‹ Maladies de l'appareil digestifChapitre 18 sur 29 · GLYCOSURIE. — DIABÈTE : SES DIFFÉRENTES FORMES · texte numérisé non relu

GLYCOSURIE. — DIABÈTE : SES DIFFÉRENTES FORMES

Parmi ces élèves, l'un d'eux, aujourd'hui mon Collègue d'agrégation, qui ne croyait pas trop à l'existence de semblables lésions, n'attendit pas l'examen du pancréas et partit avant que l'autopsie fut terminée.

Quelle ne fut pas sa surprise lorsque, m'interrogeant sur l'état dans lequel j'avais trouvé cet organe, je lui montrai un tube de 6 centim. de haut et de 1 de large, rempli de calculs que j'avais pu extraire, soit de l'intérieur des conduits pancréatiques, soit du parenchyme même de la glande.

Sa surprise fut si grande, qu'il lui échappa cette exclamation : « Il y aurait donc quelque chose de vrai dans l'opinion de Lancereaux ! »

Les étudiants qui m'avaient assisté jusqu'à la fin de l'autopsie ne furent pas moins stupéfaits.

Ce fut là le point de départ de mes observations et de mes recherches ultérieures.

Je ne vous parlerai pas de nouveau de la nécessité dans laquelle on se trouve, même dans certains cas de diabète maigre, d'apporter la plus grande attention à l'examen nécroscopique du pancréas, comme j'ai eu l'occasion de le vérifier clans un cas (V. plus haut), ainsi qu'à la constatation de lésions qui sans cela pourraient facilement passer inaperçues.

Sans mon premier cas, celui auquel je fais allusion en ce moment m'aurait sûrement échappé.

Mon troisième était plus démonstratif: péri-pancréatito résultant d'une gastrite alcoolique avec ulcère de l'estomac et hématémèses, enfin péritonite aiguë antérieurement observée 1 .

Dans ce cas particulier, ce qui m'a le plus frappé, c'est le passage du diabète de la forme grasse à la forme maigre,

1 J'ai vu depuis lors, chez une jeune malade de mon regrellé m.iihc ej ami, le professeur agrégé BouTdel, un diabète avecascile dù probablement à une péritonite chronique, résultant elle-même d'une entérite, égalemenl chronique, qui existait depuis déjà longtemps chez cette malade.

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aussi ai-je été amené à admettre l'existence d'une forme mixte, par passage de la première à la seconde, celle-ci n'étant après tout que le second degré ou, si l'on préfère, l'aggravation de celle-là.

Nous y reviendrons plus loin ; mais nous pouvons déjà entrevoir la possibilité d'un tel fait et nous l'expliquer par le trouble de plus en plus grand apporté, dans le cas particulier, aux fonctions pancréatiques grâce à la constriction toujours croissante exercée sur l'organe par les néo-membranes résultant de la péritonite, pour laquelle la malade avait été soignée antérieurement dans le même service.

Jusque-là, Messieurs, vous le reconnaîtrez sans peine, il m'avait été donné de confirmer et de reconnaître exactes les affirmations deLancereaux, au sujet de la constance des lésions pancréatiques dans le diabète maigre.

Le dernier cas même semblait m'autoriser à présumer l'existence de quelque chose d'analogue dans le diabète gras.

Je n'aurais pas osé toutefois l'affirmer d'après ce seul fait, qui se prêtait mal, parla survenance du diabète maigre, à une pareille démonstration.

Il était pourtant permis, se plaçant au point de vue purement théorique, de se demander ce que signifiait cette constance des lésions pancréatiques dans le diabète maigre.

De deux choses l'une : ou le pancréas joue, par les altérations dont il est le siège, un rôle quelconque dans la production de la maladie, de cette forme si l'on préfère ; ou il n'en joue aucun.

Si la lésion du pancréas est constante dans le diabète maigre, si la glycosurie y est abondante, cela tient, sans contredit, à ce qu'il existe entre les lésions du pancréas et la maladie diabétique un rapport intime de cause à effet.

C'est ce qu'est venu pleinement confirmer le seul cas de diabète gras avec autopsie qu'il m'ait été donné d'observer jusqu'à ce jour, le seul, à ma connaissance, dans lequel

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