HYPERTROPHIE DE LA HATE . — ATROPHIE SPLÉNIQUE
On pourrait peut-être, de çetjfl f^çon, s'expliquer la pathogénie de certaines leucocythemies à la fois spléniques ut ganglionnaires, ou simplement l'une ou l'autre, dontl'étiologie et la thérapeutique sont encore des plus obscures.
Nous savons l'importance qu'on a, de tout temps, attachée à l'engorgement ganglionnaire cervical et chronique pour arriver au diagnostic rétrospectif de la syphilis.
Pourquoi n'en serait-il pas ainsi de l'engorgement ganglionnaire général, principalement axillaire, crural, olé-
la syphilis acquise pouvait seule être invoquée comme cause pathogénique de tous les accidents, rend plausibles, sinon de tous points justifiés, l'étiologie que nous invoquons, les liens de cause à effet qui nous paraissent unir cette maladie à l'hypertrophie ganglionnaire et splénique, parfois isolées, souvent réunies chez un même malade, et à la leucocythémie.
Celle-ci deviendrait donc, ainsi que l'engorgement glandulaire, profond ou périphérique, splénique ou ganglionnaire, un symptôme de syphilis, et cet état pathologique une forme chronique et viscérale de la maladie.
C'est à l'avenir et à l'observation clinique ultérieure de nous démontrer le bien ou le mal-fondé de cet aperçu étiologique général et la mesure d'après laquelle il peut être appliqué à chaque cas particulier.
La distinction que nous avons précédemment établie entre la simple hypermégalie de la rate et l'hypertrophie splénique véritable nous fait comprendre et nous explique comment l'augmentation de volume de l'organe a été vue dans certains cas avec, dans d'autres sans leucocythémie.
On peut même concevoir celle-ci existant sans altéra tion splénique et par lésion purement ganglionnaire.
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Si la raie est souvent augmentée de volume; elle peut être aussi quelquefois atrophiée.
Cela s'observe surtout à la suite d'inflammations péritonéales de voisinage ef, mieux encore, par le fait d'une inflammation chronique de la séreuse abdominale, plus spécialement limitée au feuillet qui recouvre cet organe (périsplénite).
Mais la sclérose peut envahir le tissu splénique comme celui de la plupart des organes, et l'atrophie reconnaître pour cause le développement de ce processus, ou celui de bien d'autres encore (kystes, abcès vidant leur contenu à travers l'intestin, la paroi abdominale, etc.).
De même que nous avons vu, par le fait d'une véritable sélection organique, certaines causes morbigènes exercer de préférence leur influence pathogénique sur le système lymphatique en général et la rate en particulier, de même nous verrons certains moyens thérapeutiques posséder des propriétés en quelque sorte spéciales vis-à-vis de tel ou tel tissu, être de véritables spécifiques cVoryanes, comme les appelle M. le professeur Combat', conformément d'ailleurs à l'expression employée avant lui par Jaunies2.
La quinine semble jouir à l'égard de la rate d'une propriété semblable.
Quelle que soit, en effet, la lésion dont elle est atteinte ; qu'il s'agisse d'une simple hypermégalie mécanique, comme dans les lésions de la veine porte, du foie, des poumons ou du cœur; qu'il s'agisse d'une hypertrophie véritable et de cause locale ou générale, il n'en est pas moins évident, non seulement que la quinine est indiquée, mais que, dans la majorité des cas, on voit, sous son influence, l'hypermégalie splénique diminuer ou disparaître.
Comment expliquer cette action ? Est-ce en vertu de la contractilité plus grande et plus énergique de ses fibres
1 M. Combal, mort le 5 mars 1888.
- Jaumes; Pathologie et Thérapeutique générales. Montpellier, 1869.
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lisses, contraction accrue sous l'influence de la quinine ? Est-ce par suite de l'influence antizymasique de ce moyen V Je n'oserais l'affirmer.
Peut- être les deux actions combinent-elles leurs efforts et la splénomègalie s'efface-t-elle de plus en plus, à la faveur de ces deux influences réunies ?
C'est grâce à ce moyen que, dans un cas de splénalgie, avec hypermégalie, consécutive à une fièvre typhoïde, chez un malade qui avait eu antérieurement des fièvres intermittentes (V. plus haut), j'ai été assez heureux pour voir disparaître à la fois la douleur et le volume exagéré de l'organe.
Je ne dois pas oublier que, dans les fièvres intermittentes, par exemple, quand le sulfate de quinine ne parait pas jouir de son efficacité habituelle, il est un succédané précieux auquel il est bon de recourir, qui rend souvent les services qu'on a inutilement demandés au sulfate de quinine, et qui pour agir si énergiquement doit avoir des propriétés sinon égales ou identiques, du moins analogues à celles du moyen précédent.
Je veux parler de l'acide arsénieux, administré sous forme de liqueur de Boudin au 1000e et que l'on conseille de donner dès le début ou d'emblée à la dose excessive de 3 centigr. (Boudin).
J'ai vu, dans un cas, un de mes Maîtres ne pas hésiter à administrer ce médicament à cette dose.
Non seulement la fièvre ne fut en aucune façon enrayée, mais môme survinrent des accidents d'intoxication véritable (vomissements, diarrhée, réfrigération) que nous eûmes toutes les peines du monde à faire disparaître.
Contre l'hypertrophie vraie, si elle paraît liée, comme étiologie, à la syphilis, le traitement antisyphilitique (mercure, iodure de potassium), le plus souvent mixte, sera indiqué.
On devra se rappeler toutefois que, de toutes les pré-
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parations mercurielles, colle qui donne lieu le moins souvent à la salivation est la liqueur de Van Swieten (bichlorure de mercure au 1000°), dont on donne une cuillerée à café matin et soir dans une tasse de lait sucré, tandis que toutes les autres la font naître plus ou moins rapidement.
Si cette étiologie est écartée, les résolutifs, et parmi eux l'iodure de potassium, mais aussi le chlorure d'or et de sodium (méthode de Gombal 5 centigr. en 12 pilules d'abord, puis 1 1 , 10, 9, 8, etc.), seront parfaitement indiqués.
Je ne vous citerai que pour mémoire les injections d'arsenic dans la leucémie splénique, récemment conseillées par M. le Dr Mosler 1 et sur lesquelles, je n'ai point d'expérience personnelle .
Je vous ferai remarquer toutefois qu'on ne doit jamais perdre de vue les états pathologiques fondamentaux au cours desquels on voit survenir les accidents spléniques dont je vous ai parlé.
C'est ainsi que, malgré son utilité incontestable dans la plupart de ces cas, le sulfate de quinine, dans la fièvre typhoïde en particulier, ne devra pas être administré systématiquement et sans modération, en raison des morts subites qu'il peut alors facilement provoquer0.
1 Mosler; Deutsche med. Woehensch., 1886.
2 On a aussi conseillé tout récemment des injectioyis parenchy metteuses de sulfate de quinine dans les tumeurs spléniaues par malaria. V. Bull, de Thérapeittique, 1887.
:' Baumel ; Montpellier médical, 1883; Maladies de l'Appareil digestif, 1888. — Bouchard; Auto-intoxications, 1887.