TECHNIQUE
FiG. 4. — I^avagc de l'urcthre antérieur. I^ canule est appliquée mollement
contre le méat.
un litre d'eau bouillie et très chaude, injecter la même quantité de solution permanganatique, po'ftée à 35°.
Le premier demi-litre sert à laver l'urèthre antérieur. Pour cela, il suffit d'appliquer la canule à l'entrée du canal, sans serrer contre elle les lèvres du méat.
Pour le lavage de cette partie de l'urèthre, le bock doit être accroché à 75 centimètres au-dessus du siège du malade.
BI.ENNORRHAGIE AIGUË
en position assise ; pour la pénétration dans la vessie, à i°^25. I/es lèvres du méat seront alors pressées fortement sur la canule.
Fie. 5.
I^avage de l'urèthre postérieur. I<a canule est appuyée contre le m^t et empêche le liquide de revenir au dehors.
Il faut éviter de distendre outre mesure le réservoir vésical et laisser uriner le malade, dès que le besoin se fait sentir.
On rencontre des patients dont la muqueuse est très irritable et dont le sphincter de l'urèthre s'oppose à l'entrée du Hquide.
Chez de tels sujets, introduire au préalable dans le canal, avec une petite seringue, que l'on aura fait bouillir, 10 centi-
mètres cubes d'une solution de stovaïne à i 0/0 préférable à la cocaïne, parce qu'elle est moins toxique et la laisser en contact avec la muqueuse pendant 5 minutes environ, avant de procéder au lavage.
Celui-ci doit avoir lieu le matin seulement. Mais il importe d'examiner d'abord l'état de l'urèthre, afin de pouvoir se rendre compte des progrès de la guérison.
Pour que cet examen puisse être concluant, il faut que le patient n'ait pas uriné depuis 7 à 8 heures.
Le médecin presse alors soigneusement le canal, depuis le pourtour de l'anus jusqu'à l'extrémité de la verge. Il se rend compte ainsi de la persistance ou non de la goutte. Puis il recherche les filaments, après avoir commandé au malade d'évacuer complètement sa vessie dans des verres. Pour que l'expérience soit concluante, on doit avoir le soin de laisser déposer le liquide pendant 4 à 5 minutes, afin de donner aux fils lourds le temps de gagner le fond des récipients. Pratiquement, on n en découvre que dans le premier et le dernier ; exceptionnellement dans les autres.
J'ai indiqué, précédemment, les critériums de cure; je n'ai donc pas à y revenir ici.
Peut-il y avoir inconvénient à poursuivre les lavages encore quelques jours dans le but d'affermir davantage la guérison.
Un ou deux suffisent amplement, avec la précaution de ne pas dépasser la dose de permanganate, injecté la veille de la disparition de la goutte, dûment constatée. On risquerait autrement de substituer au suintement blennorrhagique une goutte nouvelle, justement appelée permanganatique, en ce sens qu'elle est due à l'irritation du canal causée par l'abus du remède et qu'elle se montre souvent rebelle.
Dans l'ordre habituel des choses, 5 à 6 lavages suffisent pour obtenir l'assèchement complet de l'urèthre et il n'y a plus ensuite qu'à observ^er l'hygiène et le régime restrictifs pendant une vingtaine de jours.
S'agit-il d'une blennorrhagie subaiguë démontrée par l'ab- Traitement: sence complète des phénomènes douloureux : la première de la
phase du traitement, c'est-à-dire l'administration des émoi- blennorrhagie lients pourra être supprimée et d'emblée la médication in- *" *^ *
terne sera prescrite, suivie ou non des lavages au permanganate, si l'écoulement reste stationnaire.
Traitement Plus difficile est le traitement des uréthrites simples, des des uréthrites dites primitives.
simples Tantôt, elles cèdent très rapidement ; d'autres fois, elles
sont d'une ténacité désespérante, surtout chez les arthritiques, bien que cependant la phlegmasie de la muqueuse ne dépasse guère la fosse naviculaire.
Quoiqu'il en soit, il faut toujours commencer par le traitement antiphlogistique. En outre, malgré la bénignité apparente de l'affection, le régime et l'hygiène doivent être les mêmes qu'au début de la blennorrhagie aiguë.
Dans un certain nombre de cas, cette médication suffit et tout est terminé au bout d'une huitaine de jours. Il n'y a plus qu'à doubler cette période, au point de vue du régime, pour éviter une récidive.
Malheureusement, ce n'est pas la règle et, le plus souvent, il est nécessaire de recourir aux injections qui trouvent ici leur indication, puisque la maladie reste toujours circonscrite à l'urèthre antérieur.
Sans doute, on peut aussi essayer les remèdes internes ; mais habituellement ils échouent. C'est donc aux injections, qu'il y a lieu de s'adresser.
Pour les pratiquer, l'outillage est très simple. Une petite seringue en ébonite, de la contenance de lo à 15 centimètres cubes et munie d'un bout conique, est suffisante. Elle doit être tenue très proprement et plongée dans l'eau boriquée, lorsqu'on ne s'en sert pas.
Quant aux substances médicamenteuses, on peut les diviser en substitutives et astringentes. La plupart de ces dernières sont en même temps antiseptiques.
Aux premières se rattachent les sels d'argent. Nous ne retiendrons que les deux plus importants : le nitrate d'argent à 5 centigrammes pour 200 et le protargol à 10 centigrammes pour 100.
Le nombre des injections, à la fois astringentes et antiseptiques est considérable. Aussi leur choix est-il assez embarrassant, attendu que celle qui convient à un malade ne réussit pas chez un autre.
CHEZ L'HOMME 3I
Je n'ai pas la prétention de les citer toutes. Voici celles qui me semblent les plus recommandables : le permanganate de potasse à 5 centigrammes pour 200 ; le sulfate de zinc à 5 centigrammes G /o ; l'acétate de plomb à 50 centigrammes 0 /o.
A côté de ces injections, consistant dans l'emploi d'une substance unique, doivent prendre place deux autres injections, dites composées, dont l'expérience a démontré l'efficacité :
1° L'injection dite aux trois sulfates, que l'on formule de la façon suivante :
Sulfate de cuivre )
Sulfate de fer > ââ 50 centigr.
Sulfate de zinc ;
Mucilage de gomme. 4 gr.
Eau distillée 125 gr.
2° La fameuse injection de Ricord :
Sulfate de zinc , i gr .
Acétate de plomb 2 gr .
Laudanum de Sydenham. . . /
Teinture de cachou \ aa 4 gr.
Eau distillée 200 gr,
Voici maintenant quelle doit être la façon d'opérer.
Le malade verse d'abord dans un verre, très propre, la quantité de solution nécessaire.
Puis il urine à fond et lave soigneusement le méat avec un tampon d'ouate, imbibé d'eau boriquée.
S'asseyant ensuite sur une chaise, avec une cuvette, placée entre ses jambes, il introduit l'extrémité de la seringue, remplie de Hquide, entre les lèvres de l'orifice uréthral.
Il pousse alors avec une certaine force la solution médicamenteuse, sans serrer contre la canule les bords de l'ouverture du canal.
Dans ces conditions, la première injection sort au fur et à
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mesure de sa pénétration; elle est simplement destinée à laver l'urèthre antérieur.
Quand cette irrigation est terminée, le malade procède à une seconde, en pressant cette fois la muqueuse orificielle contre la pointe de l'appareil, de façon à retenir la substance médicamenteuse et à la garder ainsi pendant 3 à 4 minutes.
FiG. 6. — Seringue de 10 on^^ stérilisable dans l'eau bouillante pour injection intra-uréthrales.
Comment doit être dirigé le traitement ?
Si Ton a recours aux sels d'argent : nitrate d'argent ou protargol, la séance ne doit être renouvelée que tous les 4 jours.
Le remède agit à titre substitutif, c'est-à-dire en produisant une inflammation éphémère, destinée à éteindre l'autre. Aussi la goutte est-elle plus forte et plus épaisse le lendemain de l'opération. Mais elle s'atténue de jour en jour, ainsi qu'on peut s'en convaincre, en pressant le canal le matin au réveil.
Le plus souvent, l'injection doit être répétée plusieurs fois pour obtenir la guérison. Si, cependant, ce résultat n'est pas acquis au bout de trois séances, il faut recourir aux substances astringentes et antiseptiques.
La solution permanganatique doit être essayée la première. En cas d'échec, on s'adressera soit aux autres, soit aux préparations composées.
Quel que soit ie remède employé, deux injections par jour sont nécessaires : l'une le matin, l'autre le soir ; chacune sera gardée trois minutes environ.
CHEZ l'homme 33
Je répète que si la guérison peut être rapidement obtenue, dans bien des cas, l'affection, malgré ses allures bénignes, se montre rebelle. Il importe donc de varier les moyens, de changer au bout d'une semaine le remède, qui n'a pas abouti et cela jusqu'à ce que l'épreuve matinale ait donné entière satisfaction.
Il ne restera plus ensuite qu'à recommander au patient d'observ^er pendant une quinzaine de jours le régime, qui doit être celui de la blennorrhagie aiguë. Il pourra reprendre ensuite ses habitudes ordinaires.
S'agit-il d'uréthrites secondaires dues à l'herpès, à des chancres du canal ou encore à des collections purulentes plus ou moins éloignées, il faut s'attaquer avant tout à la source du mal. La lésion primordiale disparue, l'uréthrite s'éteindra d'elle-même : Sublaia causa, tollitur effectus.