III. — Contre-indications
a). Voici une jeune femme de vingt-huit ans qui, ayant beaucoup maigri, présente une lésion assezavancée du sommet droit (matité presque absolue dans la fosse sus-épineuse, respiration soufflante dans la même région, craquements humides). Elle a eu quelques hémoptysies peu abondantes. Mais, depuis six semaines qu’elle est à l’hôpital, la fièvre n’a pas cessé ; elle est subcontinue, avec exacerbations vespérales oscillant entre 38°, 4 à 38°, (> le matin, et 39°, 5 et même 40° le soir.
Enverrez-vous cette femme aux eaux minérales, et où l'enverrez-vous? Je réponds : Nulle part.
Conclusion: la fièvre, surtout la fièvre subcontinue, est toujours ou presque toujours une contre-indication formelle.
A ce sujet, il faut se rappeler que la fièvre des tuberculeux reconnaît des origines différentes. Au début, elle peut être continue, si la poussée granuleuse est abondante, et il s’agit alors d’une véritable fièvre de tuberculisation on A' infection. Dans ce cas, toutes les eaux minérales sont contre-indiquées. 11 en est de même de la fièvre &' inflammation, quoique dans les cas où la fièvre est très légère (38°, 2 à 38°, 4) et survient seulement le soir, on puisse encore tenter une cure hydrominérale très atténuée. A une période plus avancée, il s’agit d’une fièvre de résorption. Si l’état général n'est pas mauvais, il n’y a pas de contre-indication absolue aux eaux minérales, même aux eaux sulfureuses d’Eaux- Bonnes.
Il est inutile d’expliquer pourquoi les eaux minérales sont contre-indiquées dans tous les casdegranulose aiguë, primitive ou secondaire, où la fièvre est ordinairement élevée et continue.