ASIALIE. — HATE ET SALIVE
h cet organe, et sur laquelle nous devons empiéter légèrement aujourd'hui.
L'anatomie et la physiologie ne nous affirment pas qu'il existe entre la rate et l'appareil digestif d'autres relations plus étroites que celles qui les unissent par l'intermédiaire de l'appareil circulatoire général.
Nous ne connaissons pas, en effet, d'autre vaisseau afférent pour la rate que l'artère splénique née du tronc cœliaque.
Gomme vaisseaux efférents du même organe, nous voyons la veine splénique qui va contribuer à la formation de la veine porte, et les lymphatiques qui vont se jeter clans les ganglions situés le long du bord supérieur du pancréas. (V. Première Leçon.)
Les lymphatiques afférents, autrefois décrits à la face interne de cet organe, ne sont plus admis de nos jours et leur existence est déclarée fausse (Cruveilhier) , à moins qu'on ne considère comme tels la tunique adventice très développée des vaisseaux spléniques.
L'histologie, malgré ses hésitations encore persistantes, a essayé , par la voix si autorisé de Frey, de faire de la rate un ganglion lymphatique. Cette opinion est aussi celle de Stiéda, de Mtiller.
Luschka et Billroth, au contraire, rapprochent la rate du tissu caverneux, tandis que Schulze et Kyber, fusionnant les deux opinions précédentes, considèrent la rate comme constituée par deux appareils, Vun sanguin, Vautre hjmphatique1 .
Ces simples notions seraient déjà suffisantes, à elles seules, pour nous conduire directement à la relation dont je désire vous démontrer l'existence et que la clinique rend tous les jours encore de plus en plus évidente.
1 Beaunis et Bouchard ; Anatomie descriptive, 3° édit., pag. 873 et 874. Paris, 1880.
Pour ne citer qu'un exemple pris en dehors de celui que j'avais choisi tout à l'heure, je vous signalerai seulement la leucocythémie, dont M. le professeur Virchow a depuis longtemps décrit deux formes : l'une ganglionnaire, l'autre splénique, correspondant chacune à la localisation plus spéciale et pour ainsi dire exclusive, disons mieux, prédominante, des altérations sur l'appareil ganglionnaire lui-même ou au contraire sur la rate, altérations quel'on rencontre quelquefois isolées, le plus souvent réunies chez un même sujet.
Étant données les relations physiologiques et pathologiques qui unissent l'appareil lymphatique à la rate, nous comprendrons sans peine, sans rien préjuger d'ailleurs sur la nature des fonctions normales ou pathologiques de cet organe, que celui-ci participe aux altérations qui portent plus particulièrement sur l'appareil lymphatique et qu'il soit le siège d'un processus morbide particulier (sinon identique à celui qui existe du côté des lymphatiques abdominaux et intestinaux) dans la fièvre typhoïde.
Nous avons besoin ici, pour que notre démonstration soit complète, d'invoquer une loi de pathologie générale d'après laquelle les tissus analogues sont plus particulièrement intéressés dans certains états morbides spéciaux. Telles sont les séreuses, par exemple, dans le rhumatisme.
Cette loi de pathologie générale n'est très probablement elle-même que la conséquence de cette loi, aussi générale, de physiologie, d'après laquelle chaque tissu opère en présence du liquide sanguin une véritable sélection ayant pour effet de lui emprunter les éléments les plus propres à sa nutrition.
A cette sélection physiologique en correspond une que nous pouvons qualifier de pathologique, et qui rend suffisamment compte de la prédilection plus marquée de tel ou tel tissu, de tel ou tel organe pour la maladie, ainsi que pour les altérations auxquelles elle donne lieu.
Je vous en ai dit assez, je crois, pour le moment, au