MÉCANISME DU FLUX SUDORAL. IIYPERIIIDROSE
L’hyperhidrose à la surface des régions séborrhéiques est un phénomène constant, sauf au visage où je 11e l’ai pas vue de façon certaine. Même au visage pourtant, quand on exprime la peau d'une région séborrhéique, on peut y faire sourdre des gouttelettes de sueur, mais je 11’y ai pas observé d’hyperhidrose spontanée , visible , proportionnelle à l’intensité du llux sébacé. Cette hyperhidrose, constante dans l'infection séborrhéique du cuir chevelu, est moins aisément explicable encore de façon certaine que le flux sébacé luimême.
Anatomiquement, dans la séborrhée chronique du scalp, on trouve les glandes sudoripares un peu plus volumineuses que dans les coupes de cuir chevelu normal. Le calibre de leurs circonvolutions est un peu large, un peu béant. Je n’y ai pas trouvé par la réaction osm-ique ces granulations de graisse que M. Unna y avait cru voir.
Le glomérule sudoripare est dans la calvitie entouré d'un grand nombre de cellules migratrices, dont la plupart sont du type des mononucléaires, et des mastzellen d’Erlich à protoplasma granuleux basophile et à noyau pâle bilobé.
. Comment cette hypertrophie et cette hypersécrétion sudoripares surviennent-elles dans la séborrhée?
Je n’y vois que le témoignage de l'état de réaction inllam-
ANATOMIE PATHOLOGIQUE DE LA CALVITIE
matoire légère ou mieux irritative, dont tous les éléments de la peau témoignent également.
Dans la séborrhée, on trouve les capillaires dermiques entourés d’un manchon de cellules conjonctives et migratrices
Fig. 65. — Follicule pilaire normal du cuir chevelu.
(Grossissement de 60 diamètres.)
e, épiderme. — v, vaisseaux. — g, glande sébacée, —gs, glande sudoripare. Remarquer
sa situation au long d’un follicule pilaire auquel elle est adossée. c, cheveu.
>■', fragment supérieur du cheveu séparé du corps du cheveu par suite de sa direction incurvée. — ef, cavité du follicule. — éf, épiderme folliculaire. — d, derme. — pa, panniculc adipeux sous-cutané. — p, papille pilaire. — bp, bulbe pilaire, — ch, collet du bulbe.
mince mais très net. Ce fait à lui seul indique que toute la peau réagit dans son ensemble : les glandes sudoripares réagissent de même, non pas plus.
J'ajouterai une remarque à ce sujet.
Les glandes sudoripares sont décrites comme des glandes libres de toute attache avec aucun autre organe quelconque de la peau. Elles sont disséminées de-ci, dc-là, et presque au hasard, ayant leur canal d’excrétion propre. Elles ne semblent aucunement annexées au follicule pilo-sébacé.
Pourtant, quand on examine un cuir chevelu atrophique où les lolliculcs pilaires ont en grande partie disparu et se trouvent remplacés parle simple étui connectif qui leur servait de squelette externe, on remarque que les glandes sudoripares se trouvent presque invariablement adossées à ces piliers connectifs.
Alors leurs accointances avec le follicule pilaire deviennent très frappantes. Leur glomérule toujours profond et souvent presque hypodermique se trouve accolé à l’étui conjonctif externe folliculaire, et en partie incrusté en lui. De même le canal excréteur de la glande sudoripare, qui suit un chemin vertical, longe le follicule dans toute sa hauteur et vient s’ouvrir très près de lui (fîg. 65, 66, 68, etc.).
Sur une série de coupes examinées à ce point de vue, il est aisé de voir que plus des deux tiers, presque les trois quarts des glandes sudoripares sont ainsi accolées à des follicules et en partie comprises en leur charpente fibreuse. Rien d'étonnant dès lors qu’elles participent plus que le reste du derme à une réaction dont tout le derme montre la trace, mais qui se trouve plus marquée dans l’appareil pilo-sébacé, siège de l'infection microbienne.