GLYCOSDUIU. — DIABÈTE : SES DIFFÉRENTES FORMES
ait été jusqu'à présent signalée la coexistence de la lésion pancréatique et de la glycosurie.
Macroscopique dans le diabète maigre, la lésion est plus faible, moins profonde, microscopique, dans le diabète gras.
Elle entrave dans celui-ci, moins que dans le premier, la sécrétion et la fonction pancréatiques.
C'est ce qui explique le degré peu marqué de la glycosurie. Il est facile alors de se rendre compte à la fois du degré plus faible de la polyurie et de la polydipsie dans cette forme, ainsi que de la conservation de l'embonpoint, de la possibilité même de son accroissement, du défaut de cachexie, enfin de la compatibilité très grande de cet état pathologique avec la vie, à la condition toutefois que les lésions existantes ne viennent pas à s'aggraver et que ne s'effectue pas le passage du diabète gras au diabète maigre, comme je l'ai observé dans un cas.
Je borne, Messieurs, à ces quelques réflexions ce que j'avais à vous dire relativement âmes observations et à mes recherches personnelles, venant corroborer ou infirmer et même compléter ce qui avait été signalé auparavant.
Un mot maintenant sur la manière dont les diverses lésions pancréatiques peuvent produire le diabète et se manifester à l'extérieur.
Le diabète n'est donc, après tout, qu'un symptôme lié aux lésions du pancréas, comme l'ictère est lié à celles du foie, ou, plus exactement, des voies biliaires1.
La glycosurie, et, mieux, le diabète devra donc, chez tout malade, attirer fortement l'attention du praticien vers le pancréas.
Ces symptômes, je ne saurais trop y insister, demandent à être cherchés avec le plus grand soin, et, même lors-
' MM. les professeurs Engel el Kiener viennent de démontrer que l'ictèrè dit hëmaphéiçrue est lui-même, contrairement à l'opinion de Gubler, lié à des lésions hépatiques, loc. cit.
qu'ils existent, ils ne viennent pas au-devant de l'observateur, le malade n'en parle généralement pas spontanément.
Je vous ai déjà cité le fait relatif à un professeur de collège auprès duquel je fus appelé en consultation pour un rhumatisme ayant nécessité l'usage du bistouri, afin d'évacuer une collection purulente située à la face supérieure du pied, après quoi les mouvements de l'articulation tibiotarsienne étaient restés assez limités.
Outre que la suppuration me faisait douter de la nature rhumatismale des phénomènes antérieurement observés, j'interrogeai attentivement le malade au point de vue de ses antécédents personnels.
Il m'apprit que, ayant séjourné plusieurs années en Afrique, il y avait contracté les fièvres intermittentes.
Gela ne me suffisait pas encore, lorsqu'il ajouta que, toujours en Afrique, il avait eu deux ou trois furoncles sur l'abdomen.
Mon attention fut dès lors attirée du côté des urines ; le malade prétendait uriner comme d'habitude.
Poussé dans cette voie, il avoua pourtant qu'il urinait plusieurs fois par nuit, et qu'il avalait chaque nuit (ce qu'il considérait comme le résultat d'une habitude) une pleine carafe d'eau.
Le jour de ma visite, la carafe était là, vide, sur sa table de nuit, attestant son dire.
Il ne m'en fallut pas davantage pour soupçonner l'existence, chez ce malade, du diabète sucré, forme grasse, ce que nous révéla le même jour l'examen des urines.
Tout s'expliquait alors, et les furoncles antérieurs, et la polydipsie habituelle entraînant à sa suite une polyurie dont le malade, fort intelligent d'ailleurs, se rendait compte, sans l'accuser toutefois spontanément, et la manifestation phlegmoneuse, mais nullement rhumatismale, survenue dans le voisinage de l'articulation tibio-tarsienne gauche, qui avait laissé à sa suite une induration du tissu cellulaire sous-cutané, de la raideur de certains tendons des muscles