‹ Maladies de l'appareil digestif (volume 2)Chapitre 8 sur 33 · GÉNÉRALITÉS SUR LES ANGINES · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS SUR LES ANGINES

Les angines {àyyu>, j'étrangle) ont été ainsi dénommées par les anciens, pour qui elles consistaient principalement en une difficulté pour avaler ou pour respirer. Telle est encore l'acception que leur donne van Swieten.

Grisolle ne s'éloigne pas trop de cette manière de voir lorsqu'il déclare qu'aujourd'hui (1869) les angines ne sont autre chose que des phlegmasies de la muqueuse, étendues 3ntre l'arrière-bouche d'une part, le cardia et les bronches d'autre part. Aussi, conséquent avec lui-même, cet auteur idmet-il des angines : gutturale, tonsillaire, pharyngée ; xsophagienne , larijngée, trachéale.

Tenant ensuite compte de la nature du processus, il idmet des angines œdémateuse, pseudo-membraneuse.

Il repousse les angines pultacées de la scarlatine, celles iites syphilitiques, enfin les angines gangréneuses.

Depuis longtemps déjà, les progrès des études pathologiques et cliniques ont détaché de l'étude des angines, non seulement les maladies de l'œsophage que nous aurons i étudier ultérieurement, mais aussi celles du larynx et de la trachée. Ces dernières, au point de vue, sinon de leur nature, du moins de leur symptomatologie, de leur dia-

gnostic et même de leur traitement, diffèrent notablement des mêmes manifestations p'«i<wra/e, tonsillaire, phart/ngée, seules classes de Grisolle' que nous conserverons, en raison de l'importance considérable qui se rattache à une pareille classification.

Elles résument en effet, à elles trois, les diverses localisations que peuvent affecter toutes les angines possibles. Il faut en excepter toutefois l'angine de poitrine, dont nous n'aurons pas à parler ici et qui n'est, après tout, qu'une maladie du cœur.

Lasègue un an avant Grisolle, tenant, pour ainsi dire, un compte beaucoup plus grand de la nature des angines que de leurs diverses localisations, décrit : des angines éruptives (scarlatineuse, morbilleuse, varioleuse, herpétique, syphilitique, acnéique, urticaire guttural, pemphigus et psoriasis); des angines érysipélateuse, rhumatismale, phlegmoneuse, diphtéroïde; des angines catarrhales (A. catarrhale chronique diffuse, pharyngite catarrhale, amygdalite chronique, catarrhe de la luette et du voile du palais) ; enfin des tumeurs, des altérations cancéreuses et des affections nerveuses de la gorge.

Si la classification admise par Lasègue dans l'étude originale et profonde qu'il nous a laissée sur les angines n'est pas inattaquable, si même elle semble de nature à laisser dans l'esprit une certaine confusion, il n'en faut pas moins reconnaître à l'auteur du Traité des angines le mérite d'avoir mis en relief les nombreuses variétés de nature dont les localisations angineuses sont susceptibles.

Il en a môme volontairement excepté l'angine diphtérique, sur laquelle son Maître Trousseau, élève lui-même de Bretonneau, avait longuement insisté.

M. Damaschino*, dans ses leçons sur les maladies des

' Grisolle ; Pathologie interne, 9« édit., 2° tir., 1869.

= Lasègue; Traité des angines, 1868.

' Damaschino; Maladies des voies digestives, 1880.

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