‹ Maladies chirurgicales du pénisChapitre 71 sur 80 · OCCLUSION DE L'URÈTHRE · texte numérisé non relu

OCCLUSION DE L'URÈTHRE

d'eD'vies fréquentes d'uriner; il laissait couler Turine dans ses vcMoments.

A quinze ans, le cathétérisme, pratiqué avec une sonde d'argent, fit reconnaître un rétrécissement du canal. Quelques jours après, de petites bougies flexibles furent introduites et le malade en éprouva une amélioration temporaire.

Les accidents reparurent et durèrent jusqu'en 1857, époque à laquelle M. Nélaton fut consulté. Il reconnut un rétrécissement très-étroit placé à l'extrémité du bulbe. L'urine coulait par regorgement, sans projection. De petites bougies élastiques furent introduites d'abord, puis remplacées par des cathéters d'étain jusqu'à 9 millimètres de diamètre. Cette grosseur des instruments fut difficilement supportée ; il fallut, pour en continuer l'usage, avoir recours au chloroforme. Il en résulta des accidents généraux et du délire; le ti*aitement fut interrompu.

En 1859, les symptômes du rétrécissement reparurent. M. Nélaton employa encore la dilatation ; mais comme, malgré un grand nombre d'introduction) de cathéters métalliques, le canal se rétrécissait rapidedement, il dut pratiquer Turéthrotomie avec l'instrument de Charrièrc (Ricord.)

Quelques semaines après, le malade sortit de l'hôpital, pouvant in* troduire avec facilité des sondes de 8 millimèti*es.

La dilatation fut aussi infructueusement essayée chez le malade de Syme, et il fallut revenir trois fois à Turéthrotomie avant d'obtenir la guérison.

Rétrécissements valvulatres, — Des valvules exceptionnelles ont été fréquemment rencontrées dans l'urèthre et sont, à juste titre, considérées comme des variétés anatomiques. Il est indispensable que le chirurgien les connaisse, car une valvule anormale congénitale peut mettre obstacle à rémission de l'urine et provoquer des troubles fonctionnels graves pouvant même entraîner la mort. C'est ainsi que chez un jeune marin on trouva à l'autopsie les graves altérations que voici : les reins parurent considérablement dilatés ; ils nn formaient plus qu'une grande poche capable de contenir une pinte de liquide; les uretères offraient le diamètre d'un pouce d'homme adulte et reprenaient leur calibre ordinaire danslo point où ils s'abouchent dans la vessie. La disposition valvulaire à celte embouchure était si bien conse^^•ée. qu'il était

174 ANOlfALIEA DU PÉ!fI8.

împosgible de faire refluer Ttirine delà ve»«e danf le* nwt^ par une preï^sion exercée sur le réservoir urinaire. Le> fibre? mil oculaires, extraordinairement développées, formaient hk couche aussi épaisse que celle du ventricule gauche du ccnr chez le môme sujet. Il existait dans Turèthre, fixé à ^ptw nupérieure, une sorte de repli membraneux, immédiatfme&i en arrière du bulbe de Turèthre. Ce repli devait, pendant la vie, empêcher Turine de sortir de la vessie, sans mettre ol>stacle è Tintroduciion d'un cathéter. Au «devant de la valYok, Turèthre était tout à fait sain (I).

Budd considère cette membrane comme congénitale.

Pronostic des rétrécissements congénitaux, — Comme Tétroitesse du méat, les rétrécissements congénitaux apportent une grande gêne à rémission des urines ; aouvent ils résistent asi ressources que possède l'arsenal chirurgical. J'ai cité le cm où Nélaton jugea incurable, vu sa trop grande étendue, on rétrécissement cylindrique congénital de Turèthre.

Traitement, -* Les faits recueillis par Phillips, et etbûds James Syme, permettent de penser que le» rétrécisseoMili congénitaux peuvent être compris au nombre de ceux qé exigent l'application de Turéthrotomie. Toutefois Tétendae de la lésion, lorsque celle-ci siège sur la plus grande partie de la portion spongieuse de Turèthre, mérite qu'on ne se hasarde pas facilement avec un instrument tranchant. Dam ce cas on pourrait essayer d'introduire une fine tige de tom* naria digitata qu'on laisserait quelques minutes en plaee. L'inégale dilatation de cette substance, imparfaitement prf* parée, peut seule créer des difficultés ; mais en surveillant son application, on pourrait, je crois, compter sur d*heurtax résultats.

(1) ÎAmàim Med. GauKe, 1»40, et Gaiitl9 médicaU d§ Paris, 1S40, t. VlIIi

p. toi.

OCCLUSION OE L*URÈTHRË. ftîft

§ 3. Ocelution complète de l'urèlhre,

L' imperforation, déjà signalée par A. Paré (I), peat occu-» per le méat seulement ou une partie de Turèthre ; elle peut avoir pour siège le méat et l'urèthre à la fois ; d'autre» fois enfin le méat e3t libre, mais l'urèthre est plus ou moin» complètement fermé. Enfin Timperforation peut exister avec ow s^ans canal de dérivation.

L'occlusion complète comprend :

l'* L'occlusion par les téguments seuls ;

3° L'occlusion par la membrane muqueuse seule ;

3° L'occlusion par transformation en cordon plein d'un seg* ment plus ou mois long de l'urèthre.

Occlusion par les téguments seuls, — C'est un vice de conformation très-simple, bien connu, et le plus facile h guérir. Tantôt il n'y a aucune trace d'ouverture au bout du gland; tantôt Textrémité de l'urèthre est disposée comme à lordU naire; mais les bords de l'ouverture sont collés l'un à l'autrei

Les efforts que font les enfants, les douleurs qu'ils expri"* ment, attirent l'attention ; le méconium cependant est rendu, mais les langes ne sont pas mouillés. L'examen de l'urèthre établit immédiatement le diagnostic, Pendant les effoi^ts aux-, quels se livre l'enfant, la verge se gonfle, entre à l'état de demi-érection ; l'urèthre distendu fait un ;*elief très-sensible et facilement appréciable à la main. On peut même, par la dilatation momentanée qu'il subit, préciser le point ou siège l'imperforation. Sabatier (2) dit que souvent l'urèthre se rompt è la naissance de 1 enfant,

L'accolement des lèvres du méat peut se prolonger dans l'intérieur du gland, Ebert, qui en a observé deux cas, dit que la ponction est facile et sans danger, et il ajoute qu'il esl inutile d'employer un moyen quelconque pour empêcher le nouveau canal de se fermer (3). Toutefois Witcb^ad (4) a

(1) Œuvres d'A. Paré. Malgaigne, t. II, p. 678.

(2) SabaUer, Médecine opératoire, t. I, p. 494, ano, édit. (S) Ebert» Annalêi de ta eharité de B#rl^, vol. II, p. iSS. (4) ihdical TirmSj 18 sopt. 1S47.

Page 1