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DES INJECTIONS VAGINALES

Voici la façon de procéder : il faut d'abord avoir à sa disposition Toutillage nécessaire, c'est-à-dire un récipient en tôle émaillée de la contenance de un à deux litres, un tube de caoutchouc de 2 mètres 1/2 environ muni d'un ajutage avec robinet et enfin une caniile en verre longue de 15 centimètres, renflée en olive et percée de plusieurs trous à son extrémité vaginale. Cette canule est adaptée à l'extrémité du tube de caoutchouc, qui lui-même est relié au récipient que Ton remplit simplement d'eau bouillie tiède.

Il est préférable que le médecin pratique lui-même les injections en installant la femme sur un lit à spéculum. Mais si la malade, par raison d'économie, désire opérer elle-même, elle devra se conformer aux règles suivantes :

i» S'étendre sur son lit, les cuisses fléchies et non point s'asseoir sur une cuvette ou un bidet ;

2P Glisser sous son siège un bassin plat, destiné à recueillir le liquide ;

30 Ecarter avec la main gauche les lèvres de la vulve ;

40 Pousser enfin avec la main droite et doucement la canule, enduite de vaseline stérilisée et précédemment amorcée.

Le récipient aura été placé à i m. 25 au-dessus du plan du lit, pour que le jet soit suffisamment énergique.

lya malade procède alors à l'injection, en ouvrant progressivement le robinet adapté au tube de caoutchouc.

Pendant l'irrigation, elle retirera peu à peu la canule, de façon à baigner toute la surface de la muqueuse.

ly'injection terminée, il faut avoir le soin de déprimer la fourchette avec le doigt, pour écouler le liquide contenu dans le vagin. Autrement la patiente pourrait en retenir une quantité considérable, égale parfois à un demi-litre, de sorte qu'une fois debout, ce résidu tomberait fatalement et souillerait ses vêtements.

Lorsque l'atténuation de la douleur permet l'introduction d'un spéculum, le lavage du vagin devient à la fois plus facile et plus complet. On le réalisera à l'occasion d'un grand bain. Après avoir enduit d'huile stérilisée l'extrémité de l'instrument, qui doit être garni d'ouvertures le long de ses parois et avoir un volume approprié à la capacité du conduit, la malade déprime la fourchette avec les doigts et

procède lentement à la pénétration. Elle garde ainsi le spéculum pendant toute la durée de la balnéation. Le vagin étant ainsi largement ouvert et les plis effacés, le contact de Teau achève de combattre l'élément inflammatoire et Ton peut alors recourir aux pansements modificateurs de la sécrétion muqueuse.

Ces pansements consistent en irrigations antiseptiques et, pavsembnts dans leur intervalle, en applications de tampons ou d'ovules vaginaux médicamenteux.

En fait d'antiseptiques, c'est au permanganate en solution de 1/4000^ à i/iooo^ et au sublimé sans alcool, à 1/10000^ qu'il faut s'adresser de préférence. A l'exemple de notre distingué confrère, le D^ Berdal, auquel nous avons fait de nombreux empnmts, il est prudent de les associer l'im à l'autre.

On ne doit point oublier en effet, que malgré l'absence apparente du gonocoque dans un certain nombre de cas, il n'est pas impossible que ce contage joue un rôle dans les phénomènes observées. Or, le permanganate est l'obstacle le plus énergique à la pullulation de ce microbe et l'agent qui le détruit avec le plus de sûreté.

Itn outre, nous avons fait remarquer que le gonocoque est accompagné presque toujours de micro-organismes multiples, hôtes normaux et inoffensifs du conduit vulvo-vaginal, mais capables d'acquérir à im moment donné, sous des influences qui nous échappent, des propriétés nocives. Eh bien, l'expérience nous a appris que le sublimé est le meilleur moyen de les faire disparaître.

Il est donc tout indiqué d'unir ces deux agents et de prescrire, pour le pharmacien, soit des paquets contenant la dose à mélanger dans un ou deux litres d'eau bouillie, soit une solution forte, dont une cuillerée à bouche représente la quantité requise.

Ainsi, si vous voulez préparer, je suppose, une solution de permanganate de potasse à 1/4000^ et une solution de sublimé à i/io.oooe pour un litre d'eau bouillie vous formulerez :

Permanganate de potasse 25 centigr.

Sublimé sans alcool 10 —

pour un paquet.

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Préférez-vous une solution forte? Vous demanderez au pharmacien de dissoudre les mêmes doses de médicaments dans autant de grammes d'eau distillée, soit 35 grammes et, vous servant d'une éprouvette graduée, vous verserez cette quantité dans un litre d'eau bouillie.

Lorsqu'on veut élever ou diminuer la concentration de la solution médicamenteuse, les solutions fortes sont plus faciles à manier que les paquets.

La malade doit pratiquer deux injections par jour : une matin et soir, et une seulement le matin si elle a recours aux pansements vaginaux, dont nous allons parler.

Il est nécessaire que la température de l'eau atteigne 38 à 40^ c, le gonocoque résistant fort peu à la chaleur. En prenant cette précaution, on seconde l'action médicamenteuse et on arrive plus promptement à stériliser le conduit vaginal.

Dans l'intervalle des injections, les parois vaginales enflammées ne doivent pas rester en contact. Celles-ci seront séparées par des tampons ou des ovules, contenant des substances médicamenteuses appropriées.

Si la femme est en mesure de recevoir quotidiennement la visite du médecin, les tampons introduits à l'aide du spéculum sont préférables. Cet instrument permet de les porter jusqu'au fond du vagin et de modifier non seulement la muqueuse du conduit, mais encore l'orifice du col et les culsde-sac vaginaiix, derniers repaires de l'infection gonococcique.

Les tampons habituellement employés sont formés d'ouate hydrophile roulée en cylindre, et serrés à leur partie moyenne par im long fil destiné à en faciliter l'extraction.

On les imprègne d'une substance médicamenteuse et on les introduit dans le vagin à l'aide d'une longue pince, en prenant la précaution de laisser les fils pendre au dehors.

Je ne m'attarderai pas à énumérer toutes les substances actives qui ont été préconisées. Je n'en retiendrai qu'une seule, dont l'efficacité a été consacrée par l'expérience, tout au moins dans la vaginite aiguë. Il s'agit d'un mélange de glycérine et d'iodoforme dans la proportion de 5 à 10 0/0.

Le changement de ce topique doit être opéré tous les jours.

Après l'avoir enlevé en tirant sur les fils, on procédera à une grande irrigation vaginale d'eau bouillie, suivie de l'irrigation médicamenteuse au permanganate et sublimé, puis on

replacera an nouveau tampon. La malade, gardant celui-ci A'ingt-quatre heures, les lavages n'auront lieu dans ces conditions qu'une fois par jour.

N'oublions pas que la situation sociale de beaucoup de femmes ne leur permet pas d'assumer des frais médicaux considérables. Il faut donc leur indiquer les mo3'ens de procéder elles-mêmes à leur pansement.

On a imaginé à cet effet des ovules de gl^xérine solidifiée qui peuvent contenir la substance médicamenteuse considérée comme la plus active, l'iodof orme dans le cas particulier.

Le soir, la femme, en se couchant, après avoir pris une injection et trempé l'ovule dans l'eau, l'introduit dans la cavité vaginale, en le poussant aussi loin que possible avec les doigts. Elle le garde ainsi toute la nuit. N'oubliez pas de lui recommander de se garnir comme au temps de ses règles. Autrement, la glycérine, qui fond sous l'influence de la chaleur du vagin, souillerait la chemise et le drap du lit.

Lorsque la blennorrhagie uréthrale coïncide avec la vulvovaginite, on devra,après la cessation de la douleur en urinant, prescrire comme chez l'homme des capsules d'Arhéol, que l'on continuera non pas seulement jusqu'à disparition complète de la goutte, démontrée le matin au réveil par la pression du canal, après une nuit entière sans miction, mais encore prolonger la cure une dizaine de jours pour éviter toute récidive. Bien entendu, à ce traitement sera joint le régime, dont la durée dépassera au moins d'une semaine la suppression des remèdes.

D'autre part, les injections et les pansements vaginaux ne doivent cesser qu'après assèchement complet du conduit.

Il importe surtout de s'assurer que les culs-de-sac ne présentent plus trace de suppuration, principalement le cul-desac postérieur qui est le dernier repaire de la sécrétion blennorrhagique. Est-il complètement sec? I^a malade est guérie. Rien alors à craindre des complications redoutables que nous décrirons plus loin, non plus que des contagions, conjugales ou autres, dont la persistance de quelques germes gonococciques serait fatalement responsable.

BI^ENNORRHAGIS CHRONIQUE

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