MÉCANISME DE L’iNFECTION SEBORRHEIQUE
Il est infiniment remarquable de voir dans toute la série des êtres microscopiques les moyens souvent très complexes, par lesquels leur reproduction et leur perpétuité se trouvent assurées. Pour ceux qui aiment la recherche des causes finales, c’esl là une source de réflexions.
Par un hasard de contact que la cohabitation et le baiser rendent aisé, le microbacille passe d’un individu sur un autre. Il trouve ou ne trouve pas un terrain propice. S'il le rencontre, il se multiplie dans la sueur et le sébum effusé à la surface de la peau; il se multiplie jusqu’à atteindre l'orifice d’un follicule où ses générations pourront vivre.
Ses progrès se font lentement car il n'a pas de mouvements propres. Ses unités se produisent à la file l'une de l’autre, il n’a pas d’autres moyens de locomotion.
Ainsi une unité se trouve arriver à l’orifice pilaire. Peut-être même le microbe déposé à la surface delà peau n’y peut-il pas croître et faut-il que le hasard — un hasard sur dix mille autres — porte son germe au point même où il peut grandir, à l’orifice pilo-sébacé.
A partir de ce point nous le suivons. Nous pouvons surprendre encore intacts, au point même où ils ont vécu etse sont multipliés, les rubans mycéliens, faits de bactéries placées
ANATOMIE PATHOLOGIQUE DE LA CALVITIE. 181
bout à bout et tapissant la surface d’un poil dans rorifice folliculaire.
Dès lors le développement de l'infection est assuré, son degré de développement ne sera limité que par l’état plus ou moins réfractaire de la peau sur laquelle elle se trouve fixée. Indéfiniment les unités microbiennes se multiplieront; à mesure qu'elles augmenteront de nombre, leur pouvoir de multiplication s'accroîtra géométriquement. La colonie séborrhéique sera constituée.
L'épiderme folliculaire réagit. Il produit une première lame cornée d'exfoliation qui va enrober la colonie et l’entourer d’une tunique résistante. Derrière elle, une autre naîtra, puis une autre, et voilà les enveloppes du filament séborrhéique formées.
La glande sébacée réagit à son tour. Voilà le flux séborrhéique jusque-là imperceptible aux yeux qui va devenir visible et progressivement plus abondant.
Il semble qu'il va nettoyer le follicule pilo-sébacé de tout son contenu microbien. Mais la colonie microbienne est adulte. Elle comprend des myriades d’individus. A mesure qu’elle est expulsée en surface, elle se reforme par la profondeur.
Et le flux séborrhéique va disperser à la surface de la peau d'innombrables unités microbiennes. Au hasard de l'effusion, des grattages ou des simples contacts, les unités essaimées du follicule infecté vont ensemencer d’autres follicules voisins ou distants. Et plus le flux séborrhéique sera copieux, plus sûre sera l'infection de proche en proche. Ainsi, en quelques mois, l'infection s’est constituée sur toutes les surfaces que les conditions anatomiques, physiologiques locales et les conditions physiologiques générales de l'individu lui laissent prendre. A partir de ce moment, l’infection constituée se perpétuera sur le terrain qu'elle a conquis, gagnant plus lentement le terrain du voisinage moins propice à son développement ou mieux défendu.
Et l'espèce microbienne est assurée de se perpétuer pendant des années sur le même individu et par ses contacts nécessaires d'être transportée sur d’autres (‘).
(’) Celte loi de perpétuité des espèces, qui se manifeste pour les microbes comme pour tous êtres vivants, est aisément compréhensible pour les bac-
CALVITIE
L'infection microbacillaire une lois constituée dans le follicule s’accompagne invariablement de trois symptômes qui sont : le flux séborrhéique, la chute du poil dont le follicule est infecté et l’hypersécrétion des glandes sudoriparcs de son
voisinage.
Nous devons examiner successivement le mécanisme pathogénétique de ces trois phénomènes, ou du moins ce que nous savons à ce sujet.