CONTUSIONS DU PÉNIS
difié, en même temps que la douleur reste modérée ; la teinte devient bleuâtre, bleue, verte et jaunâtre, tout comme dans une contusion ordinaire; et Fétat normal apparaît après un temps plus ou moins long qui varie entre un et trois ou quatre septénaires environ. Lorsque, au contraire, la contusion est violente et profonde, les vaisseaux, par leur attrition, peuvent donner naissance à un abondant écoulement sanguin : il se produit alors ce que Billroth désigne sous le nom d'extrava-- 801$ ctrcomcrùs. Cette extravasation se fait dans les mailles du tissu spongieux ou caverneux. Bientôt apparaît à la superficie une collection liquide et il se forme une véritable tumeur sanguine, fluctuante, limitée, généralement enkystée, qui aug«mente de volume avec Térection et se termine quelquefois par la suppuration. D'ordinaire elle se forme rapidement si le traumatisme a été violent; mais en général elle est lente à se colliger, et c*est une; des raisons qui ont fait conseiller de négliger ces bosses sanguines et de laisser à la nature le soin de leur disparition. On a vu un cas de mort par hémorrhagie après avoir voulu ouvrir par le bistouri une de ces tumeurs sanguines développée au milieu du tissu caverneux. D'ciilleurs , la résolution semble le mode le plus fréquent de leur terminaison.
La crépitation que Ton constate en ces circonstances n'est pas un phénomène constant : je rapporterai plus loin une observation dans laquelle ce symptôme a fait défaut. Il en est de même de Fanévrysme diffus, qui peut sans doute survenir dans les cas de traumastisme violent, mais qui n*est pas un phénomène constant.
Mais il est une complication que la contusion du pénis peut amener avec elle et qui peut être le signe de lésions graves, c'est l'emphysème. Absent dans la contusion superficielle, il peut se développer lorsque la cause traumatique a déterminé l'attrition des tissus. Si, à la suite d'une ecchymose avec éraiilure légère de la peau du pénis ou du périnée, on constate de la crépitation emphysémateuse, on peut craindre des désordres du côté de l'urèthre ou du rectum, et c'est alors dans
ce cas que peuvent survenir des phénomènes d'infection érysipélateuse ou putride. Heureusement, c'est là une rareté dans la contusion du pénis proprement dite; et cette complication, quand elle existe, accompagne plutôt les plaies contnses du pénis.
La contusion du pénis se termine ordinairement par résolution. Il suffît le plus souvent du simple repos pour obtenir la résorption de Tépanchement sanguin , pour calmer les douleurs et s'opposer au développement de Tinflammation des foyers sanguins, quand ils existent. L'application de lotions froides et légèrement astringentes provoque la disparition de la douleur et prévient ou modère l'inflammation. Si le sujet est pléthorique surtout, même s'il y a seulement tension sanguine, on appliquera avantageusement des sangsues ; au besoin, on ferait une légère saignée. Des cataplasmes émollients, simples ou laudanisés, ou imbibés d'eau de Goulard ou d'une solution d*alun, favorisent le retour à l'état normal. Plus tard, une légère compression méthodiquement appliquée à l'aide de bandes imbibées de liquide résolutif pourra amener la disparition de la bosse sanguine, si elle s'est quand même développée. Peut-être même pourrait-on recourir à la méthode de Champion, préconisée par Velpeau, qui consiste à exercer une compression foii^e et instantanée sur le dépôt sanguin enkysté, à en opérer ainsi la rupture, à répandre de cette façon le sang dans le tissu cellulaire ambiant et à favoriser dès lors sa résolution par les procédés ordinaires. Il ne s'agit d'ailleurs ainsi que de favoriser l'absorption du sang épanché, et Champion y arrive par une espèce d'opération sous-cutanée qui prévient du moins l'hémorrhagie.
Il est rare, ai-je dit, qu'il y ait formation d'abcès; mais il ne faudrait pas hésiter, en pareil cas, à donner issue au pus, en prenant toutes les précautions nécessaires. Dans ce cas, il ne faut pas attendre l'arrivée des accidents que peut amener avec lui le passage à l'état purulent. On ne saurait regretter d'avoir hâtivement donné issue au pus dès que sa présence a été constatée. Il faut toujours se souvenir de la configuration