‹ Maladies contagieuses des animaux nuisiblesChapitre 9 sur 19 · A. Giard, loc. cit., p. 93 et suivantes · texte numérisé non relu

A. Giard, loc. cit., p. 93 et suivantes

DESTRUCTION DES ANIMAUX NUISIBLES A l'aGRIGULTURE. 43

Au commencement de décembre, le garde a trouvé sur terre, au milieu d'un champ ensemencé, un ver couvert de mycélium, et ce, à 800 ou 1 000 mètres du point où les spores avaient été répandues.

Je me crois autorisé à conclure qu'il n'a pas été seul atteint et que le vent peut entraîner fort loin les spores du Botrytis, les pluies se chargeant probablement de les amener au contact des vers.

Lettre du garde de M. de Bossereille :

J'ai fait hier une bonne découverte en cherchant des vers vivants pour M. Fribourg. Dans le jardin de la ferme où j'avais été voir si un des garçons en train de bêcher la vigne n'en trouvait pas, ayant remarqué quelque chose de blanc sur la terre retournée, je vis un ver parfaitement momifié. J'en ai trouvé cinq, et dans bien des endroits il n'y avait plus que la poussière blanche. Le ver était complètement défait ou bien il ne restait que la tête. 11 a dû en être enterré beaucoup que je n'ai pas vus.

Je suis allé dans la prairie où j'avais fait mes premières expériences et j'ai trouvé une dizaine de vers. Là encore, il y en avait qui n'existaient plus, on ne voyait que l'emplacement du ver et une poussière d'un blanc jaunâtre. J'en ai trouvé surtout aux environs des endroits où j'avais semé du Botrytis; mais aussi quelques-uns au loin. Il n'y a plus d'erreur possible, le champignon est dans le pays et le premier fermier que je verrai labourer, je suivrai la charrue pour voir si je ne découvrirai pas quelque chose.

Lettre du garde de M. de Bossereille, à Bellevue :

4 février 1892.

Voilà la façon dont j'ai opéré pour contaminer les vers en plein champ. C'est le 8 août que j'ai reçu le premier tube de Botrytis de M. Fribourg et que j'ai commencé dans la prairie de la ferme de Riban. J'ai d'abord soulevé l'herbe et saupoudré chaque ver sans les déranger et recouvert ensuite (il est possible qu'en saupoudrant avec la pointe de mon couteau, le vent ait emporté beaucoup de spores de Botrytis) ; dans ces endroits-là je trouve en ce moment beaucoup devers contaminés. Ensuite, j'ai semé les spores sur la terre et donné un coup d'arrosoir dans un endroit où j'étais sûr qu'il y avait des vers — en ce moment, je trouve dans ces endroits des vers contaminés, mais en moins grande quantité que dans le premier cas.

Enfin, j'ai mis dans la prairie de Riban une trentaine de vers qui avaient passé quarante-huit heures dans du sable mêlé avec le Botrytis.

D'après les recherches que j'ai faites, je trouve des vers momifiés un peu partout dans cette prairie (1 kilomètre).

Dans la prairie de la Ribaudière, où j'avais saupoudré et mis des vers ayant passé vingt-quatre heures dans le sable et le Botrytis, une dizaine

dé jours plus tard (vers le 22 août), je trouve aussi des vers momifiés, mais en moins grande quantité.

Dans la prairie de la première, où j'avais fait la même chose, je n'ai rien trouvé, mais là il y a beaucoup d'humidité, et je n'ai pas fait de grandes recherches.

Dans les labours, au nord du Granlrais et de la Martinais et au midi de Bartort, je n'ai rien trouvé. J'en ai trouvé deux momifiés dans les labours à l'est de Riban (devant la maison).

Le plus étonnant, c'est celui trouvé dans le champ de la Chouannière, à 500 ou 600 mètres d'où j'en avais mis.

Je ferais bien, je crois, de voir autre part, à Maraus ou au Lion d'Angers, dans des endroits où l'on n'a pas eu de Botrytis, pour voir si je ne trouverais pas de vers momifiés.

S'il y en avait, ce ne pourrait être que lèvent qui en aurait apporté de la Mayenne, au moment des labours, et de cette façon, cela marcherait tout seul. Si on n'en trouve pas, il y aurait alors deux façons de propager : par le vent et par contact; pour ce dernier cas, je crois qu'une boîte à 2, 4r ou 6 compartiments où il y aurait terre ou sable avec de la semence de Botrytis, prise bien à point, et où l'on ferait passer vingt-quatre heures à un seul ver seulement par compartiment pour qu'ils ne se tuent pas entre eux. On arrive en peu de temps à contaminer un grand espace.

Les vers que j'ai trouvés dans les champs mis sur du sable sous une cloche ont l'air de se remettre à pousser; il se forme dessus une petite mousse blanche ; je remarque que, là où j'ai commencé le premier à les expérimenter, je trouve le plus de vers momifiés. Ces derniers sont à cinq centimètres du sol — les vivants sont enfoncés en ce moment jusqu'au fond de la terre — et il est possible qu'il y en ait qui se soient enfoncés avec la maladie et qui soient morts, qu'on ne retrouvera pas.

Cette série d'essais ne nous donne que bien peu de renseignements précis, si on a trouvé, en effet, dans les champs traités et dans le voisinage de ses parcelles, quelques vers muscardinés, le nombre des vers atteints relativement à ceux qui sont restés vivants semble tout à fait insignifiant.

En somme résultat peu appréciable.

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