‹ Maladies blennorragiques des voies génito-urinairesChapitre 22 sur 79 · BI<ENN0RRHAGIK CHRONIQUE · texte numérisé non relu

BI<ENN0RRHAGIK CHRONIQUE

Voici la façon de procéder :

On commence par une grande irrigation vaginale, avec une solution de sublimé à i pour 4.000. Puis on introduit le spéculum; saisissant alors, avec une longue pince, le tampon, imprégné de la substance médicamenteuse, on le pousse jusqu'au cul-de-sac, de façon à empêcher le contact, avec le vagin, du col de l'utérus, souvent atteint de métrite.

Il ne faut pas oublier de serrer le tampon par le milieu avec un long fil, qui pendra, après l'introduction, en dehors de la vulve, pour permettre de le retirer facilement.

Le pansement sera renouvelé au bout de 24 heures et précédé chaque fois d'une large irrigation d'eau bouillie ou, qui mieux est, d'une solution de subHmé.

S'il existe à la surface de la muqueuse vaginale des érosions ou des granulations importantes, on les cautérisera à l'aide d'une solution de nitrate d'argent à i /50^ ou même du crayon tous les trois jours environ. Les attouchements au nitrate seront précédés et suivis d'un grand lavage d'eau bouillie.

Pour l'emploi de la solution, il suffira d'en imprégner une mèche de coton hydrophile, que l'on enroulera autour d'une tige métalHque ou d'une baguette en verre.

Dans le traitement de la vaginite chronique, on est obligé de compter avec les malades, qui ne peuvent venir chaque jour chez le médecin se soumettre à l'introduction du spéculum et à l'appHcation du tampon médicamenteux.

Bien que cette cure soit la meilleure, on proposera aux patientes de recourir aux moyens suivants, qui ont démontré aussi leur efficacité :

Matin et soir, aura lieu une grande irrigation vaginale au sublimé à i /4000^, en prenant la précaution de vider complètement chaque fois le conduit par l'appHcation d'un doigt sur la fourchette.

Après le lavage du soir, la femme introduira, elle-même, dans le vagin, le plus loin possible, un de ces ovules médicamenteux, que l'on trouve aujourd'hui dans le commerce.

Ces ovules, de forme ovalaire, ne sont autre chose que des suppositoires, composés de beurre de cacao et de gélatine, auxquels on incorpore les remèdes les plus divers. L'iodoforme, la résorcine et l'acide borique trouvent donc encore ici facilement leur emploi.

CHEZ LA IKMME

La malade prendra le soin de se garnir. Autrement, l'ovule fondant assez rapidement ne manquerait pas de souiller le lit. Ces applications seront continuées jusqu'à dessiccation complète du conduit vaginal.

Le traitement de Vendométrite diffère, suivant que la blennorrhagie est limitée au col ou étendue à la totalité de l'utérus.

Lorsqu'elle est circonscrite au col, le moyen le plus simple, et en même temps le plus pratique, est de recourir aux attouchements avec la teinture d'iode.

Voici comment il faut procéder :

On commencera par un lavage vaginal, avec une solution de permanganate à i /2000®.

Puis, après avoir enroulé autour d'une tige métallique une couche de coton hydrophile, on écouvillonnera énergiquement l'intérieur du col, de façon à enlever la mèche muco-purulente, qui adhère fortement à la muqueuse.

Cette opération terminée, on prend une autre tige, également entourée de coton h3'drophile, imprégné cette fois de teinture d'iode et l'on touche la muqueuse cervicale.

Il ne restera plus ensuite qu'à appliquer un tampon vaginal, préalablement trempé dans la glycérine iodoformée.

Les irrigations et les tampons seront renouvelés chaque jour, soit par le médecin, soit par la malade, qui introduira, elle-même, en se couchant, un ovule médicamenteux.

On devra se préoccuper aussi de la liberté du ventre.

Quant aux cautérisations avec la teinture d'iode, on n'y aura recours que deux fois par semaine.

La patiente sera soumise enfin à un bon régime et évitera par dessus tout les fatigues. Si elle est anémiée, on s'adressera aux préparations ferrugineuses. Bref, le médecin se préoccupera de l'état général, dont le relèvement est un adjuvant précieux.

Cet ensemble de moyens suffit en général pour obtenir la guérison.

11 y a néanmoins des cas très rebelles, surtout s'ils sont anciens. Ceux-ci deviennent alors justiciables de l'excision de la nuiqueuse cervicale infectée et rédament l'intervention d'un chirurgien.

40 Traitement

de rendométrite.

go. BI.ENNORRHAGIK CHRONIQUE CHEZ I,A FEMME

lyorsqiie la phlegmasie blennorrhagique a envahi la totalité de l'utérus, le traitement devient beaucoup plus délicat et doit être confié à un gynécologue de carrière.

Il nécessite en effet, à l'aide de laminaires, une dilatation progressive et large de la cavité utérine.

Cela fait, il faut tarir la sécrétion muqueuse par des attouchements, répétés tous les trois jours environ, avec la glycérine créosotée au quart, en se servant de la tige et du coton, que l'on emploie pour la cautérisation du col et pénétrant jusqu'au fond de l'organe; procéder enfin à un tamponnement intra-utérin avec la gaze iodoformée.

Celle-ci sera changée tous les jours et avant d'appliquer un autre pansement, le médecin fera une abondante irrigation vaginale à l'eau bouillie.

Pendant le traitement, la malade gardera le repos. Il faut redouter, en effet, la propagation des phénomènes morbides aux annexes et surtout au péritoine.

Si la médication, conduite avec habileté et prudence, n'aboutit pas, il reste, comme ressource dernière, le curetage de la muqueuse et c'est encore au chirurgien qu'il appartient d'intervenir.

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