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DEUX MOTS D’HISTORIQUE

trouble chimique, et Galien a décrit la « bradypepsie » et 1' « apepsie ». Beaucoup plus tard, l'inflammation de l'estomac a été décrite par Boerhaave, F. Hoffmann, Van Swieten ; puis Morgagni fait mention de quelques lésions stomacales sans faire allusion aux troubles fonctionnels de l'estomac.

A l’époque de la Renaissance, un inconnu, Benedetti, avait déjà dit : morborum fere omnium causa est stomachi in/irmitas. Vous avez aussi entendu parler de Van llelmont et de sa fiction de l’archée qui gouvernait le duumvirat de la digestion, de la rate et de l’estomac, et qui, suivant ses différents degrés de colère et d’irritation, envoyait toutes sortes de maladies dans les différents points du corps humain ! Si l'on quitte cette phase un peu mystique de la médecine, on voit, toujours, à travers tous les temps, les affections de l'estomac jouer un grand rôle au point de vue doctrinal, avec Y inappétence de Baglivi, la gastrite de Broussais, la gastralgie de Barras, la dyspepsie de Beau, les dyspepsies chimiques et la dilatation de l'estomac des auteurs modernes.

Tous les éléments anatomiques de cet organe ont été accusés : ses nerfs et ceux du plexus solaire, sa muqueuse et ses glandes, son enveloppe musculaire et sa contractilité, et l’on a tour à tour, avec des noms nouveaux et d’anciennes idées, incriminé la souffrance de ses nerfs, la congeslion ou l’inflammation de sa muqueuse, l'atonie de son muscle, la chimie de ses sécrétions. Il ne reste plus que l’atrophie et l’anémie gastriques, qui attendent encore leur défenseur ou le réformateur de l’avenir !

De tous les auteurs, c'est Beau qui, par ses exagérations, mérite le plus d’être cité, et on voit avec un véritable effroi les maladies, presque innombrables, qu'il place sous la dépendance de sa dyspepsie, depuis les maladies de la peau et le rhumatisme noueux, jusqu’au tubercule, au cancer, à la scrofule. Broussais avait aussi regardé sa gastrite comme étant le point de départ d’un grand nombre de maladies. Ces exagérations ont été telles qu'on a pensé alors qu'elles ne seraient jamais égalées ! Erreur! elles furent encore surpassées au sujet

DYSPEPSIE ET DYSPEPTIQUES

de la dilatation gastrique, comme si la grandeur de l’estomac devait l'aire la grandeur du médecin.

Tout autre fut la conception de la dyspepsie de Cullen restaurée par Chomel. Dans le traitement des maladies de l'estomac, Cullen insiste sur la dyspepsie par acidité du suc gastrique, et il indique la médication parles infusions de camomille, par les alcalins, les poudres absorbantes, par une alimentation spéciale. « La stase alimentaire, comme origine de la dyspepsie lermentative, est accusée en termes précis; cette stase est la conséquence de la digestion difficile des aliments absorbés, de la faiblesse des parois qui empêchent l’estomac de pousser les aliments jusqu’au duodénum, d’un obstacle au passage du pylore. » Cullen a ainsi protesté en quelque sorte contre la classification symptomatique de Sauvages, qui avait opéré un véritable démembrement des dyspepsies, dont il reconnaissait autant d’espèces (pie de symptômes.

Au point de vue des indications thérapeutiques, la classification de Chomel n’est pas aussi mauvaise qu’on l’a dit, puisque, sous un autre nom, on a fait renaître sa « dyspepsie des liquides ». Pour cette dernière, il a le mérite incontestable d’avoir donné le premier une description fidèle et définitive du clapotement stomacal , et d'avoir posé les bases du régime sec dans le traitement de quelques affections de l’estomac. Ce régime, dont j’ai essayé de tracer les règles principales d’après sa méthode, produit parfois de remarquables résultats (1). Encore, faut-il faire une distinction, et ne doit-on pas oublier que cette dyspepsie des liquides avec atonie du muscle gastrique peut être cause ou effet ;que, dans le premier cas, l’emploi méthodique de cette médication amène des succès rapides, et que, dans le second cas, cette dyspepsie succédant aux fièvres adynamiques, comme la fièvre typhoïde, à la neurasthénie, à certaines faiblesses constitutionnelles ou acquises, il importe davantage pour la thérapeutique de s’adresser à l’organisme malade ou débile qu’à l’estomac lui-même.

(1) H. Huchakd, Bull. gén. de thérap., 30 août 1884. — Voyez aussi le Traité des dyspepsies de Chomel, Paris, 1857, p. 99, 107, 170, 187, 277, 282.

VARIÉTÉS DES DYSPEPSIES

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Brinton est dans le vrai lorsqu'il dit que le diagnostic de la dyspepsie se fait le plus souvent par exclusion, et que son domaine diminuera par la découverte de diverses lésions correspondant aux troubles digestifs. Puis Levcn père se fait le défenseur des théories de Broussais en admettant que la dyspepsie passagère ou chronique est toujours due à un état congestif passager ou persistant de la muqueuse gastrique ; opinion partagée ensuite par llayem, pour lequel toute modification du chimisme gastrique est le résultat d’un état anatomique de la muqueuse stomacale.

Dans ces derniers temps, A. Robin a enfin réussi, avec ses remarquables études sur l’hypersthénie et l'hy posthénie gastriques, sur les fermentations stomacales, à jeter une grande lumière sur ces maladies.

De mon côté, je vais de mon mieux tâcher de mettre un peu d’ordre dans cette question en passant rapidement en revue les diverses variétés de dyspepsies.

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