INDICATIONS ABSOLUES
pulmonaire est également une contre-indication à l’emploi des eaux de La Bourboule.
C’est dans ces cas qu’il faut avoir recours aux eaux du Mont-Dore, en vertu de leurs propriétés sédatives, antifébriles et anticongestives. On ne peut leur faire qu’un seul reproche peut-être une altitude trop élevée.
2° Phtisies torpides. — Le type le plus important est réalisé par la pli t isie appelée autrefois scrofuleuse. Elle est caractérisée par le défaut de rapport entre la gravité de l’état local et l’apparente bénignité de l’état général, par l'absence île fièvre ou par sa faible intensité, par l'atténuation des troubles fonctionnels, la rareté des poussées congestives et des hémoptysies. C'est ainsi que des malades peuvent présenter de grosses excavations pulmonaires avec peu d’amaigrissement, et l’intensité ou l’étendue des lésions ne sont pas des contre-indications. D'autre part, il ne faudrait pas croire qu’une phtisie éréthique ne puisse présenter à certains moments des phénomènes de torpidité, de même que certaines phtisies torpides peuvent être caractérisées, à d’autres moments, par des accidents fluxionnaires et inflammatoires. Par conséquent, l’indication ou la contre-indication des eaux minérales ne s’adresse pas seulement à une forme torpide, mais à toutes les périodes de la maladie caractérisées par l'absence ou l’atténuation des phénomènes réactionnels.
Quelle est alors l'indication à remplir dans ces cas? Il s agit d'activer la nutrition, de restaurer les forces, de substituer une congestion de bonne nature à des congestions ou à des inflammations promptes à se caséifier, de favoriser la résolution de masses pneumoniques ou d’engorgements pulmonaires lents à disparaître. Ces conditions sont réalisées par les eaux de La Bourboule , qui agissent à la fois par leur altitude (850 mètres), par leur thermalité (52° à 59°) et surtout par leur composition chimique. Elles ont une minéralisation analogue à celle du plasma sanguin, ce qui a fait dire à Guider qu’elles forment pour ainsi dire de véritables lymphes miné-
TUBERCULOSE ET CURES HYDRO-MINÉRALES
raies du sang. En effet, la somme des éléments minéraux du plasma sanguin étant de 6 à 9 grammes pour 1 000, celle des mêmes éléments pour La Bourboule est de 0,80 à 6,97; la proportion du chlorure de sodium dans ces eaux est de 3Sr,02 à 3«r,34, et dans le plasma sanguin de 3 à 4 grammes pour 1 000: De plus, il y a de l’arsenic à dose véritablement médicamenteuse (0,014 à 0,02 par litre, d'après Gueneau de Mussy, et au moins 0,007 milligrammes d’après d'autres auteurs, c'est-àdire quinze fois ou au moins huit fois plus d'arsenic que dans celles du Mont-Dore). Elles contiennent encore du bicarbonate de soude en notable quantité (2sr,27 par litre), ce qui assure leur digestibilité. Elles n’agissent donc pas seulement par l’arsenic qu’elles contiennent, mais aussi par le chlorure de sodium, mais encore par le bicarbonate de soude, par leur thermalité et par leur altitude. Elles agissent, comme l’a si bien dit Choussy, à titre d’aliment minéral, d’après la définition même d'un aliment : toute substance apte à réparer les pertes de l’organisme. Ces eaux, à la fois arsenicales fortes, chlorurées sodiques et bicarbonatées, sont éminemment reconstituantes, excitantes et congestives; elles conviennent dans les cas suivants :
1° Tuberculoses torpides, scrofuleuses, à n'importe quel degré, à la condition qu’elles soient peu ou pas fébriles et qu’elles ne fassent pas de poussées congestives. C’est pour cette raison que les hémoptysies sont une contre-indication formelle à leur emploi, surtout quand elles sont répétées, abondantes ou fébriles. — Les phtisies diabétiques, qui ont souvent un caractère torpide, seront aussi favorablement influencées par ces eaux, en raison de leur action exercée sur le diabète, comme il a été démontré (1).
2° Ces eaux conviennent également dans tous les cas de fausse chlorose, où la nutrition est languissante etoù lemalade, s il n’est pas un tuberculeux en puissance, est au moins un candidat a la tuberculose ; dans le rhumatisme chronique, dans toutes les manifestations scrofuleuses, les adénites
(D 9. IIuchard, Journal des praticiens, 1890.
INDICATIONS ARSOLUES.
chroniques, les engorgements ganglionnaires, les adénopathies bronchiques, qui sont le plus souvent des manifestations prémonitoires ou précoces de la tuberculose pulmonaire, dans celles qui suivent la coqueluche, dans l’asthme, dans l'emphysème, dans les bronchites chroniques et parfois dans la dilatation des bronches. En un mot, l'ancienne scrofule et le lymphatisme, toutes les phlegmasies torpides avec tendance à la chronicité, sont favorablement influencées par La Bourboule, et je ne partage pas l’opinion de Jules Simon qui paraît réclamer une partie de ces affections pour la cure Montdorienrie. Je vous ai dit que cette dernière répond à des indications absolument différentes.
On ne comprend pas pourquoi Rotureau, après avoir dit avec juste raison (pie les eaux de La Bourboule sont contreindiquées dans les maladies trop rapprochées de l’état aigu, dans les affections organiques du cœur et des gros vaisseaux, et dans la disposition aux congestions actives, a pu ajouter qu elles sont encore contre-indiquées « dans la phtisie pulmonaire, quelle que soit sa période ». Telle n'est pas l’opinion de N. Gueneaude Mussy, qui s’exprime ainsi : « J’ai vu bien des fois, sous l’influence des eaux de La Bourboule, la marche de la tuberculose enrayée ou ralentie, les adénopathies bronchiques se résoudre... Elles conviennent encore dans les cas où, à la maladie pulmonaire, s’ajoute une complication anémique, car elles deviennent alors un desmeilleurs stimulant s de l'hématopoïèse ».
Mais il y a un élément qui lui échappe, comme aux eaux arsenicales du Mont-Dore, comme à toutes les eaux chlorurées sodiques, c’est l’élément catarrhal. Lorsqu’il prédomine dans les tuberculoses torpides à forme scrofuleuse, on peut avoir recours aux eaux d 'Uriaqe dont la composition tient à la fois des eaux sulfureuses et chlorurées sodiques; aux Eaux-lionnes , dont l'efficacité n'est pas à démontrer.
En résumé, il existe quatre sortes d’eaux minérales pour a tuberculose pulmonaire :
TUBERCULOSE ET CURES HYDRO-MINÉRALES
1° Les eaux arsenicales , comme celles du Mont-Dore, qui sont sédatives, antifébriles, anticongestives et qui « possèdent vis-à-vis de 1 éréthisme pulmonaire une action véritablement hyposthénisante » (Durand-Fardel).
-° Les eaux chlorurées sodiques , arsenicales et bicarbo-
natées, représentées par les eaux de LaBourbouIe, qui agissent suri étal général qu elles restaurent en partie par leur altitude • t lem composition chimique, sur l’état local par l’arsenic qui décongestionne et par le chlorure de sodium qui, à faible dose, produit une influence substitutive des plus salutaire sur les congestions ou inflammations pérituberculeuses.
d" Les eaux sulfureuses fortes ou faibles (Cauterets, Eaux- Bonnes, Ludion, Saint-Honoré, Allevard, Challes, Uriage, Engluen, Amélie-Ies-Bains), qui agissent surtout sur l’élément catarrhal en même temps que sur les phlegmasies pulmonaires pérituberculeuses à lente résolution.
4° En s aPPuyftnt sur les expériences de A. Robin et sur les
siennes, Maurice Binet pense qu’une quatrième classe d'eaux devrait elle utilisée : les eaux azotées , puisque chez les tuberculeux, 1 azote est un sédatif remarquable du chimisme respira
to,re (*)• A ce P°in* de vue, les Eaux-Bonnes, Cauterets’ Allevard, Panticosa, Saint-Honoré peuvent être employés.
Vous voyez que nous n’avons pas besoin d’être les tributaires de 1 etranger à ce point de vue, et que nos eaux sont bien supérieures en action à toutes celles que l’on vous oppose • aux eaux d’Ems, de Soden, de Gurnigel, de Kreuznach, de Aaulieim, d Iscld, de Lippspringe (en Westphalie) et à bien d autres encore qui auraient dù rester dans l’oubli dont on a c lerche aies tirer. On a voulu même réhabiliter les eaux sulfureuses de Panticosa (en Espagne), situées à2000 mètres d’alti-
\Ude f t”1 °n " PU dire <,U’el,es ne *>"* Pa* contre-indiquées ans les Hémoptysies, tant l’amour du nouveau et de l’inconce-
'a ) 6 hante certains esP1**ts ! Or, ces eaux sulfatées sodiques,
(1) M. Binet, Les phtisiques aux eaux minérales. Nevers, lülo.