GANGRÈNE DE LA DOUCHE. — NOMA
Ce dernier, dans le travail auquel nous faisons allusion et qui remonte à 1839, la confond pourtant encore avec les stomatites couenneuse et ulcéro-membraneuse.
Il faut arriver à la monographie de Richter, en 1828, et surtout à celle de M. lourdes (Strasbourg, 1848), pour se faire une idée bien exacte de cette maladie si longtemps obscure et confondue avec la plupart des lésions buccales.
Les parties qui sont le siège de la gangrène présentent une tuméfaction particulière. D'une couleur noir-grisâtre, elles offrent une certaine consistance, surtout à leur partie centrale. A mesure qu'on s'approche de la périphérie, on a la sensation d'un empâtement de moins en moins marqué et l'on finit par avoir celle que donne au doigt explorateur l'œdème miou des membres.
Un point important à noter, c'est que c'est toujours de dedans en dehors que se fait la propagation, ou mieux l'extension gangreneuse (Damaschino).
Le sang difQuent, d'après Guersant, aurait été, au contraire, trouvé coagulé par lourdes ; quant aux artères voisines de la lésion, elles auraient été reconnues perméables par Rilliet et Barthez.
Le siège habituel du sphacèle est la lèvre inférieure, avec ou sans engorgement des ganglions sous-maxillaires, que l'on a vus dans certaines circonstances tuméfiés et ramolhs.
Ses complications les plus habituelles sont la pneumonie, la gangrène pulmonaire, l'entérocolite et le ramolHssement gastro-intestinal.
Le noma pourrait débuter, soit par la peau, soit par la muqueuse, soit par la couche moyenne, comme l'ont admis les auteurs du Compendium * .
Lorsque les gencives sont envahies, la gangrène, mieux qu'aucune autre affection buccale, favorise la chute des dents et la nécrose des maxillaires.
' Cités par Damaschino.
50 SIXliiME LEÇON.
L'état général diffère considérablcmcnl, suivant les cas. La peau, brûlante chez certains malades encore capables de fournir une certaine réaction, est froide chez d'autres où l'adynamie est pour ainsi dire, dès le début, le caractère dominant de la maladie. Ce véritable collapsus, que l'on peut voir s'établir d'emblée dans certains cas, se produit dans certains autres secondairement, pour ainsi dire, et consécutivement à la période de réaction, ou, si l'on préfère, d'excitation.
L'odeur exhalée par la bouche est d'une fétidité extrême et bien plus marquée encore que celle dont nous avons parlé au sujet de la stomatite mercurielle, ce qu'explique suffisamment ici la présence de la sanie gangréneuse dont le mélange s'effectue sans cesse avec les sécrétions buccales altérées. Ces dernières sont à elles seules suffisantes pour produire la fétidité que l'on rencontre dans la stomatite mercurielle, et à laquelle peuvent contribuer la présence du mercure et la nature spéciale de l'inflammation buccale. Ce phénomène est plus marqué dam l'espèce, mais on le rencontre dans toutes les stomatites en général, depuis la plus grave jusqu'à la plus simple.
C'est, ici encore, une application nouvelle de cette loi pathologique d'après laquelle la fétidité est pour ainsi dire le symptôme obligé de l'inflammation d'une muqueuse, lorsque celle-ci se trouve en communication directe avec l'air extérieur. C'est là ce qui se produit pour les muqueuses nasale, bucco -pharyngienne, vaginale, utérine, etc. Elle s'explique par les altérations que subissent les divers produits des sécrétions dont ces muqueuses sont normalement le siège, et par le mélange de ceux-ci aux matières purulentes ou autres qui, pathologiquement, sont formées à leur surface ; enfin, par l'action de l'air et de ses nombreux ferments qui trouvent dans ces produits morbides des milieux de culture des plus favorables et des matières fermentescibles de premier ordre.
Le dévoiement s'observe assez fréquemment dans le