‹ Maladies de cuir cheveluChapitre 38 sur 89 · I.\ CAUSE MICROBIENNE DE LA CALVITIE · texte numérisé non relu

I.\ CAUSE MICROBIENNE DE LA CALVITIE

juger un traitement long-, ennuyeux, difficile, de résultats médiocres et incertains. Dans le second cas, on pourra prédire un succès thérapeutique, sinon définitif du moins très promptement visible et sérieux. Enfin dans le dernier cas, on pourra prédire que le patient ne deviendra pas chauve, (pie le traitement, même s’il doit être ennuyeux, sera relativement court, et donnera des résultats excellents. Enfin, si dans ce dernier cas le diagnostic ne permet pas de préjuger en rien

l' iG. 61 . — Tableau microscopique fourni par l’examen extemporané du produit de raclage d’un cuir chevelu atteint de pityriasis capilis sans séborrhée microbacillaire.

Amas de cellules épidermiques desquamées. Dans le champ de la préparation les bacillesbouteille et les cocci sonl innombrables. (Même grossissement que la figure précédente.)

des récidives possibles à l’avenir, au moins pourra-t-on affirmer qu’avec des soins hygiéniques peu ennuyeux, la chevelure sera préservée de toute chute irrémédiable.

En vérité, quand même la présence du microbacille aurait pour unique valeur de permettre un pronostic précis par l’examen microscopique d’un cas donné d’alopécie, on pourrait considérer les discussions sur sa valeur causale comme diminuées d’intérêt.

Mais ne voit-on pas, quand une telle pratique est vérifiée par un nombre quotidiennement considérable d’examens et de

CALVITIE

diagnostics cl pronostics portés par le microscope, qu’il csl impossible par le lait meme de ne pas concéder au microbacille une valeur causale importante; ne voit-on pas qu il serait ridicule de prclondre qu'il est le témoin constant de la calvitie, sans avoir part aucune en sa genèse. S'il est toujours présent dans la calvitie séborrhéique, c’est probablement que sa présence y est nécessaire. Il a ses raisons de s'y rencontrer. Autrement pourquoi s’y rencontrerait-il toujours?

Il est évidemment facile de dire : La séborrhée préexiste, le microbacille survient lorsque la séborrhée est établie, parce qu’il vit seulement dans le sébum.

Il faut dans ce cas demander à voir une seule séborrhée sans microbacille. Depuis quatre ans que je la cherche je ne l’ai pas rencontrée.

Quand même il en serait ainsi d’ailleurs, le microbacille garderait encore une valeur de diagnostic et de pronostic qu'il est inutile de souligner. Car soit qu’on l’admette simple témoin ou cause effective de la calvitie, ce qu’il y a de certain, c est qu il y existe, et que partout où il habite une région pilaire le poil tombe. Pratiquement cela suffît.

Pourtant je veux encore rappeler à ce sujet, que pour tous les microbes pathogènes la même thèse a été soutenue. .Nous devrions connaître, en dermatologie, l'histoire des champignons des teignes, et les dénégations qui ont suivi leur découverte pendant plus de vingt années.

Aucune guerre plus acharnée ne fut conduite contre aucune autre idée scientifique. 11 a fallu que les élèves se fassent une opinion malgré leurs maîtres. Jusqu’en 1875, Cazenave s’est inscrit en faux contre cette découverte qui date de 1845.

Et comme toujours, les détracteurs sont ceux qui refusent non pas seulement leur adhésion, mais leur examen. 11 est inutile de s’attarder dans ces cas à des polémiques sans fin. Un fait vrai vit toujours plus que ses derniers négateurs. On l’a vu pour Cazenave à propos des teignes. Le même fait se reproduira. 11 est consolant.

Résumons l’utilité que l’examen microscopique peut avoir dans les maladies dépilantes diffuses, les plus vulgaires du vertex.

LA CAUSE MICROBIENNE DE LA CALVITIE

La pratique constante de quatre années, depuis ma découverte du microbacille dans la calvitie, me montre que cet examen peut donner en quelques minutes un diagnostic dilïerentiel entre une séborrhée pure (calvitie) et un pityriasis dépilant on une séborrhée métissée de pityriasis.

A coup sûr l'examen microscopique dont je parle est bien loin de fournir tous les renseignements que l'examen à l’œil nu peut donner d’emblée au médecin.

Mais il peut confirmer d'une façon certaine un diagnostic hésitant et même permettre un pronostic sérieux, car l’avenir d’un « eczéma séborrhéique » n’est pas celui d’une calvitie.

Ce procédé, comme tous les procédés scientifiques simples, peut être mis en œuvre même par un médecin qui ne serait pas familier de la dermatologie et lui permettre de baser un diagnostic et un pronostic que son examen à l’œil nu ne lui aurait pas su donner faute d’études spéciales.

Dans ces conditions, même si le rôle causal du microbacille dans la calvitie restait entièrement à démontrer, on pourrait ne considérer les réserves à faire sur ce point que comme théoriques.

Qu’on se permette théoriquement toutes les négations qu’on voudra, pourvu que l’on pratique journellement et que l’on contrôle les expériences dont l'exposé vient d'être fait.

Malheureusement celui qui pratique ces examens n’est jamais celui qui doute.

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