juin. Deuxième accouplement
26 juin. 2® portée: 5 femelles dont chacune donnera 4 petits. . . 20 ^ 95
2c. — 26 juillet. 3® portée : 5 femelles dont chacune donnera 5 petits. . 25 l
2(1. — 16 août. 4.^ portée : 5 femelles dont chacune donnera 6 petits. . . 30 ' La portée Ib du 8 avril au 26 septembre donnera un nombre de petits égal à
<;elui de la portée la, soit 95
En tout 206
Ainsi, un seul couple adulte au mois de février peut donner en automne 206 descendants, auxquels peut venir encore s'ajouter la descendance des portées (60 petits en juillet), 26 (60 petits en août); de sorte que, dans des conditions exceptionnellement favorables à leur reproduction, la descendance d'un seul couple peut dépasser le nombre de 350 individus dont, en moyenne, 250 femelles.
Dans un champ d'un hectare sur lequel il serait resté au sortir de l'hiver 150 campagnols, c'est-à-dire un nombre à peine appréciable, il y en aurait donc en juillet déjà plus de 40 000 et en septembre plus de 20 000 individus par le seul effet de leur multiplication normale.
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Heureusement pour Tagriculture, les campagnols ont des ennemis naturels aussi nombreux que variés : les portées de septembre et d'octobre n'arrivent généralement pas en pleine vigueur avant l'entrée de l'hiver et les premières intempéries les font souvent périr presque complètement; les gelées tardives du printemps, quand elles surviennent brusquement après quelques jours d'un temps sec et doux, détruisent un grand nombre de femelles pleines et de petits nouveau-nés. Les oiseaux de proie et les petits mammifères carnassiers, tels que les taupes, les musaraignes, les hérissons, les petites belettes et même les renards leur font une chasse impitoyable pendant toute l'année. Enfin, quand en l'absence de ces différentes causes de destruction, ou malgré elles, le nombre des campagnols devient extrêmement grand en automne, la rapidité et l'intensité de leur multiplication devient elle-même la cause principale de leur disparition en masse.
En effet, quand ils deviennent extrêmement nombreux dans un espace donné, comme ils gaspillent encore plus qu'ils ne mangent, ils finissent presque toujours par manquer d'aliments substantiels ; alors, affaiblis par une nourriture insuffisante, ils sont envahis à leur tour par des insectes et champignons parasites (puces, tiques, etc.) et enfin, ils sont décimés par des maladies épidémiques d'autant plus meurtrières pour eux qu'ils sont plus nombreux.
M. Riizema Bos relate plusieurs cas d'épidémie charbonneuse parmi les campagnols en Allemagne ; nous-même, nous avons eu l'occasion d'observer, depuis que nous nous occupons de cette question, une disparition presque complète de ces rougeurs à la suite d'une épidémie d'une nature spéciale qui s'est déclarée spontanément au commencement de l'hiver de 1892 dans une ferme du département de Seine-et-Marne, et qui s'est prolongée jusqu'en février de l'année suivante.
Bien que l'on n'ait constaté l'apparition spontanée de ces épidémies que dans quelques cas isolés, il est très probable que toutes les grandes invasions se terminent toujours ainsi. Il en résulte toujours une destruction naturelle de presque tous les campagnols dans la région infestée ; aussi n'a-t-on jamais observé deux grandes invasions se suivan - pendant deux années consécutives dans la même contrée.
Nous avons représenté l'évolution des campagnols dans un champ ou dans une région par deux tableaux graphiques qui n'indiquent bien entendu que des moyennes, mais donnent une idée très exacte de l'augmentation et de la diminution successives de ces animaux dans le courant d'une année et pendant une période de dix ans.
Févr.
Mars.
Avri
Mai
Juin
Juil
Août
Sept
Oct
Janv.
No 1. — Multiplication des campagnols en une année de grande invasion.
Sur le tableau n" 1 on voit 150 campagnols répandus sur un champ en février se multipUer progressivement et augmenter en nombre de mois en mois, atteindre en septembre le chiffre de 24000 à 25000 individus, rester dans ce champ jusque vers le milieu de novembre et disparaître rapidement dans les derniers jours de novembre et en décembre. La cause de cette brusque disparition a été, dans ce cas, une épidémie spontanée.
Le tableau graphique n« 2 représente l'évolution des campagnols
pendant une période de dix ans, de 1880 à 1890. Les deux grandes invasions en 1880 el en 1884 sont suivies, la première de trois années, la deuxième de six années pendant lesquelles le nombre des campagnols n'était pas bien considérable. On remarque également que l'année qui suit immédiatement une grande invasion est généralement plus pauvre en rongeurs que les années suivantes et que c'est du nombre des campagnols au printemps et de la température en avril que dépend principalement leur nombre en automne.
La nature nous fournit donc elle-même le moyen de défense le plus sûr et le plus rapide contre ces animaux par trop prolifiques ; malheureusement, les maladies contagieuses ne se déclarent spontanément que quand tout a été ravagé et mangé dans les champs envahis ; de plus, une épidémie spontanée n'est pas toujours sans danger pour les animaux de la ferme ou le gibier. Nous avons vu plus haut qu'on a observé en Allemagne des épidémies de charbon et rien ne s'oppose à ce que, dans d'autres cas, ces maladies ne soient dues à des microbes également pathogènes pour les animaux de la ferme et pour les petits rongeurs. Il peut donc en résulter une épizootie tout aussi désastreuse pour le cultivateur que le sont les campagnols eux-mêmes.
Pour s'en faire une arme défensive contre ces animaux, il faudrait donc réglementer, pour ainsi dire, ces épidémies : choisir celles qui ne peuvent être nuisibles qu'aux petits rongeurs et créer des foyers d'infection au moment le plus opportun pour prévenir les grandes invasions.
Des essais, déjà assez nombreux, d'apphcation des cultures artificielles de microbes pathogènes à la destruction des animaux nuisibles ont donné des résultats très encourageants. Au mois d'avril 1892, M. Lœffler, professeur de bactériologie à Greifswald (Allemagne), a réussi à modérer une invasion des campagnols qui menaçait les récoltes de l'une des plus riches régions de laThessaHe, avec les cultures de son hacillus typhi miiriiun qu'il a découvert sur les souris blanches de son laboratoire et qui s'est montré pathogène pour les campagnols (5). Peu de temps après, M. Laser, professeur de Kônigsberg, a décrit et essayé en grand un microbe qu'il considère comme différent et plus virulent que celui de M. Lœffler. En
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France, nous avons eu l'occasion d'expérimenter et d'essayer en grande culture les microbes provenant de l'épidémie que nous avons observée et étudiée dans le département de Seine-et-Marne.