‹ Maladies contagieuses des animaux nuisiblesChapitre 13 sur 19 · HANNETONS · texte numérisé non relu

HANNETONS

morts morts muscardinés. nonmuscardinés.

Dans la terre 329 371

A la surface 60 240

En tout.

Le 29 décembre 1893, nous avons enfermé dans une caisse de 80 centimètres de long sur 60 centimètres de large et 60 centimètres de haut 250 vers blancs de deuxième année.

Les vers blancs ont été disposés sur cinq couches superposées séparées les unes des autres par des couches de terre de 6 à 8 centimètres. Pour nourrir les vers blancs, des pommes de terre ont été répandues à profusion sur chaque couche.

Tous les vers blancs ont été saupoudrés de spores à l'état sec {V' culture de M. Delacroix).

La caisse, recouverte de mousse et arrosée de temps en temps, a ete placée dans une serre où régnait une température constante de 12 à 15^

Le 7 mai 1894, la caisse a été ouverte et la terre tamisée. Il a été trouvé:

Vers blancs morts muscardinés couverts de moisissure qui a poussé des ramifications dans la terre de tous côtés. . . .

Vers blancs morts muscardinés rouges »

Vers blancs vivants et bien portants -^0

Vers blancs morts non muscardinés ou disparus 96

Total

Les 50 vers blancs vivants ont été trouvés presque tous au fond de la caisse où ils sont descendus pour se transformer en nymphes. (Maintenus pendant les trois mois d'hiver dans une serre chaude, les vers blancs en expérience pouvaient se transformer deux mois plus tôt que dans les conditions ordinaires.) On peut donc les considérer comme définitivement échappés à la contagion.

En somme, en saupoudrant les vers blancs avec des spores à sec, nous avons obtenu leur destruction par la muscardine dans la proportion de 41 p. 100.

Le 21 mai 1894, 95 hannetons ont été enfermés dans un bocal, saupoudrés de spores à sec (deuxième culture préparée par nous-même).

laissés ainsi pendant 3 heures et enfermés ensuite dans une grande cage à moitié remplie de terre.

Le 29 mai : 45 hannetons morts à la surface de la terre, les autres, soit 50 hannetons, enterrés. Les hannetons trouvés à la surface de la terre ont été placés dans une chambre humide.

Le 2 juin, nous trouvons :

Des 45 hannetons placés en chambre humide, 22 muscardinés ; Des 50 hannetons enterrés, 47 muscardinés.

En tout 79 hannetons muscardinés sur 95 mis en expérience, soit environ 82 p. 100 infectés.

Simultanément, nous avons traité 90 hannetons en les trempant dans un liquide sucré et acidulé dans lequel nous avons délayé des spores de la même culture.

Le 2 juin, nous avons trouvé, sur 90 hannetons, 61 hannetons, soit environ 70 p. 100, muscardinés.

En résumant les résultats de toutes les expériences que nous venons de citer, nous voyons que les procédés employés jusqu'à présent ont donné au laboratoire des résultats favorables dans la proportion de 40 à 50 p. iOO, c'est-à-dire que sur 100 insectes (hannetons ou larves) traités, 40 à 50 ont succombé muscardinés et 50 à 60 ont échappé à la contagion. Ces expériences qui, au point de vue de la qualité des cultures employées, avaient presque toutes été faites dans des conditions différentes, et dont le nombre est tout à fait insuffisant pour qu'on puisse en tirer des renseignements précis, nous ont montré par contre qu'il nous reste encore à chercher et à bien déterminer au laboratoire les points suivants :

1° La composition et la préparation des milieux nutritifs et des cultures artificielles qui donneraient les meilleures garanties au point de vue de la virulence et du nombre des spores;

Le mode d'emploi de ces spores pour obtenir, toutes conditions d'ailleurs égales, les résultats les plus satisfaisants, c'est-à-dire pour contaminer la plus forte proportion des sujets (vers blancs ou hannetons) traités ;

3° L'état de développement des vers blancs le plus favorable à l'infestation;

4" La façon de procéder pour obtenir des spores virulentes aux prix les plus réduits.

DESTRUCTION DES ANIMAUX NUISIBLES A l'aGRIGULTURE . 09

Ces données connues, il sera possible de procéder, en connaissance de cause, aux expériences en plein champ.

2** Recherches expérbnentales en 'pleine terre.

Nous venons de le voir, les expériences de laboratoire ne nous apprendront, en somme, qu'à préparer de bonnes cultures virulentes et à contaminer les vers blancs dans des pots à fleurs.

Pour apprendre comment il faut procéder pour atteindre les vers blancs dans leur milieu naturel, il est indispensable de refaire une série d'expériences en pleine terre.

En effet, il s'agit de déterminer dans quelles conditions, sous quelle forme et en quelle quantité la muscardine doit être introduite dans la terre pour s'y développer et atteindre les vers blancs qui s'y trouvent.

c( Il eût été intéressant, dit M. Giard\ de faire en grand et dans des conditions variées de saison, de terrain, etc., des expériences d'infection artificielle conduites avec méthode et d'une façon rigoureusement scientifique. »

L'insuccès de toutes les tentatives faites jusqu'à présent pour établir des foyers d'épidémie dans les champs envahis par les vers blancs nous montre que cette étude expérimentale et rigoureusement scientifique ne serait pas seulement intéressante, elle est absolument indispensable; elle seule peut nous apprendre s'il est possible de détruire les vers blancs par la muscardine et comment il faut procéder pour y arriver.

Continuer à employer en grand les procédés conseillés jusqu'à présent serait perdre bien inutilement du temps et de l'argent.

Ne fallait-il pas, en eff'et, une certaine dose de naïveté pour s'imaginer qu'on atteindra les vers blancs en semant sur un champ des spores à raison de quelques tubes ou de quelques boîtes à l'hectare, ou bien en y enfouissant des petits morceaux de cultures sur pomme de terre ou des larves préalablement contaminées, tous les 10, 20 ou même 50 mètres?

Le seul conseil que l'on puisse donner aux agriculteurs aujourd'hui.

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