ACNÉ FURONCULEUSE DU COU
La nuque est une des régions qui de par sa situation axiale manifeste une prédisposition marquée pour l'infection sébor-
(*) III" fascicule de ccl ouvrage.
ACNES.
rhéique. Cette infection locale se constitue l’une des premières après celle du visage. Elle demeure ensuite permanente.
En cette région les orifices pilaires gros, occupés par un point noir, ne sont pas tous des comédons. On peut trouver des comédons à la nuque, cela va sans dire, mais on trouve surtout des orifices pilaires, contenant au milieu de poussières noires sept, huit ou dix, et meme quinze follets morts engagés directement dans une gangue de microbacilles, sans interposition d’une couche de sébum très abondant. C’est sur cet état microbacillaire premier que l’acné furonculeuse à répétition va se greffer.
Elle choisit ordinairement des adultes, gras, à poil blond. Souvent, chez eux, l’hypoderme en cette région du dos du cou est épais et comme infiltré, il présente sous la peau comme un coussin de graisse dur, effaçant le galbe de la nuque et séparé de la région occipitale par un pli transverse profond.
Le plus souvent le patient présente déjà de la séborrhée grasse et de l’acné polymorphe au visage. A l’occasion d’une poussée d’acné pustuleuse du visage, il présentera sur la nuque une série de folliculites orificielles .
D’abord cette poussée pustuleuse peut n’être que gênante. Mais bientôt l’infection ostio-folliculaire qui faisait la pustule orificielle descendra le long de la cheminée folliculaire et c’est un furoncle qui surviendra.
Alors les symptômes locaux s’accusent, la rougeur locale, la tuméfaction, la douleur montrent qu’il ne s’agit plus d’une pustule d’acné banale. Le furoncle ou l’abcès furonculeux quelquefois énormes aboutissent à l’élimination de leur bourbillon ou de leur pus.
Bientôt en un autre point de la nuque, les mêmes symptômes se reproduisent, la même aventure recommence. La série continue un mois, un mois et demi. Puis elle s'apaise, laissant souvent derrière elle des indurations dermiques profondes lentes à disparaître (*).
(*) Ces abcès furonculeux indurés sont, dans l’acné furonculeuse, la forme homologue à l’acné indurée dans l’acné polymorphe banale et relèvent du
LES ACNÉS MONOMORPHES.
Le malade se croit délivré. Pas le moins du monde. Une deuxième crise se reproduira plus ou moins identique à la première. Après elle une troisième, et cela pendant fies années.
Tantôt chaque poussée sera légère, elle présentera dix pustulettes peu douloureuses pour un furoncle vrai. Tantôt au
Fig. 55. — Acné furonculeuse de la nuque. pf, pustule furonculeuse. — ec, éléments conglomérés à tendance sycosique.
contraire les poussées seront plus sérieuses avec une succession de furoncles énormes d’évolution subintrante.
La nuque est pour les pustulations folliculaires, pour les furoncles et pour l’anthrax une région de prédilection.
même mécanisme d’enkystement et de résorption déjà étudié à ce propos. (Voir p. 70.)
MALADIES SÉBORRHÉIQUES.
AGNES
Col étal de furonculose locale peut ne s’être accentué sur un patient que du fait d’un état général que trahit l’analyse urinaire : hyperchlorurie, hypopliosphatie , phosplialurie, liypo ou hyperacidité urinaire, ù plus forte raison glycosurie.
D’autres fois, il est impossible de lui trouver d’autres causes que des causes locales : la nature de la peau fragile, à poils blonds, et l’empâtement adipeux préalable de la région.
Ces prédispositions locales ou générales suflisent à assurer le réensemencement continu d’une infection dont les germes sont répandus à foison à la surface du tégument séborrhéique, en une région où le frottement de nos habits est inévitable.
Livrée à elle-même, après d’innombrables récidives, coupées de rémissions plus ou moins complètes, la furonculose à répétition du cou finit par s’apaiser. Elle laisse derrière elle des multitudes de cicatrices étoilées, blanches, souvent saillantes sur la peau, sur une peau qui reste rouge, couturée, séborrhéique et grossière.