OSSIFICATION DU PÉNIS
Le pénis peut être complélcment osseux : ainsi l'on trouve dans les Éphéinérides des curieux de la nature (i) qu'un bouvier de la Hesse avait un pénis tout à fait osseux, par suite, toujours en érection et d'une telle rigidité, que sa femme éprouvait de très-vives douleurs dans le coït. Le plus souvent, toutefois, l'ossification est partielle ; ainsi Velpeau a \ti un sujet dont le pubis envoyait un prolongement osseux long de 45 lignes sur le côU; gauche de la verge ; il ne voulut faire aucune opération (2).
Mac Glellan a observé Tossification de la cloison des corps caverneux ; il existait une distorsion telle, que rémission de Turine ne pouvait avoir lieu sans beaucoup de difficulté et de douleurs excessives et que le coït était devenu complètement
(t) Éphémérides des curieux de la nature, 1687, déc. II, p. 7!, oùs, 116. (2) Velpeau, Médecine opératoire, t. IV, p. 316, 1839.
nsslFICATION DU PÉNIB. IBt
impossible ; dans ce cas, il résolut de pratiquer une opération. Voici le fait :
Ob9. GX. — Ud homme, Agé de einquente-deut nos, :iTnit te pénia rerourbÉ en hnut et le toucher j fAisait reouDaltre l'exisleDce d'une espèce de corde dure el tendue. Ln distorsioD était telle, que l'émission des urines ne pouvait Rtoir lieu sans beaucoupdedlRlculléetilesdouleurs eicessires et que le coït était devenu complètement impossible. Le dorteurClelIniidiTisnd'BbDrd cette corde dont il lient d'élre question, et ijui présenta un aspert liKumeuteux ; cette division suflit pour dimînuei' considérablement U rourbure et rendre l'émission de l'unne trës-tncile.
Mail) quelques Jours après, le malade se retrouva dans la même état.
M. Clellao découvrit alors que la cloison des corps caverneux, entièrement ossifiée, présentait un oa étroit qui i-égnnil dans toute la lonjçueur du pénis ; ce dei'niei' oi'gaue Jouissait, en outre, d'une v\' ti-étnc excitaliilité et, au moindre attourhement, il entrait en érection, pendant laquelle il était concave en haut.
L'ne incision fui pratiquée dans toute l'étendue de la verge, et la masse ossifiée fut disséquée avec siiin Jusqu'à la pallie postérieure de In portion spongieuse de l'urëthre. La cloison avait acquis tant de dureté, qu'elle retentissait sous l'instrumeut.
dont elle émoussa le tranchant. Pendant le cours de cette opération, il se produisit une hémorrha|i;ie intense qui fut promplement arrêtée Ki«. li. — nfd<>ïdni.[iedM»lp|"'™j. avec de l'eau froide. Le» bonis de d'il^M^rèlc'aX.Î!,' "" j"v!fZ'. l'incision furent ensuite rapprochés
et maintenus au moyen de deux sutures entracoupécs : une rompiTsse lé^re et un bandage inaintiun-nt le tout eu rapport. I.a courbure de
854 TUMEURS ET LÉSIONS ORGAMQUfiS.
Torgane se trouYa par U dissipée ; il se manifesta même une faifak inclinaison en sens opposé (i).
Un autre cas fort remarquable d'ossification du pénis t^t celui dont la pièce anatomique se troave au Musée d anaUimie pathologique de Vienne et que j'ai fait repré:?enter daib la figure ii; mais je n*ai pu m'en procurer robservation. Tout ce que je sais, c'est que le sujet de ce cas était un individu de cinquante ans et que Tos avait de 5 à 6 centimètre> de long.
Qu'il s'agisse d'os véritable ou d'ostéoTdes, c'est-à-dire de tissus dans la trame desquels se sont déposés des élément^ calcaires ; leur genèse et leur mode de développement sool soumis aux mêmes conditions que dans les autres régions du corps où se manifestent anormalement de semblables pruductions osseuses.
(I) Nimveau JowrncU d$i sciences médicales, mam IS!t8.