 6 bols : i ou 2 au début de chaque repas, selon la préférence du malade.
Il y a beaucoup de patients qui se refusent à avaler les bols, à cause de leur grosseur. On est alors très heureux de pouvoir leur donner un remède, contenu dans de petites capsules et au moins aussi efficace que le copahu et le cubèbe. Ce. remède, c'est l'Arhéol, qui est en quelque sorte la quintessence du Santal. Le malade en avalera 6 à 9 capsules par jour, en trois fois.
L'Arhéol a en outre l'avantage, sauf exceptions rares, de ne causer aucun trouble du côté de l'estomac, des intestins et de la peau, contrairement à l'opiat, qui provoque assez souvent des nausées, des vomissements, des coHques, suivies de diarrhée et des éruptions tégumentaires intenses.
Que l'on s'adresse à l'une ou l'autre médication, celle que l'on aura choisie doit être continuée, non pas seulement jusqu'à guérison complète, constatée ainsi que je l'ai expHqué antérieurement, par un examen matinal méticuleux, mais encore tme dizaine de jours de plus, en diminuant progressivement les doses, pour affermir la guérison.
Quant au régime des boissons et au régime aHmentaire, il ne sera prudent de les quitter que vingt jours après assèchement complet de l'urèthre.
lye malade pourra revenir alors au vin coupé d'eau, au café, au thé; à l'occasion, aux liqueurs douces, curaçao ou anisette. Mais ce n'est que deux mois après disparition absolue -du suintement terminal, que seront autorisés la bière, le Champagne, les liqueurs fortes et les asperges en leur temps.
Les mêmes délais doivent être prescrits pour la reprise des rapports sexuels, avec recommandation d'éviter les excès. Il ne faut pas oublier, eu effet, que le canal reste sensible
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pendant un temps, difficile à fixer, à la suite d'une blennorrhagie aiguë.
Eh bien ! On peut affirmer, malgré la haute autorité des professeurs Neisser et Jadassohn, qui prétendent les grands lavages toujours indispensables, que si toutes ces prescriptions sont fidèlement rempUes, la guérison sera complète.
La durée d'une blennorrhagie, ainsi traitée, est de six semaines environ, ai- je déjà dit, et, en comptant les précautions ultérieures, il faut attendre deux mois au moins, avant de reprendre les habitudes ordinaires.
Il peut 3' avoir cependant des exceptions à cette règle. On les rencontre chez les sujets très arthritiques, dont le canal est prédisposé, de par leur tempérament, aux inflammations uréthrales. Il arrive un moment où, malgré la persévérance dans les remèdes internes et une hygiène scrupuleuse, l'état reste stationnaire. L'écoulement est réduit à une goutte matinale; mais cette goutte persiste sans changement.
Force est donc de recourir à d'autres moyens. Nous avons alors à notre disposition les injections et les grands lavages uréthro-vésicaux .
Userons-nous des injections? C'est un moyen précaire, qui très souvent n'empêche pas la blennorrhagie de persister et voici pourquoi :
J'ai fait remarquer un peu plus haut que, dans un grand nombre de cas, le gonocoque franchissait promptement le sphincter uréthral et pénétrait dans l'urèthre postérieur. Or les injections parcourent la portion antérieure du canal ; mais il est bien rare qu'elles en atteignent la profondeur. Il en résulte qu'elles peuvent modifier la muqueuse de l'urèthre antérieur, mais restent sans effet sur la partie profonde.
C'est donc aux grands lavages qu'il faut recourir. De toutes grands les solutions, qui ont été proposées, la plus efficace sans con- lavages. tredit est celle au permanganate de potasse.
Voici l'outillage nécessaire : un bock, pouvant contenir deux litres; un tube de caoutchouc, égal à 2 mètres en\'i-
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ron et une canule de Janet, s'adaptant à l'extrémité du tube (fig. 2 et 3).
Les règles à observer sont les suivantes :
10 Attendre, pour commencer le traitement, que la blennorrhagie soit réduite à une goutte, démontrée par la pression du canal, le matin, au réveil ;
2^ Ne pas laisser les malades procéder aux lavages. Il s'agit d'une opération délicate, qui ne doit être confiée qu'au médecin ou à un infirmier expérimenté.
11 ne faut pas oublier, en effet, que cette méthode, excellente quand elle est opportune et appliquée avec art, a causé plus de mal que de bien entre des mains inhabiles. Que d'écoulements indéfiniment entretenus, que d'orchites, que de cystites eussent été évitées, si les conditions requises avaient été strictement observées ;
30 Commencer par une solution faible :
20 centigrammes de permanganate pour un litre d'eau bouilHe ; augmenter chaque jour de un à 5 centigrammes, suivant la sensibilité du canal.
Pour bien se rendre compte de la graduation à suivre, il importe, avant chaque nouveau lavage, de s'enquérir près du malade des sensations, que le précédent lavage lui a causées. En général, la première fois que le patient urine à la suite de ropération, il ressent des picotements assez vifs. La
Fig. 2. — Appareil pour grands lavages uréthro- vésicaux (Collin).
Fig. 3. — Canule du D' Janet.
seconde fois, ces picotements doivent avoir presque disparu. S'ils persistent la journée entière, c'est que la solution, trop
concentrée, avait irrité le canal ; d'où la nécessité le lendemain d'étendre davantage le permanganate et de revenir, par exemple, à 30 centigrammes 0/00, si la dose de 35 centigrammes a provoqué des cuissons permanentes. Les jours suivants, les doses ne seront augmentées qu'avec prudence.
Voici maintenant la technique :
Après avoir procédé à l'asepsie de l'appareil, en faisant passer à travers le bock, le tube en caoutchouc et la canule