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MÉCANISME DE LA CHUTE DU POIL

Le troisième phénomène caractéristique de la séborrhée en tous sièges est la mort du poil qui habitait le follicule infecté, ou pour parler plus exactement la mue pilaire (l) répétée de ce follicule. C’est lui que je vais envisager maintenant.

(•) Le mol est de L. Jacquet, il est très exact et je l’adopte très volontiers.

VNATOMIE PATHOLOGIQUE DE LA CALVITIE

La mort et la chute du poil sont des phénomènes fréquents, normaux même et périodiques chez plusieurs espèces animales, normaux chez l’enfant après la naissance.

Anormalement, ces phénomènes peuvent se renouveler après un grand nombre d’intoxications, d’infections générales, d infections superficielles et de maladies cutanées.

Le phénomène de la chute du poil est le même en tous ces cas, il s'effectue toujours de la même façon, par une série d'actes réguliers, qui ne font partie absolue, pas plus de la séborrhée que de la pelade, ou de l’infection typhoïde ou syphilitique. En tous ces cas, c’est le même acte toujours,

v m a c o v m of

Fig. 64. — Cuir chevelu normal. Coupe verticale. (Grossissement de 40 diamètres.)

of, orifice pilaire. — c, cheveu. — v, vaisseau gorgé de sang. — o, orifice des glandes sébacées dans le follicule. — g, glande sébacée. — m, muscle érecteur du cheveu. — s, glande sudoripare. — h, hypoderme. — d , derme. — p, papille pilaire.

dont la cause première varie, mais dont le mode ne varie pas.

Comme nous le rencontrons ici pour la première fois, nous devons le décrire suffisamment pour que le lecteur en puisse suivre sans lacune les phases diverses. Nous le devons d'autant plus que la séborrhée fournit les exemples anatomiques les plus parfaits de l’alopécie par atrophie papillaire, et que l’alopécie séborrhéique microbacillaire est le type le plus

complet qu’on puisse présenter de toute la série des alopécies simples d’origine externe ou interne.

Pour que l’ensemble des phénomènes dont l’exposé va suivre soit intelligible, ce qu’il faut d’abord comprendre, c’est (pie l’organe qui, placé au fond du follicule, fabrique le poil et ipii est la papille pilaire , est par lui-même reviviscent, et que l’avulsion du poil ou la mort du poil entraînent l'interruption des fonctions de la papille, mais non pas sa mort.

Le fond du follicule pilaire n’est, pas constitué comme un cul-de-sac, mais comme un cul-de-bouteille. Il présente en effet un ovoïde saillant dans sa cavité , constitué par du tissu conjonctif, des vaisseaux et des nerfs. Et c’est à sa surface une rangée de cellules épidermiques qui recouvre la papille, dont la fonction différenciée produit le poil au lieu de produire de l’épiderme, ou comme la glande sébacée, du sébum. Qu'une cause suspende la fonction papillaire, on verra la saillie de la papille s’effacer graduellement et disparaître. Ainsi le fond du follicule change sa forme première et revient à la forme d'un cul-de-sac. Le poil a perdu à la fois son point d’attache et de formation.

Lorsque le cheveu était vivant, il se terminait par une demicapsule creuse coiffant la papille et adhérant à elle : poil à bulbe creux (vivant) (fig. 77). Maintenant son extrémité adhérente s’est allongée, elle a pris la forme d’une racine pivotante, d’un navet qui serait couvert d’écailles (ce sont les cellules corticales, dernières faites). Et ces écailles s’engrènent avec les cellules épidermiques indifférentes des parois folliculaires (*).

Ainsi détaché le poil ne tombe pas de suite, il tient encore par sa profondeur d’insertion, et son ascension dans le follicule, jusqu’à son expulsion au dehors, prendra encore quelques semaines; mais dès lors cette expulsion est fatale et ne pourra pas ne pas survenir.

On trouve ainsi des poils à demi expulsés, ne tenant plus au follicule que par leur adhérence latérale. Arrive bientôt un

(*) Comparer figure 78 l’aspect de la racine du cheveu vivant chn à celle des trois cheveux morts placés à côté de lui. Même à ce très faible grossissement la différence entre eux est saisissante.

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frottement ou une traction minime qui achève de les détacher et les enlève.

Mais pendant ce temps qu’est devenu le follicule? A mesure que le poil détaché qui l’occupe encore monte vers l’orifice

pa

Fig. 65. — Atrophie folliculaire dans la séborrhée du cuir chevelu.

(Grossissement de 50 diamètres.)

é. épiderme de surface. — v, vaisseau dermique. — ci, derme. — g, glande sébacée. — gs , glande sudoripare encastrée dans la charpente conjonctive du follicule. — cf , épiderme du follicule. Ce follicule obliquement coupé en haut et dont la partie supérieure n’existe pas dans cette coupe, contient un poil à bulbe plein bp en voie d’expulsion. Son expulsion est marquée par le retroussis épidermique r. Remarquer en éc l’écorce conjonctive épaissie du follicule en pc, formant un pilier conjonctif qui était l’étui du follicule lorsque celui-ci descendait jusqu’au pannicule adipeux pa. — c, section oblique de l’épiderme folliculaire. — dg, déversoir de la glande sébacée dans le follicule.

pilaire, la paroi épidermique du follicule se resserre pour combler le puits folliculaire inutile, les cellules arrivent ou à peu près à coalescence, c’est-à-dire que le tube cylindrique

CALVITIE

creux bordé de cellules épithéliales csL devenu un cordon plein, de diamètre plus restreint.

Souvent ce bourgeon épithélial subit même une régression et une atrophie considérables en hauteur. A mesure que le poil mort qu'il contient est évacué, son enveloppe épidermique folliculaire semble se rétracter, remonter et disparaître avec lui (fig. Gâ).

Alors au-dessous du follicule persiste une sorte de cordon fibreux vertical (fig. 05 ,pc). Voici comment il survient :

Chaque follicule est revêtu dans toute sa hauteur d'une mince couche de tissu conjonctif un peu densifié, dont les faisceaux ont une direction grossièrement verticale et qui lui constituent un squelette externe.

Lorsque le canal épithélial folliculaire privé du poil qu'il contenait diminue de hauteur et remonte vers la surface, la place qu’il occupait avant cette métamorphose régressive reste marquée par un cordon conjonctif plein constitué par l'accolement des fibres verticales qui doublaient l’épiderme folliculaire. Ce faisceau subit lui-même une légère rétraction ascendante déprimant la face profonde du derme. Et dans le cône creux ainsi formé le pannicule adipeux sous-cutané s'engage (fig. G5, pc). Mais le phénomène ne s’arrête pas là, bientôt on voit naître, au-dessous du follicule ancien terminé en cul-de-sac, un bourgeon épithélial plein, oblique sur l'ancien follicule et renflé à son extrémité profonde. C'est ce bourgeon qui va, en s’allongeant vers la profondeur, refaire le follicule nouveau et le poil neuf.

Bientôt l’extrémité inférieure de ce bourgeon se différencie, les cellules qui le formaient se partagent d’une part en une demi-splière inférieure qui sera la papille nouvelle et font d’autre part au-dessus d’elle une capsule hémisphérique qui la coiffe, formée par la rangée de cellules mères qui vont fabriquer le poil nouveau. Ces deux points séparés par une zone mince (fig. 66, bé).

Bientôt la demi-sphère inférieure aura repris tous les attributs d une papille vraie, et la capsule qui la coiffe va s’allonger indéfiniment et devenir un poil neuf, en lame de sabre courbe, occupant l'axe du bourgeon épithélial qui sera

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le follicule nouveau. C'est ce que les deux ligures ci-contre (fig. 66 et 67) montrent de façon assez claire pour me dispenser de plus longs détails.

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