‹ Maladies chirurgicales du pénisChapitre 72 sur 80 · OCCLUSION DE L URÈTHRE. S · texte numérisé non relu

OCCLUSION DE L URÈTHRE. S

besoin de recourir à un nouveau cathétérisme ou à l'emploi de bougies.

Dans un cas publié par le docteur Hôner Kopff de Sechausen (I), il s'agissait, sans doute aussi, d'un cas d'oblitération par un diaphragme muqueux situé à peu de distance de l'ouverture de l'urèthre. Malgré d'inutiles tentatives de perforation avec un bistouri très-étroit, l'enfant ^ruérit spontanément.

Occlusion par transformation de l'urèthre en cordon plein . — Il en existe plusieurs variétés réunies dans huit observations.

Dans un cas de Pigné (2) l'urèthre tout entier était à l'état de cordon fibreux plein. L'anus était imperforé; la vessie communiquait avec le rectum par un canal étroit et oblique; l'enfant vécut quelques jours.

Depaul (3) a publié un mémoire où sont relatés trois cas d^oblitération par cordon plein. Dans le premier, qui appartient à l'auteur, une petite sonde introduite dans le méat, pénètre assez profondément jusque vers la portion membraneuse du canal ; là elle est arrêtée par un obstacle qu'elle ne peut franchir. Il en est de même d'un stylet très-fin et d'une injection poussée avec une seringue. Examiné du côté de la vessie, l'urèthre y commence par une très-petite ouverture qui se prolonge vers le pubis dans l'étendue d'un centimètre, sous la forme d'un conduit qui s'oblitère bientôt et se termine en cul- de-sac. Toute la portion membraneuse est imperméable. A l'extérieur pas de traces d'anus; verge assez bien développée. Le gros intestin aboutit dans la vessie. Ce réservoir est très-développé ; son diamètre transversal mesure 19 centimètres; le vertical, 47, l'antéro-postérieur, 125 millimètres ; la grande circonférence, 35 centimètres. Les parois sont hypertrophiées.

(1) Dublin Hospital GaieUe, sept. 1856.

(ft) BtUUUn de la SociéU d'anaiomie, t. XVIII, p. 32S. (3) Depaul, Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie, 1860, t. VIII, p. 824.

DP.MAROt'AY. '^1

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Dans un cas rapporté par Fearn (I) il est dit que Vurètbie ne se prolongeait que jusqu'à la partie membraneuse, bis que la verge fut bien développée. L*anus était imperforé; 1^ rectum terminé en cul-de-sac. La vessie, distendue, contenèi près de S litres de liquide, les uretères et les reins participaient à la dilatation.

Simpson (2) a rapporté un fait dans lequel l'urèlhre élih totalement imperforé, depuis la prostate ; la vessie, consiiiérableraent distendue, était rompue. En arrière de son somnift était une perforation autour de laquelle les tuniques Tésicak* étaient atrophiées, comme par suite de la distension excessive. Cette solution de continuité était fort étroite, en foiiK de fissure.

M. Gloquet (3) a vu chez un nouveau-né Turèthre oblitéré à sa partie moyenne, dans Tétendue de 37 millimètres.

Enfin Kennedy (4) a vu un cas de dilatation énorme de la vessie et des uretères coïncidant avec une oblitération de Turèthre.

L'oblitération fibreuse de Turèthre siège le plus 50ttv«d dans toute la partie membraneuse ; elle peut envahir tout le canal. De même que Timperforation par membrane, ellepwt, avant la naissance, amener des désordres graves, par suite de la distension énorme de la vessie, et, dans quelques doconstances, des uretères et des reins. Le fait de Simpson démontre que la vessie peut se rompre et verser son conteoa dans l'abdomen : ce qui avait déterminé d'ailleurs une pentonite. Les troubles fonctionnels sont la rétention d'urine et tous les accidents qui la suivent ordinairement. Rappelons iâ que Duparcque et plus tard Depaul ont démontré que cette rétention d'urine chez le fœtus dont la verge est imperforée, pouvait être une cause de dystocie.

Les funestes effets de l'imperforation totale de rurèthre

(1) The Lancet, t. II, p. 178,|1834-i835.

(2) Simpson's obstétrical Works, 1856, p. 178, et Guy^z HonUùl Rgporti, (8) Ségalas, Traité de ta rétention d*urine, p. 62.

(4) Kennedy, Dublin Journal, t. XVIII, p. 164.

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peuvent être prévenus ou du moins atténués, par la présence d'un orifice de dérivation. Cet orifice peut s'établir sur un point de Turèthre situé en arrière de l'imperforation ou sur la vessie. Dans l'un et l'autre cas, la communication peut se faire à la suiface cutanée ou dans une cavité muqueuse. Dans le fait suivant, l'urèthre souvrait dans le rectum.

Obs. CLVIII. — Allen (1) rapporte que Chopart a vu un enfant sans ouverture au gland ni à l'urèthre et qui ne paraissait pas souffrir. Chopart plongea un petit troquart dans le gland, puis un stylet, sans pouvoir r(^ussir à pénétrer dans l'urèthre. Quelques jours après l'enfant mourut; à l'autopsie, on trouva que Turèthi^e allait s'ouvrir dans le rertuni ,

Lorsque l'oriflce de dérivation est dans la vessie, il peut être situé au bas-fond de cet organe, et l'urine est versée dan? le rectum ; ou bien au sommet, et l'ouraque alors restant perméable permet à l'urine de s'écouler au niveau de rombilic. iFait de Zôhrer, de Vienne, rapporté plus haut.)

La présence d'une embouchure de dérivation modifie nécessairement les conditions que crée i'imperforation totale de l'urèthre. Un vice de conformation, mortel par lui-même, peut, selon la remarque de Geoffroy Saint-liilaire, cesser de l'être, lorsqu'il coïncide avec d'autres dispositions insolites, rétablissant en quelque sorte l'équilibre fonctionnel.

Diagnostic, — L'imperforation peut être méconnue ; mais elle se trahit bientôt par l'empêchement absolu de l'écoulement de l'urine. Les enfants souffrent et s'agitent ; ils poussent comme pour rendre le méconium ; ils le rendent quelquefois en effet, mais sans mouiller davantage leurs langes.

En examinant attentivement la distension de l'urèthre qui se fait derrière l'obstacle, on pourrait peut-être établir s'il s'agit d'une imperforation du méat ou du canal lui-même. Dans le premier cas l'urine distend l'urèthre pendant les efforts de miction, tandis que si l'urèthre est transformé en

(1) Htcutii périodique de la Société de médedfif, t. XVIII, p. t99.

&tO ANOMALIES DU PÉNIS.

cordon fibreux, il ne saurait être distendu au moment oiie sujet cherche à uriner.

Pronostic. — Cet empêchement absolu apporté à lafondki donnerait au pronostic la plus haute gravité si les moya d'y remédier ne pouvaient, dans plusieurs cireonç^tao»^ permettre de rétablir le cours de l'urine.

Cependant, si Ton excepte les accolements shnplesdumésl ou de la portion glandaire, l'imperforation complète entrais un pronostic fâcheux, car la vie de l'enfant est, en effet, è rectement menacée ; celle de la mère peut également Pèîr?. par suite de la gravité de la dystocie. Duparque a toulefoiétabli qu'une ponction méthodiquement faite peut permette de terminer l'accouchement sans mutiler l'enfant, etsaw compromettre nécessairement son existence. Mais il faol m: rappeler que, dans un cas semblable, Simpson, d'Edimbourg, a observé la rupture de la vessie et la péritonite.

Traitement. — La perforation du gland était pratiquée ptr Albucasis « quand les enfants naissaient sans aucun troa. » Cette opération a été reproduite par Fabrice d'Aquapeadente {i). Le gland était perforé avec une petite lame forte en feuille de myrthe ; un clou de plomh était ensuite introduit dans l'ouverture et laissé durant trois ou quatre jours; Fabrice a proposé, une fois la perforation faite, de dilater de préférence le trou avec une moelle de sureau.

Guillemeau (2) conseille aussi pour les imperforations, de faire dextrement un trou et de le maintenir dilaté avec de petites bougies.

Quand les lèvres du méat sont bien dessinées et que se* bords sont seulement accolés, on les sépare avec un stviet boutonné.

S'il n'y a pas trace d'ouverture, au bout du gland, on pratique d'abord avec le bistouri une incision au niveau du méat.

(1) Des opérations chirurgicales partkUes, sec, p. 717.

(2) Guillemeau. OEttvreSy p. 934.

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