CONDITIONS GÉNÉRALES
descend plus oit moins dans la région ombilicale, selon qicil est plus ou moins distendu par les aliments. »
« Les limites physiologiques de la sonorité stomacale, dit M. le professem- Granchcr, s'étendent de la sixième côte au bord libre des fausses côtes' . »
L'estomac à gauche monte aussi haut que le foie à droite. Le cœur repose sur l'un comme sur l'autre de ces deux organes, dont il est séparé par le diaphragme.
Si la matité hépatique se distingue très vite et très facilement de la sonorité pulmonaire droite, il n'est pas moins aisé de reconnaître, à travers la sonorité pulmonaire gauche de la base du thorax, la présence de l'estomac, dont la sonorité spéciale vient renforcer la première et lui donner ce caractère tympanique particulier qui la fait distinguer si facilement de la précédente, isolément perçue dans la partie supérieure de la poitrine (les 2/3 environ).
L'estomac, au point de vue de la percussion, se divise en trois parties : Tune supérieure, que l'on pourrait appeler pulmo7io-costale ; la deuxième, moyenne ou costale proprement dite; la troisième, épigastrique ou abdominale (Voy. Pl. à la fin du volume).
Ces deux premières constituent par leur ensemble l'espace semi-lunaire de Traube*^.
Malgré des nuances légères dues à la situation respective de chacune de ces trois parties, la tonalité de l'estomac conserve une certaine uniformité et un caractère par-
' Ch. Lasègue et Grancher ; La technique de la palpation et de la percussion. Paris, 1882.
' Traulje décrit lui-même dés 1868, et en ces termes, l'espace semilunaire qui porte son nom :
"A la partie inférieure du thorax gauche est une région dans laquelle le son de percussion est tympanique. Cette région a une ligure semi-luuaire; elle est liiiiilée en bas par le hord du thorax, en haut par une ligne courbe dont la concavité regarde en bas. L'espace ainsi formé commence en avant au-dessous du cinquième ou sixième cartilage costal gauche, et s'étend, en arriére, le long du thorax jusqu'à l'extrémité antérieure de la neuvième ou de la dixième côte. La plus grande largeur est de trois pouces et denu (9à 11 centim.).» Traubecitépar Jaccoud, in Leçons de Clinique médicale, 1883-1884, pag. 239.
ticulier qui empêchent de la confondre, même sans y apporter mie bien grande attention, avec les diverses sonorités qui l'entourent et qui sont dues à la présence d'autres organes sonores (poumons, intestin grêle, gros intestin).
Le foie et l'estomac réunis présentent dans leur ensemble, et à leur partie antérieure une disposition assez analogue à celle d'un rectangle dont la diagonale, représentée par le bord antérieur ou mince du foie, serait dirigée de bas en haut et de droite à gauche. C'est cette ligne qui sépare la matité hépatique de la sonorité gastrique. La première offre une disposition absolument inverse de la seconde. Si les limites du foie sont faciles à établir en raison des nombreux organes sonores qui l'entourent, en est-il de même pour l'estomac ?
La réponse à cette question nous est donnée de la manière la plus explicite et la plus formelle par M. le professeur Grancher lorsqu'il dit :
«L'estomac, organe sonore, est en contact avec le poumon, le gros et le petit intestin, qui représentent trois variétés de son distinctes de la sienne propre. D'autre part, le foie, le cœur et la rate sont des matités en rapport immédiat avec la sonorité stomacale.»
La différence des sonorités, comme la présence des matités dont parle M. Grancher, sont largement suffisantes pour permettre de déterminer les limites réelles de l'estomac, à l'état normal comme à Tétat pathologique.
Les maladies de l'estomac comprennent: T l'inflammation de ses parois (gastrite aiguë ou chronique) ; 2" leur destruction (ulcère); 3" les néoformations (cancer) dont elles peuvent être le siège ; 4° enfin de simples troubles fonctionnels (indigestion, dyspepsie gastrique, etc., etc.).
Quant à la dilatation, elle ne constitue pas, à proprement parler, une maladie de l'estomac; aussi la comprendrons-nous dans la description des symptômes, en lui donnant toutefois les développements que nécessite son importance en pathologie gastrique. Si on en méconnaît
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l'existence, une très grande obscurité peut entourer l'interprétation à donner de la plupart des symptômes observés chez les malades qui en sont atteints. De sa constatation découleront au contraire les indications thérapeutiques les plus nettes que seront appelés à remplir des moyens exclusivement dirigés contre cette complication, la première à combattre dans bien des cas.
Nous en ferons autant pour le vomissement considéré en général, de même pour la gastrorrhagie. Si l'un et l'autre trouvent tout naturellement leur place dans une étude séméiologique, elles ne méritent pas, malgré l'opinion de certains auteurs d'ailleurs très recommandables, d'être élevées à la hauteur d'une maladie proprement dite.
Ce que nous venons de dire est surtout applicable au vomissement.
La gastrorrhagie, qui se traduit le plus souvent, mais non toujours, par l'hématémèse, mérite-t-elle plus que lui d'être considérée comme une maladie ? Nous ne le pensons pas.
C'est surtout dans l'ulcère simple de Testomac ou dans le cancer ulcéré de cet organe qu'on l'observe, et si, dans d'autres cas où elle se produit, l'autopsie ne révèle rien d'anormal du côté de la muqueuse gastrique, on en trouvera souvent la raison dans des lésions qui ne sont pas d'habitude suffisamment recherchées à l'autopsie. Certaines maladies de l'œsophage, varices par exemple, comme certains troubles de la circulation porte, dont sont tributaires les vaisseaux veineux de l'estomac (veines pylorique et gastro-èpiploïque) , peuvent en effet produire l'hématémèse en dehors de toute lésion primitivement gastrique.
Nous commencerons toutefois l'étude de la pathologie de l'estomac par la description d'une maladie sur la nature de laquelle nous sommes encore loin d'être fixés, et qui se rapproche beaucoup de la gastrite : nous voulons parler de l'embarras gastrique.