GÉNÉRALITÉS SUR LES ATSGINES
voies digestives, a apporté une première simplification à la classification deLasègue. Il étudie en effet successivement, dans la partie de son livre qui a pour titre : Maladies du pharynx, les angines : simple (catarrhale aiguë et chronique), gTanuleuse, phlegmoueuse, érysipôlateuse, rhumatismale, membraneuse (herpétique ou couenneuse commune, diphtérique, scarlatineuse), gangréneuse.
Il laisse de côté, pour renvoyer au travail de M. Hardy sur ce sujet, les angines syphilitique, tuberculeuse et scrofuleuse.
L'amygdalite chronique est décrite par lui après l'angine granuleuse et avant l'angine phlegmoneuse, ce qui constitue un inconvénient sérieux; de même, à l'occasion de l'angine catarrhale, il se sent obligé de distinguer l'angine gutturale, l'amygdalite proprement dite et l'angine pharyngée supérieure et inférieure.
Cette dernière division peut être, à notre avis, apphquée d'une manière générale à la plupart des angines, de natures diverses, décrites jusqu'à ce jour par les auteurs. Aussi, avec Grisolle, admettrons -nous trois sièges principaux pour les angines, savoir : l'isthme du gosier, l'amygdale, le pharynx ; chacune de ces localisations sera décrite d'une manière générale, nous serons ainsi dispensé de suivre M. Damaschino dans la distinction qu'il établit nécessairement et à propos de chaque angine, suivant que le pharynx, l'amygdale ou l'isthme du gosier en sont plus spécialement le siège; de même, nous éviterons de comprendre dans les maladies du pharynx celles de l'amygdale et surtout de l'isthme du gosier, qui nous paraissent devoir en être absolument séparées.
M. Dieulafoy' , dans son Manuel de Pathologie interne, comprend sous le titre de Maladies du pharynx, non seulement toutes les angines, y compris l'amygdalite, mais encore la scrofule de la bouche.
' Dieulafoy; Manuel de Pathologie interne, 1884.
Nous n'entrerons pas dans la description des angines que le savant et regretté Lasègue a qualifiées d eruptives. Cette étude, qu'il a pu faire et approfondir dans son Traité sur les angines, ne saurait comporter ni la même ampleur ni des développements aussi considérables dans nos leçons sur les maladies de l'appareil digestif.
Elles font partie intégrante des maladies générales au cours desquelles on les rencontre, et d'ailleurs elles méritent rarement, même dans la scarlatine, où l'angine est constante, d'attirer sérieusement l'attention du médecin, car elles passent le plus souvent inaperçues pour le malade, dominées qu'elles sont le plus souvent par l'importance et la prépondérance d'autres symptômes.
Une exception peut-être doit être faite pour certaines formes graves de l'angine scarlatineuse que l'on observe principalement au cours de la maladie ou même à son déclin et pendant la convalescence.
Nous en dirons un mot en nous occupant de l'angine diphtérique proprement dite, avec laquelle elles présentent assez souvent une frappante analogie.
Si, comme le dit Lasègue, « la membrane muqueuse, qui revêt les cavités qu'on pourrait appeler le vestibule des appareils digestifs et respiratoires, doit être partagée en régions pathologiques»; si, d'après le même auteur, «on peut pour chaque maladie tracer la carte topographique de son domaine », nous reconnaîtrons volontiers avec lui que « ces délimitations sont plus praticables quand il s'agit des éruptions proprement dites, que lorsqu'on envisage les maladies catarrhales ou inflammatoires, dont les limites sont moins précises....* » C'est pour ce motif que, renvoyant pour l'étude des angines dites éruptives, soit à la description des éruptions elles-mêmes et à leurs diverses localisations, soit à l'étude très complète du professeur Lasègue, nous étudierons ici une angine gutturo -pharyngée aiguë
' Lasègue ; loc. cit.