PRÉFACE IX
La première période est celle du chaos, tant nosolo- i" période, ^ , , . ^ , , , fantaisiste,
gique que thérapeutique. lyCS auteurs émettent les
idées les plus étranges sur la nature de la maladie et
proposent des traitements, dont quelques-uns touchent
au grotesque.
Hippocrate, qui vivait 5 siècles avant J.-C, pensait que les écoulements purulents de l'urèthre dépendaient de tubercules et de carnosités dans le canal.
Pour Galien, qui a créé le nom de gonorrhée au 11^ siècle de notre ère, il s'agissait d'une excrétion involontaire de sperme.
C'est également l'opinion de Cœlius Aurelianus, au vi^ siècle. Il appelle semence aqueuse la purulence de l'urèthre.
Gordon, au xiii^ siècle, partage encore cette même croyance.
D'après cet auteur, la gonorrhée est une émission de sperme sans volupté, qui, outre les excès vénériens, peut être due à ce que le patient s'est assis sur vme pierre froide.
Dans les autres écrits, appartenant à la première période, il est surtout question de mo3'ens thérapeutiques.
Rhazès, médecin arabe du ix® siècle, indique un traitement assez rationnel. Il recourait d'abord à la méthode antiphlogistique, puis il recommandait des injections d'eau miellée avec décoction de semences de coing. Mais, pour cicatriser le canal, il prônait la céruse ou l'antimoine.
Gordon, le même qui avait imaginé une pathogénie si bizarre de la blennorrhagie, conseillait la saignée, le vomitif et le sirop rosat. Si le malade était atteint de rétention, il prescrivait des bains d'eau douce, leur