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rageants, ces mauvais résultats ne sont dus qu'à l'emploi de procédés insuffisamment étudiés; d'autre part que, la destruction des hannetons et des vers blancs par des épidémies naturelles de muscardine étant une chose absolument certaine, il ne nous semble pas impossible de propager ces épidémies.

Il ne faudrait, pour y arriver, qu'entreprendre à nouveaux frais des recherches expérimentales proprement dites. La durée de ces recherches sera peut-être longue, l'étude complète de celte importante question demandera peut-être beaucoup de soins et d'application, mais comme c'est le seul moyen d'ai river à un résultat certain, il se trouvera toujours un nombre suffisant de personnes dévouées à l'agriculture pour entreprendre cette étude dans l'intérêt général.

Étude expérimentale de l'application de la muscardine à la destruction des hannetons et des vers blancs en grande culture.

Nous avons vu dans un des chapitres précédents (p. M et suiv.) qu'il y a mie différence très marquée entre le mode de transmission des maladies bactériennes et la façon dont peut se répandre une mabdie des insectes causée par un champignon enlomophyte.

Or, il y a une différence non moins sensible entre les manières dont ces deux genres de maladies et leurs applications éventuelles peuvent et doivent être étudiées.

Les méthodes d'investigation seront, bien entendu, toujours les mêmes eu ce que toutes les recherches expérimentales, quel qu'en soit d'ailleurs l'objet, ont de commun : une précision et un contrôle suffisants pour que chaque observation isolée puisse fournir son contingent de renseignements exacts et pour que, de l'ensemble de ces observations recueillies en nombre suffisant, on puisse tirer des conclusions certaines.

Mais si, par exemple, pour l'étude des maladies contagieuses des hommes, il suffit d'avoir à sa disposition un laboratoire bien installé et un certain nombre de sujets d'expérience; si, dans ce cas, un savant peut, sans pour ainsi dire sortir de son laboratoire, étudier et préparer ses virus ou ses vaccins et les distribuer ensuite avec des ins-

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tractions suffisantes pour que tout le monde puisse s'en servir et en obtenir des résultats certains et prédits, il n'en est plus du tout de même quand il s'agit d'atteindre des êtres qui vivent dans la terre isolément, ne communiquant entre eux que par hasard et dont la présence sous terre ne nous est révélée que quand ils produisent des ravages visibles à la surface ; quand il s'agit en outre de les atteindre au moyen d'un virus qui ne peut agir que sous une forme et dans des conditions spéciales qu'il faut déterminer.

L'étude de la destruction des vers blancs par la muscardine se trouve précisément dans ce dernier cas.

Le ver blanc vit dans la terre, c'est donc en plein champ, dans son milieu naturel, qu'il faut étudier les moyens de l'atteindre.

Les expériences de laboratoire, bien qu'indispensables, seront, dans ce cas, absolument insuffisantes ; elles nous apprendront la façon de procéder pour préparer les cultures les plus virulentes et pour atteindre le plus grand nombre des sujets en les traitant par inoculation directe, mais ne nous donneront jamais que des nidications bien vagues sur le traitement à suivre en plein champ.

Nous ne saurions mieux comparer cette étude qu'à celles de l'application des engrais ou des semences qui demandent, elles aussi, tout d'abord des recherches de laboratoire, ensuite des expériences dans des petits champs d'essai et, en dernier lieu, toute une série d'essais en grande culture.

Pour toutes ces études la collaboration directe de l'agriculteur est absolument indispensable, elle seule donnera des résultats pratiques à la condition toutefois d'être bien dirigée et d'être conduite avec méthode.

Ainsi, en résumé, pour mener à bonne fin l'étude de la destruction des hannetons et des vers blancs par la muscardine, il faut entreprendre un ensemble de travaux, à savoir :

1* Recherches de laboratoire ;

2° Recherches expérimentales dans des petits champs d'essai ; S" Étude des applications en grande culture.

1** Recherches de laboratoire.

Cette partie est la seule de Fensemble de l'étude qui a reçu jusqu'à présent un commencement d'exécution. Nous savons aujourd'hui avec certitude :

1** Que les spores mûres peuvent donner la maladie aux vers blancs et aux hannetons par simple contact, c'est-à-dire qu'il suffit de déposer sur le corps de ces insectes un certain nombre de ces spores, pour les infecter et les faire mourir rauscardinés ;

2** Que ces spores virulentes peuvent être recueillies soit sur des insectes morts muscardinés, soit sur des cultures artificielles de muscardine (cultures sur pomme de terre, sur gélatine ou' sur des milieux nutritifs liquides).

Les résultats des expériences de laboratoire faites jusqu'à présent peuvent nous fournir déjà quelques indications intéressantes. Nous citerons toutes celles dont nous avons pu avoir connaissance et que nous avons faites nous-même.

Expériences faites par 31. Jean Dufour\ directeur de la Station viticole

de Lausanne.

A. — Le 30 juillet, trois gros vers blancs vivants furent placés dans un pot, dans du terreau. On sema directement sur les vers des débris d'un insecte momifié provenant d'un gisement naturel. Le 5 août: un ver mort rose, deux vers vivants. Le 21 août : deux vers morts muscardinés, un vivant. Le 28 octobre : Deux vers muscardinés, un vivant.

B. — Le 30 juillet: trois petits vers blancs de l'année dans du terreau, infectés avec des débris des vers morts. Le 20 août : tous vivants, infectés de nouveau avec la moisissure du pot A. Le 28 octobre : les trois vers sont morts momifiés.

D. — Le 5 août : terre de jardin ordinaire. Dix vers de seconde année infectés avec une culture de MM. Prillieux et Delacroix (culture sur pomme de terre). Cette culture fut raclée au-dessus des vers qui en recevaient ainsi les débris. Le 28 octobre : neuf vers vivants, un seul mort muscardiné.

1. Jean Dufour, Note sur le Botrytis tenella, etc. [Bull. Soc. vaud. se. nat., XXYIII, 106.)

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E. — Le 5 août : terre forte. Une vingtaine de petits vers blancs. Infection par arrosaae d'eau dans laquelle un fragment de culture Prillieux avait été émietté. Le 27 octobre : sept vers vivants, un mort, noir, non infecté, un seul contaminé, complètement recouvert de moisissure. Les autres avaient disparu.

F. — Le 5 août : six vers de seconde année dans un pot avec terre de jardin. Les six vers sont enfouis après avoir été trempés dans de l'eau contenant des débris de culture Prillieux. Le 28 octobre : les six vers morts, attaqués parie champignon; trois sont déjà à demi décomposes. La terre du vase est remplie des masses blanches du Botnjtis.

G. — Le 2 septembre: mis dans un pot trois vers blancs vivants et deux morts, couverts de moisissure. Le 23 octobre : pas de changement, infection nulle.

Cette série d'expériences nous montre :

1° Que les spores récoltées sur les momies (A et B) ont détruit 5 vers sur 6 ;

2° Que les spores des cultures artificielles sur pomme de terre employées de la même façon à l'état sec n'ont détruit que 2 vers sur 30 (expériences D et E) ;

3« Que les spores des cultures artificielles délayées dans l'eau ont

détruit 6 vers sur 6 ;

4« Que 2 vers momifiés enfermés avec 3 vers vivants dans un espace d'environ un décimètre cube n'ont donné aucun résultat.

Le nombre de ces expériences et surtout le nombre de sujets traités est trop restreint pour qu'on puisse en tirer des enseignements précis, toutefois elles tendent à démontrer :

1° Que les spores récoltées sur des momies sont plus virulentes que celles provenant de la culture artificielle qui a été employée dans ce cas particulier ;

'2' Que, toutes conditions d'ailleurs égales, l'infection par contact direct est plus certaine en employant des spores délayées dans un liquide qu'en les employant à l'état sec.

M. G. Delacroix ' a fait une série d'expériences sur les vers blancs et sur les hannetons.

Pour infecter les vers blancs il a employé le procédé que nous

1. Journal de l'agriculture pratique, des 23 et 30 juillet, 6 et 13 août 1891.

avons indiqué plus haut. En saupoudrant les vers blancs bien sains de spores à Tétat sec et en laissant ces vers disposés sur une mince couche de sable humide pendant 4 à 6 heures, de façon à ce qu'ils ne puissent pas se débarrasser de leurs spores en s'enfonçant dans la terre, M. Delacroix a obtenu, en moyenne, l'infection des quatre cinquièmes des vers blancs traités. Dix à quinze jours après l'opération, les vers morts muscardinés étaient déjà couverts de moisissure.

Pour infecter les hannetons^ M. Delacroix a enfermé ces insectes dans un cristalHsoir et les a aspergés à l'aide d'un pulvérisateur, de spores délayées dans de l'eau stérilisée.

(( Les 20 et 21 juin : 134 hannetons ainsi traités furent placés dans un panier avec des feuilles fraîches. Le 23 juin : 65 hannetons avaient péri ; pas de trace de moisissure sur leur corps. On les retira et ils furent placés sur du sable humide sous une cloche.

Le 26 juin, une seconde série de 42 hannetons, et le 30 juin une dernière de 27 étaient retirés morts sans moisissure visible et placés dans les mêmes conditions que les premiers.

De la première série (65 hannetons) on observa sur un seul la moisissure caractéristique qui commença à s'y développer après un séjour de 5 jours en chambre humide; les autres pourrirent.

De la deuxième série, 30 sur 42 s'infectèrent; dans la troisième série l'infection s'opéra sur les 27 hannetons sans exception. Ce sont donc les hannetons qui ont vécu le maximum de temps (9 jours) chez qui l'infection a le mieux réussi. C'étaient les plus jeunes. Et, fait remarquable, pas une seule des femelles infectées n'a pondu. »

M. Delacroix conclut de cette expérience qu'en traitant des hannetons jeunes, autant que possible le jour même de leur sortie de terre, on arriverait à les infecter presque tous.

Une expérience analogue a été faite par M. Fontaine', membre de la Société d'agriculture de Melun.

M. Fontaine a opéré sur 1 000 hannetons enfermés dans une caisse avec une couche de terre de 20 centimètres. Sur les 1 000 hannetons sau-

1. Supplément du Bulletin du Syndicat central des agriculteurs de France du 1" avril 1893.

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poudrés de spores, 700 sont rentrés en terre, 300 sont morts à la surface. Deux mois après l'opération, on a trouvé :

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