INDURATION PLASTIQUE DES TISSUS ÉRECTILBS. S
la goutte développe dans les gsdnes tendineuses et les aponévroses.
Obs. CVIII. — C..., âgé de cinquante ans, souffrant delà goutte aux membres depuis plusieurs années, remarqua, il y a deux uns, une diminution du Tolume du pénis dans Térection, diminution qui alla en augmentant. Il raconte que, dans Texcitation Ténérienne, son gland ne prenait pas plus de la moitié de sa turgescence ordinaire. Le membre devenait alors déformé et contourné de manière à être impropre aux rapports sexuels. Les corps caTemeux sont extraordiuairement fermes, tandis que le corps spongieux conserTe sa flexibilité accoutumée. Une substance rigide remplace le ligament supérieur et s*étend le long du dos de la verge jusqu'auprès de la couronne du gland, où elle se perd graduellement dans les tissus sous-jacents. A sou attache au pubis elle présente, dans sou épaisseur, de petits corps pisiformes. Au-dessous, la verge est enveloppée d'une large lame élastique, ayant l'apparence du cartilage. Des plaques semblables plus petites se trouvent sur les côtés de l'organe, incorporées avec le tissu fibreux, qu'elles recouvrent. Point de lésion des fonctions urinaires. Santé générale bonne. L'altération s'est développée et existe sans douleur.
Anatomie pathologique. — L'anatomie pathologique de cette affection est presque inconnue, puisque les auteurs qui ont eu Toccasion de l'observer et qui ont appelé sur elle l'attention ne l'ont jamais étudiée sur le cadavre. Cruveilhier pense qu'elle résulte de la transformation fibreuse du tissu érectile du pénis ; la charpente fibreuse de ce tissu rend compte de cette métamorphose. Cet auteur nous dit que trois fois il a été consulté pour une transfoimation fibreuse d'une partie du corps caverneux de la verge, d'où résultait une déviation singulière de cet organe, et dans l'état de relâchement et surtout dans l'état d'érection. La partie transformée était d'une dureté cartilagineuse et ne prenait aucune part à la turgescence de l'organe. 11 y avait à la fois étranglement et courbure anguleuse du pénis. Dans l'un de ces cas la transformation avait été le résultat d'une violence très-considérable par pression et par torsion subie par cet organe pendant l'érection. Dans les deux autres cas, la transformation avait été spontanée (I).
(1) Q,TVi\ii\\\\\evj Analomie ipathologiquêy t. III, p. 594.
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Suivant Rioord, cette affection aérait le réaultot d*niie phlébite plastique des corps caverneux. Les aréoles s'oblitèreot; peu à peu le tissu fibreux succède à Texhalatioa plastique et s'organise de manière à faire obstacle à la pénétration di sang dans les points des corps caverneux où il existe. Cette induration plastique donne lieu aux variétéa de forme les plus bizarres de la verge. Quand elle existe d'un seul côté, la verge, pendant Térection, décrit un demi-cercle dont lacoarbure répond à Tinduration. Selon que l'altération porte sur le dos de la verge ou sur le corps spongieux de FurMntt la verge décrit un demi-cercle à concavité supérieure ou inférieure; quelquefois même un cercle presque complet.
La diversité d'aspect et de consistance qu'on remarque dans ces indurations résulte de leurs métamorphotet progressives dues à un travail organique.
Timtenient. — Lorsqu'il s'agit d'une tumeur syphilitique, le traitement spéoiflquo est le plus convenable. Qalligo dit qu'il est par\'enu à faire disparaître ces tumeurs en adminiitranl les préparations mercurielles et Tiodure de potassium, soit à Textérieur, soit à rintérieur. Parmi les préparations de mercure, celle qu'il a trouvée la plus utile est le calomel uni à h ciguî^, employé à l'intérieur. On doit en même temps fairt usage de Motions mercurielles sur la partie interne des cuisses, le long de Turètbre et des corps caverneux et sur la tumeur elle-même. Dans certains cas, il a élevé l'emploi du calomel jusqu'à la dose de 60 centigrammes par jour, unis à pareillt dose de (Quilles de eigu? ; il commençait toujours par admi* nistrer 10 centigrammes matin et sobr, avec une égale dose de oigui^. Uhea les malades qui avaient fait usage des préparalîv^ns mer^^urieUe*. il a employé 1 iodure de potassium eu eommousHiut par 60 centigrammes par jour et il est arrivé k en donner t^.50 dans les vingi^quatre beures, en même tempa qu'il pivscnvait les <>ucUous mercurielles.
tv^rsquo U tumeur rtH\>uuai5sait pour cause une Ueanor-
INDURATION ?LABTIOUB DES TISSUS ÉRBCTILES. SU
rhagie phlegmoneuse, on Vb, plusieurs fois fkii disparattre à l'aide de friction mercurielle.
Quand la tumeur a résisté h tout traitement médical, si elle gêne rémission de l'urine d'une manière notable, on peut tenter de l'enlever à Taide d'une opération, mais il faut se rappeler que celle-ci n'est pas sans danger : les adhérences de ces tumeurs avec les tissus qui leur servent de base en rendent la dissection très-difficile et dangereuse à cause des hémorrhagies que pourraient produire les lésions du tissu vasculaire du corps caverneux et de Turèthre ; aussi l'opération ne serait-elle réellement indiquée que dans 1^ cas d'impuissance ou de stérilité absolue.
De la Peyronie, qui a publié dans les Mémoires de l'Académie de chirurgie (i) un très-intéressant travail sur « quelques obstacles qui s'opposent à l'éjaculation naturelle de la semence», dans lequel il rapporte cinq observations de tumeurs des corps caverneux, dit qu'après avoir vu échouer contre ces duretés le traitement mercuriel, il a eu l'idée d'essayer les eaux de Baréges et qu'il n a eu qu'à s'en louer. Il cite, du reste, Irois observations dann lesquelles la euro thermale de Baréges a fait complètement disparaître ces nodosités. Un quatrième cas a paru tout d'abord réfraotaire a ce traitement; mais une seconde saison, précédée de l'emploi des préparationi mercurielles, a fini par triompher de ces accidents.
Enfin, le docteur Scholz (de Vienne) a conseillé contre les tumeurs des corps caverneux les badigeonnage» de teinture d'iode concurremment avec des douches localesi et a rapporté à l'appui deux cas, dont voici le plus intéressant (3) :
Obs. CIX. — Un jeune homme, vingt-cinq ans, de bonne santé, avait couti'acté une bleunorrhagie, dont il fut guéri au moyen d*injeotions d*une Holution faible de sulfate de linc. Après la guérison, il devint impossible de découvrir, ni à I'cpII nu ni au microscope, trace d'une sécrétion patholog:ique dans l'urine. On introduisait facilement dans Turèthrc une sondf de grand calibre. Point d'induration le long du canal uréthral. et cepen-
(i) T. I, p. 428 et suiv., édii. 1761. (2) SchmidCs Jahrh., t. GII, p. S9.
S5f TUMEURS ET LÉSIONS OROAKIQUBS.
dant le malade se plaijrnit à diverses fois d*éprouTer une tensîoD et nw sensibilité dans la verge, pendant réfection.
Le docteur Scholz attribua cette douleur à l'état des ljniphati<iefi. qui pendant la durée de la blennorrhagie avaient été engorgés , et formaient à la surface des corps caverneux des cordons de la grosseur de wu deferens.
Une année venait de s^écôuler depuis la guérison de sou écouleiiKOt, qu{ind le malade revint. 11 avait découvert depuis quelque temps ane petite induration, de la grosseur d'un pois, danst répaisseur du oor^ caverneux gauche , un peu derrière le gland , induration sensible à b pression et surtout pendant Térection, qui augmentiit son volume.
Situé dans Tintervalle de la surface cutanée et de la muqueuse de Vintthre, ce uoyau était immobile. L'urine sortait avec facilité, sans douleur.
Malgré Tusage de bains et fomentations chaudes, le noyau indurv augmenta de volume, et atteignit au bout de quelques semaines la fpnor seur d'une noisette : il était dur au toucher, sensible à la pression.
La verge était recourbée en avant, Turèthre était repoussé vers la droite.
Le traitement consista en badigeonnages de teinture d'iode. Application d'un emplâtre de Vigo, et douches et baius chauds. L'indunitioa diminua peu à peu, et fmit par disparaître au bout de trois mois.