CHAPITRE V
Bien que la question des rétrécissements de Turèthre soit du domaine d'une spécialité bien défînie, la spécialité des Voies URiNAiRES, j'ai pensé cependant que je ne pouvais pas, dans un ouvrage où sont passées en revue les principales maladies chirurgicales du pénis, laisser complètement de côté les rétrécissements de Turèthre, qui occupent aujourd'hui une place si considérable dans la pathologie génito-urinaire.
Toutefois, mon intention n'est pas de traiter ce sujet avec les développements que nécessiterait une étude didactique. Le cadre de cet ouvrage ne comporte pas un travail de longue haleine sur cette question ; je tiens simplement à présenter quelques considérations sur les principaux points de ce vaste sujet, me réservant d'insister sur ceux qui sont moins connus, ou qui m'ont paru plus particulièrement mériter l'attention.
On a divisé les rétrécissements en symptomatiqueSy spasmodigues y inflammatoires et organiques. En réalité, il y a surtout à considérer les rétrécissements au point de vue de leur état accidentel ou permanent. Les rétrécissements symptomatiques, c'est-à-dire ceux qui sont produits par la présence d'une tumeur ou d'un corps étranger qui a pour effet d'oblitérer plus ou moins complètement la lumière du canal, sont tout à fait passagers, en ce sens que, l'obstacle une fois enlevé, l'urine reprend immédiatement son cours, sans qu'il reste trace de difficulté dans son émission. J'en dirai autant des rétrécissements spasmodiques, qu'il faut bien admettre, quoi qu'on en ait dit, et que provoque la contraction des divers groupes de faisceaux musculaires péniens. De même que les précédents, ils sont essentiellement accidentels et passagers, et disparaissent quand la fatigue musculaire a fait cesser la contraction ; d'où le précepte de ne jamais s'obstiner à franchir d'em-
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blée un rétrécissement de cette nature, alors quavecuû.^î de patience on doit arrÎTer à pâi)ser la sonde très-aiiém^'n! ï, bout d'un certain temps.
Les rétrécissements dits inflammatoires ssonl en quelp sorte une transition entre les précédents et les rétrécis-^em^ organiques ; ou plutôt, iljt consUtnërtdeni la pôHode aigBJ^ô raffectlon dont ce» dernier» !»ont la forme ebronîqne. 1K« f^r vent survenir dan» le^ diversi tratimatismes dé la verg*, dai- Turéthritertipië, enfin danïi In plupart de^phlegmasi^iaipi^ purement inflammatoires ou spécifiques, dont le péni? e^ \> siège. Leur caractère clinique est d'éire passager?, dp eWff aux moyens généraux et locauît employés pour cofflballfpl^ é3rmptftmes Inflammatoires, et de ne nécessiter que rtiremefli une Intervention chirurgicale directe.
J'arrive aux rétrtcàsementn organiques ou permanents. U Ht dirai que peu de mots de Tanatomie pathologique, de la symptomatologie et du diagnostic de cette maladie, sur lesquels les livres classiques récents fournissant des renseignemeoU sufflsamment précis et exacts. J'insisterai davantage >ur 1*^ diverses méthodes de traitement, qui toutes ont d'ardents pn»motcurs, mais ne donnent pas également satisfaction au pra- Ucien.
Anniomie paihologiqiw» -- La ooiistittttion anatomique dw rétrécissements de Turèthre présente assez d'intérêt en ce sens qu'elle rend compte de la nature diverse des obstscl» qui causent la cocirctatlon, et fournit par là deii indkuitions asset précieuses Aur les moyens qui peuvent le mieux ea triompher.
La forme dos rétrécissements varid beaucoup ; oit peut etpendant les ramener à trois type» principaux : ils sont Unétéffi, nnnutafrei Ou tortuetuc* Les rétrécissements linéaires sont gé« néralement constitués par des brides disposées en divers setii, et provenant soit de processus inflatnniatoires (exsudaté plastiques}, soit, plus souvent, de petites fauséés roules ûecasiofl' ni^ par le eathétérisme. Dans ce dernier cas^ la muqueuse
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décollée tmr rinstrtlifient êur une certaine étendue, et perforée, réBte Réparée de sort tissu sous-jacent, et se rétracte de façon à présenter 1 aspect d'tlh miiice llganienf . D autr*es fois lé rétrécissement occupe Un point circulaire du canal, comme W\\ avait été produit par Un lien appliqué autour de i'urèthre, le reste du canal étant libre. Danid ces cas, Il y a à distinguer, surtout au point de me du cathétérisme, ceux où le rétrécis^ seinent est tout à fkit localisée le cAlîbre uréthral restant normal en avant et en arrière du point rétréci, et ceux beaucoup plus nombreux où la lumière du canal va graduellement en diulinuant jusqu'au point le plus coarcté, ce qui donne ail Conduit uréthral la forme de rintériear dini sablier. Dans ce dernier cas, la sonde est menée par la pente des tissus jusqu'au point le plus difficile à franchir, tandis que dans le premier elle peut *e pelotonner dans cette espèce d anfraotuosité qui précède immédiatement le rétrécissement. On a dit que la forme de âablier «'obêerverait surtout dans les rétrécissements blennorrhaglques. Cette distinction nous parait trop absolue, i»t bien qu'elle ait quelque apparence de raison^ nous la croyons beaucoup plus théorique que réelle. Quant aux réirécifisements tortueux, ce dernier qualificatif explique suffisammcnila forme irrégulièrement allongée qu'ils affectent, et qui les rend, dans la pratique^ si difficiles à vaincre.
Le nombre dès rétrécissements ne varie guère ; le plus souvent, on en trouve un ou deux, parfois^ trois ou quatre, trèsrarement davantage.
Leur situation présente aussi une certaine fixité qui s'explique assez par les conditions anatomiques et aussi par le siège le plus fréquent des écoulements blennorrhaglques. Le lieu d'élection — si Von peut dire ainsi -^ des rétrécisse*, ments, c'est la portion bulbeuse de la région spongieuse. D'après la plupart des statistiques, dont l'ensemble porte sur un Chiffre a!»?eË considérable de faits» les deux tiers environ des rétrécissements siégeraient dans lA partie que je viens d'Indiquer. La région membraneuse n'en offre que tout A fait exceptionnellement.
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sa déviation, son manque de force, »a forme tortillée, la diffi- -culte de la miction qui s'opère par un filet de liquide de plus en plus fin, pour arriver à se faire goutte à goutte, les envies d'uriner de plus en plus fréquentes, un état presque permanent de demi-érection, ainsi qu'un petit suintement blennorrhoïdc, produits par l'espèce de subinflammation qu'entretient le rétrécissement, tels sont les principaux symptômes des rétrécissements. C'est à ces signes qu'on peut déjà, sinon diagnostiquer les rétrécissements, du moins avoir de fortes présomptions.
Pour ét€Lblir le diagnostic,, il faut évidemment avoir recours à l'exploration médiate et immédiate. 11 ne suffit pas de reconnaître un rétrécissement, il faut encore déterminer, aussi exactement que possible, son siège, le degré de la coarctation, le nombre de points rétrécis, etc. Il est bon d'avoir à sa disposition, pour arriver à ce but, les nombreux instruments dont la pratique a montré l'utilité, savoir même utiliser le concours de l'endoscope, bien qu'on en ait beaucoup exagéré les services ; mais, dans la grande majorité des cas, la simple bougie à olive ou à demi-olive, maniée habilement, fournira les renseignements les plus précis. La revue rapide que je me suis proposé de faire m'empêche d'entrer dans de plus longs détails à ce sujet.