‹ Maladies chirurgicales du pénisChapitre 11 sur 80 · DES CONTUSIONS DU PÉNIS · texte numérisé non relu

DES CONTUSIONS DU PÉNIS

La contusion du pénis réclame rarement Tintervention chirurgicale : j'entends la contusion simple et superficielle et non celle qui atteint les parties profondes de Torgane et qui entrdne avec elle des désordres plus ou moins considérables.

Elle peut siéger sur la portion libre du pénis, portion pé« nienne proprement dite, ou sur sa partie profonde, interne, ou périnéale. Elle intéresse alors, suivant son intensité, la peau, le tissu cellulaire, le tissu spongieux ou caverneux, les vaisseaux et nerfs, Turèthre enfin ; et sa symptomatologie varie suivant les tissus affectés.

La contusion superficielle s'observe rarement à la portion pénienne; comme dans toutes les autres parties du corps, elle est produite par la chute d'un corps plus ou moins lourd, ou par un coup porté sur la verge, surtout si l'organe est en érection. Yoillemier cite le fait d'un homme qui, se trouvant en érection, reçut un coup de pincettes un peu en avant du scrotum. Il eut une déchiinire du canal sans que la peau fût intéressée. Dufour a rapporté, dans la Gazette médicale (26 avril 4834), le fait de la rupture de la veine dorsale du pénis par une cause au moins singulière. Il s'agit d'un jeune homme assis dans un salon et sur lequel était tombée une jeune fille qui en reculant avait frappé de tout son poids le pénis en demi-érection : une hémorrhagie assez considérable se pro« duisit aussitôt, mais l'accident n'eut pas de suite.

D'autres fois, la contusion est le résultat d'une compression exagérée, continue, anormale toujours, produite par la présence d'un calcul uréthral ou d'un corps étranger quelconque, traversant le canal ou y séjournant. Cette cause n'est point si rare qu'on le pense ; et telle uréthrite ne reconnaît d'autre origine que le passage brusque ou répété de sondes ou de corps durs dirigés par la main du malade lui-même : c'est là assez souvent la cause de ces urétbrites traumatiques que Tes malades hésitent à faire connaître et qui cèdent à l'emploi des émollients ou antiphlogistiques ordinaires.

Un calcul uréthral devient quelquefois, par sa présence, le noyau d'une inflammation traumatique qui est loin d*avoir toujours un caractère bénin ; j'ai même vu, dans ces cas, suryenir rapidement des accidents redoutables de gangrène , ceux de la simple contusion ayant passé inaperçus. Mais qu'elle vienne du dedans ou du dehors, la contusion du pénis peut être le résultat d'une action perpendiculaire ou oblique aux tissus. Dans le premier cas, ou elle passe inaperçue, tant elle est légère, ou alors elle produit des phénomènes d'écrasement et de mortiflcation, et donne lieu à des plaies contuses, graves, que nous étudierons dans un prochain chapitre. Dans le second cas, elle produit des éraflures, des décollements, et quelquefois des déchirures plus ou moins sérieuses de la peau, des vaisseaux et des nerfs. Il faut toutefois reconnaître que, par suite de la mobilité du pénis, ce mode d'action de la cause traumatique s^observe rarement.

Quoi qu'il en soit, la contusion du pénis est le plus souvent suivie d'une ecchymose ; celle-ci peut s'étendre au loin, en taison même de la laxité du tissu cellulaire sous-cutané ; le plus ordinairement elle tend à gagner la région du prépuce « Satis cependant abandonner le voisinage de la racine du pénis « La peau devient souvent rapidement noirâtre, livide, surtout s'il y a eu rupture de quelques veines sous^cutanées. L'infll* ttation se fait alors très-rapidement, la peau de la vet*ge se colore en entier et quelquefois simule au premier abofd la gangrène du membre. Mais peu à peu cette coloration se mo-

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