GLYCOSURIE. — D1AI3ÈTE : SES DIFFÉRENTES FORMES
plus souvent au milieu d'accidents nerveux éclamptiques, ou par phtisie pulmonaire, suppuration, gangrène, etc.
Le diabète gras, pour ces mêmes auteurs, offre le tableau diamétralement opposé à celui qui est propre au diabète maigre.
Si ce n'était la glycosurie, ces deux diabètes ne présenteraient pour ainsi dire aucun point de commun.
Légère glycosurie, en effet (de quelques grammes à 100 au plus), entraînant à sa suite une faible polyurie et une polydipsie parfois si peu marquée qu'elle passe très souvent inaperçue ; pas d'autophagie (le malade conservant son embonpoint, pouvant même devenir plus gros ou obèse, ce qui a valu à la maladie le nom de diabète gras) ; absence presque absolue d'accidents nerveux 1 et compatibilité avec une longue existence : tels sont les caractères cliniques fondamentaux de cette forme de la maladie.
Lancereaux ajoute un caractère nouveau aux précédents : c'est la constance de la lésion pancréatique dans le diabète maigre 2.
Si l'on parcourt à cet égard la Thèse de M. Lapierre; si l'on compulse les nombreuses observations qui y soiit contenues et rapportées d'ailleurs avec beaucoup de soin et de détails, on s'aperçoit bien vite que la plupart de ces lésions, sinon toutes, sont macroscopiques (cancer, kystes, abcès, calculs, etc.), c'est-à-dire qu'elles ne peuvent pas échapper à une attention même superficielle, à la condition toutefois de ne pas négliger, au moment de l'autopsie, l'examen du pancréas.
Loin de moi la prétention de vouloir atténuer en quoi que ce soit le mérite des observations et des faits consignés par
1 Voir à ce sujet l'excellente Thèse d'agrjgation de M. le Dr Dreyfous ayant pour titre : Pathogénie et accidents nerveux du diabète sucré. Paris, 1883.
' Lancereaux ; Union médicale ; et Lapierre, Thèse de Paris, 1879.
182 QUATORZIÈME LEÇOX.
M. Lancereaux : je leur dois tout ce que j'ai pu constater moi-même ultérieurement dans le diabète, et la nosologie sera un jour redevable à cet auteur (dont l'éloge n'est plus à faire au point de vue surtout de ses travaux d'anatomie pathologique) d'avoir attiré l'attention sur les altérations du pancréas dans cette maladie, d'avoir signalé l'existence d'un diabète gras et d'un diabète maigre, ainsi que la constance dans celui-ci de la lésion pancréatique et des selles graisseuses; d'avoir enfin permis à la théorie pancréatique de Popper d'être un instant rappelée de l'oubli, et cela au plus grand profit de l'étude pathogénique, symptomatique et thérapeutique du diabète sucré.
Les faits de diabète ne sont pas nombreux dans les hôpitaux de province.
Je ne me rappelle pas en avoir rencontré un seul cas dans le cours de mes études médicales.
Ce n'a été que le jour où j'ai été attaché, comme chef de clinique, au service de la clinique médicale de cette Faculté, que j'ai pu en observer quelques cas, fort peu nombreux sans doute, mais tous absolument probants.
Trois sont relatifs à des diabétiques maigres, le quatrième à un diabétique gras.
Tous ces faits ont été publiés au fur et à mesure qu'ils étaient recueillis 1 .
Laissez-moi vous rappeler un détail relatif à mon premier cas et qui, à mon avis, présente un certain intérêt.
Au moment où j'allais faire l'autopsie (nègre ayant succombé à des accidents nerveux éclamptiques au cours d'un diabète maigre), je mettais les élèves qui me faisaient l'honneur d'y assister au courant des recherches récentes de M. Lancereaux et je leur disais avant d'ouvrir le cadavre : « Nous allons voir ce qu'il y a de fondé dans l'opinion de cet auteur relative à la constance de la lésion pancréatique dans le diabète maigre » .
1 V. Montpellier médical, 1881-1882.