‹ Maladies de l'appareil digestif (volume 2)Chapitre 16 sur 33 · EMBARRAS GASTRIQUE · texte numérisé non relu

EMBARRAS GASTRIQUE

pu les reproduire en inoculant sous l'épiderme le produit de la pulvérisation de pedicvli pubis' .

Nous attacherons, dans l'embarras gastrique, beaucoup plus d'importance, comme manifestation cutanée, aux éruptions d'herpès, que celles-ci soient exclusivement labiales ou qu'elles envahissent au contraire une étendue plus ou moins considérable de la face. Ces éruptions sont habituellement critiques de la maladie.

Au point de vue de la marche, on distingue des formes légères et des formes intenses de l'embarras gastrique.

La diacrise est une des solutions les plus fréquemment observées dans son cours. Elle est constituée, tantôt par des vomissements ou de la diarrhée, tantôt par l'émission d'urines abondantes et sédimenteuses, jusqu'à un certain point analogues aux urines fébriles, tantôt enfin par une épistaxis ou l'apparition d'une éruption herpétique le plus souvent labiale.

L'embarras gastrique peut également passer à F état chronique (Gendrin, de Crozant). 11 est le plus souvent amené par l'action continue ou du moins fréquemment répétée de la cause qui lui a donné naissance, ou par la répétition, chez le même sujet, de la forme aiguë de la maladie.

Dans l'embarras gastrique fébrile, quand la fièvre tombe, les autres accidents ne doivent pas forcément et nécessairement disparaître. On les voit quelquefois survivre à la période fébrile, comme nous l'avons observé bien souvent. C'est là, à notre avis, un caractère qui permettra toujours de séparer l'embarras gastrique, môme fébrile, de la fièvre typhoïde, avec laquelle on a, dans ces derniers temps, essayé de l'identifier'.

Si l'on a observé des cas de fièvre typhoïde à forme

' Duguet; Société de Biologie, 17 avril 1880 et 5 août 1882. ' Lévy ; De l'embarras gastrique fébrile dans ses rapjwrts avec la fièvre typhoïde. Thèse de Montpellier, 1886.

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gastrique (Chauffard), il n'en est pas moins vrai que l'embarras gastrique n'a avec eux rien de commun.

Il est comme un manteau que peuvent revêtir la plupart des maladies dont l'estomac est le siège.

La simple indigestion, la gastrite aiguë, la fièvre gastrique, la fièvre typhoïde, la méningite tuberculeuse de l'enfant, sont les seules maladies que l'on puisse confondre avec l'embarras gastrique simple ou fébrile.

Nous aurons l'occasion de revenir plus loin sur le diagnostic de l'indigestion, de la gastrite, de lafîèvi'e typhoïde ; nous nous contenterons de dire ici que dans la fièvre gastrique, contrairement à ce qui a lieu généralement dans la fièvre typhoïde, la constipation est la règle. Celle-ci peut pourtant survenir au cours de la fièvre typhoïde. Quand elle coexiste avec une température élevée, nous l'avons avantageusement combattue dans bien des cas par r administration d'un verre d'eau de Sedlitz. Les évacuations ainsi produites sont habituellement suivies d'une rémission assez marquée et plus ou moins durable.

Quant à la méningite tuberculeuse, dans laquelle les vomissements et la constipation marchent souvent de pair, elle s'observe principalement dans l'enfance, époque de la vie où l'embarras gastrique proprement dit est assez rare. Tandis que la première est habituellement préparée de longue main, le second éclate presque toujours brusquement.

L'anatomie pathologique de l'embarras gastrique laisse beaucoup à désirer. Nos connaissances à cet égard se bornent encore aux expériences de Beaumont sur son Canadien*, c'est-à-dire à la constatation, après irritation de la muqueuse, de la production d'une rougeur plus ou moins vive et de la formation à ce niveau d'un mucus plus ou moins épais, neutre souvent, quelquefois pourtant alcalin.

' Damaschino; ?oc. cit.

KMUAUUAS GASTIUQUE. J8l

Le traitement consiste surtout dans l'emploi des évacuants.

Les éméto-cathartiques doivent, à notre avis, avoir la préférence sur les purgatifs ; à ceux-ci on doit même préférer les vomitifs.

Une diète sévère (bouillon-lait) et l'usage des eaux légè^ rement alcalines ou acidulés constituent presque toute la thérapeutique de l'embarras gastrique.

Parfois se présente l'indication des toniques généraux ou locaux, au premier rang desquels figurent le quassia amara, la strychnine sous forme de gouttes amères de Baumé (3 à 5 au commencement de chaque repas), enfin la décoction de quinquina.

Dans certains cas, beaucoup plus rarement toutefois, les ferrugineux trouvent aussi leur indication.

Nous avons vu, en commençant cette leçon, combien est vague encore l'idée que l'on se fait de la nature de l'embarras gastrique. Pour Stoll, la fièvre, quand elle existe, serait due à la pénétration de la bile dans le sang. Si nous émettions aujourd'hui une idée à cet égard, elle serait précisément opposée à celle de Stoll.

En effet, la présence de la bile dans le sang, indépendamment de toute autre complication surtout inflammatoire, se traduit pas un ralentissement du pouls et un abaissement de la température assez notables. C'est ce que l'on voit journellement se produire dans l'ictère.

Pour M. Damaschino, l'embarras gastrique serait une « affection générale à détermination vers l'estomac, comme la fièvre typhoïde est une pyrexie à détermination intestinale » .

Nous serions bien plutôt disposé à faire de l'embarras gastrique une maladie primitivement locale, et susceptible par la suite de se généraliser.

N'est-ce pas là l'histoire de toutes ou du moins de la plupart des maladies dites générales ou totms substantix, comme la syphilis, la goutte, la fièvre typhoïde, le diabète?

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Nous avons, je crois, suffisamment insisté plus haut sur ce point intéressant de pathogénie pour que nous puissions nous dispenser à présent d'y revenir une fois de plus.

Toutefois nous ajouterons, relativement à l'embarras gastrique, que, primitivement locale, cette maladie peut ensuite se généraliser, soit par production ou extension de la phlegmasie, soit par élaboration incomplète ou défectueuse des aliments, et formation de substances nocives ou simplement anomales entraînées par absorption dans le torrent circulatoire.

GASTIiTTE AIGUË.

La gastrite n'est autre chose que l'inflammation de l'estomac. Elle est aiguë ou chronique, simple ou compliquée, phlegmoneuse, ulcérée, primitive ou secondaire, toxique ou non toxique.

Les formes aiguë et chronique sont les deux formes cliniquement admises. Nous allons successivement les étudier.

On a, pour la gastrite, exagéré deux opinions contraires : l'une consistant à la considérer comme très fréquente, on pourrait presque dire universelle (Broussais), l'autre tendant en quelque sorte à la supprimer et à la remplacer par la gastralgie (Trousseau).

Ce qu'il y a de certain, c'est que la gastrite aiguë, telle du moins qu'on l'admet en clinique, est infiniment plus rare que la gastrite chronique.

C'est en été, dans des climats chauds, que la gastrite, comme d'ailleurs l'entérite, heaucoup moins toutefois que celle-ci, se développe habituellement.

Les adultes y semblent plus particuhèrement prédisposés, contrairement à ce qui a heu pour l'enfant, chez lequel, par contre, l'entérite est bien plus commune, ainsi que nous le verrons plus loin.

A ces causes prédisposantes générales, relatives au milieu ou à l'âge des individus, viennent nécessairement s'ajouter, pour produire l'inflammation de l'estomac, certaines causes déterminantes, telles que l'excès d'alimentation, lu

mauvaise hygiène, l'action locale du froid et principalement celle des boissons glacées.

Quand on dit mauvaise hygiène, on exprime une idée des plus compréhensives, et, pour n'indiquer que d'une manière tout à fait générale les principales subdivisions que comprend ce terme générique, nous signalerons, non seulement tout ce qui a trait à la quantité comme à la qualité des aliments ou des boissons ingérés, et aux heures des repas, mais encore l'usage ou l'abus des condiments, des épices,des boissons alcooliques ou acidulés, du tabac, etc.

On comprend que cette voie, que nous ne faisons que tracer, soit des plus fécondes et des plus productives au point de vue pathogénique.

Nous nous sommes contenté de citer les causes les plus générales et les plus communes.

On suppléera aisément, et suivant les besoins relatifs à chaque cas particulier, à l'insuffisance de cette énumération, que nous n'avons aucune peine à déclarer incomplète.

Toutes ces causes, irritantes à des degrés divers , chimiques pour le plus grand nombre et d'apparence physiologique le plus souvent , nous conduisent par degrés insensibles, mais progressifs, à une classe étiologique particulière de la gastrite: nous voulons parler des causes toxiques. Ce sont sans contredit les plus efficaces de toutes. Elles se passent de toute prédisposition, et la gastrite résulte toujours de leur simple contact avec la muqueuse stomacale.

Ces causes dites toxiques, et que l'on ferait mieux de désigner sous le nom de caustiques, sont surtout représentées par les acides concentrés, par les caustiques d'une manière générale, avec leur degré d'activité propre, et que peuvent modifier bien des circonstances physiques ou chimiques, telles que la dissolution, etc., etc.

Pour la gastrite aiguë, il est rare qu'il soit nécessaire d'invoquer la théorie allemande, d'après laquelle, comme le fait remarquer M. Damaschino, «U se produirait une

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