X PRÉFACE
adjoignant, chose bien étrange, pour seconder leur efficacité, l'application sur la verge de punaises vivantes ou broyées. Il imitait en cela Avicenne, qui, pour faire uriner les malades en rétention, introduisait un pou dans le méat.
Au xv^ siècle, Marcellus Cumanus avait un traitement, bien que singulier, beaucoup plus raisonnable. Sa méthode consistait à purger, à mettre à la diète et à faire des onctions avec de l'huile. Ce n'était toutefois que des moyens adjuvants. La cure, vraiment efficace, se composait d'injections uréthrales avec du lait de vache, de chèvre ou de femme, s'il était possible.
Constantin l'Africain, au xi® siècle, avait déjà préconisé les injections de lait de femme.
Il est juste de reconnaître que, dès cette première période, on avait songé à la prophylaxie des écoulements uréthraux.
Sans compter l'école de Salerne, qui enjoignait d'uriner, sitôt après le coït, Guillaume de Salicet, auxiii© siècle, recommandait le lavage à l'eau après chaque rapport suspect et Lanfranc, son élève, des ablutions avec moitié eau et vinaigre et même sa propre urine.
Jean de Gaddesten, qui professait à Oxford à la même époque, avait eu l'idée du suspensoir, pour prévenir l'orchite.
Guy de Chauliac, à la fin du xiv® siècle, prônait aussi ce procédé. Quant au traitement qu'il préconisait contre la blennorrhagie, on peut le qualifier de grotesque.
Il vantait les injections avec l'huile de scorpions ou la fiente de colombe, destrempée de lessive et coulée. Pour lui également le pou et la punaise, au pertuis de la verge, possédaient une efficacité réelle.