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RÉGIME ALIMENTAIRE

Aliments permis : Viandes rôties ou bouillies de facile digestion, viandes faites, sans graisse ni sauce et en quantité modérée. La viande de bœuf ou de mouton est préférable à celles de veau et d’agneau. — Poissons maigres bouillis : merlan, sole, limande, turbot. — Œufs à la coque ou brouillés. — Féculents légers, pommes de terre, navets, carottes, lentilles et haricots en purée. Donner la préférence aux légumes verts : chicorée, épinards, laitues, endives bien cuites à l'eau avec peu ou pas de beurre. — Fruits à volonté, sauf les fruits acides ou trop sucrés ; les prendre cuits de préférence; raisins. — Laitage sous toutes ses formes, mais frais. — Pain grillé ou biscottes en petite quantité.

Boissons permises : Eau pure, vin blanc léger coupé d’une eau peu minéralisée (Alet ou Évian), ou encore eaux très légèrement alcalines : Vais (Saint-Jean et Pauline), Couzan, Andabre. 11 faut éviter les eaux bicarbonatées appartenant au groupe calcique (Saint-Galmier, Chateldon, Condillac, Sainl- Alban, Renaison). Willem in recommandait autrefois l’usage de l’eau de Pont-de-Neyrac (Ardèche), qui renferme Ur,34 de bicarbonate de soude et de potasse, 0§r,49 de bicarbonate de magnésie, 1er, 30 d'acide carbonique libre par litre d’eau. La bière peut être permise, à la condition d’être légère ou d’être coupée de moitié d’eau.

Aliments dé fendus : Féculents lourds, haricots, lentilles, à moins qu’ils soient en purée ; aliments gras épicés et salés, porc frais ou salé, sauces, épices, crudités, condiments acides, sucreries et pâtisseries en excès; viandes conservées, poissons fumés, gibier faisandé, charcuterie, boudin ; poissons gras, saumon, truite, anguille, maquereau, hareng, fritures ; crustacés, coquillages ; hors-d’œuvre, tomates, oseille, olives, vinaigre, fromages faits, noix. On a défendu avec exagération les cervelles et les œufs, parce qu’ils sont riches en cholestérine, et les petits pois parce qu’ils contiennent de la cholestérine végétale.

Le beurre est défendu sous forme de roux ou de friture, parce que la cuisson des graisses développe des acides gras Huchard. — Consultations médicales, t. III- 26

TRAITEMENT DE LA LITHIASE BILIAIRE

qui les rendent plus indigestes ; mais il peut être permis sous forme de beurre cru ou fondu à la chaleur des légumes.

Pas de boissons alcooliques sucrées et trop gazeuses. Pas de champagne, de liqueurs, d’apéritifs, de bières fortes, de cidre, de vin pur. Le café est permis à dose modérée.

5° Hygiène générale.

L’hygiène est aussi une partie importante du traitement. On sait combien sont exposées à la lithiase les personnes sédentaires. Il sera donc utile de recommander autant que possible la vie en plein air, les exercices physiques, la marche, l’équitation, la bicyclette, l’amplitude des mouvements respiratoires. Si le malade est obligé de mener une vie trop sédentaire, les frictions, les massages, les douches rendent de grands services. De temps en temps, bain alcalin.

Le corset et lesceintures serrées doivent être bannis, surtout chez les femmes enceintes, qui sont particulièrement prédisposées à la lithiase hépatique et chez lesquelles il faut éviter toute cause occasionnelle pouvant réveiller le mal.

Enfin il est nécessaire de veillera la régularité des fonctions intestinales. En cas de constipation, faire usage de lavements froids qui ont encore pour résultat d’exciter la contractilité des voies biliaires ; prendre de la rhubarbe, de la poudre de réglisse composée, du podophyllin, de l’évonymin, du sel de Seignette, de la magnésie. Les pilules suivantes sont à recommander :

Extrait de rhubarbe.

— de jusquiame

Podophyllin

Savon médicinal....

I gramme.

Sa 30 centigrammes.

Pour 10 pilules. De temps en temps une pilule le matin ou le soir.

On peut encore ordonner des laxatifs ayant la propriété d’activer la sécrétion biliaire, par exemple des pilules avec 5 centigrammes d’aloès et 2 centigrammes de gomme-gutte : avec 15 centigrammes d’extrait de rhubarbe et 1 centigramme

CURE HYDROMINÉRALE.

d’iridine. Les laxatifs suivants sont indiqués comme cholagogues à la dose de 5 à 10 centigrammes : évonymin, iridin, juglandin, baptisin, leptandrin, sanguinarin.

D'après Lauder-Brunton, le sublimé et le calomel produisent une action différente : augmentation de sécrétion hépatique due au bichlorure de mercure, accentuation des mouvements péristaltiques du duodénum dus au protochlorure. Pour obtenir le maximum d'élimination biliaire, on peut alors prescrire une petite dose de sublimé qui excite le foie, de calomel qui stimule les contractions du duodénum et des voies biliaires, enfin un purgatif salin destiné à balayer le contenu intestinal.

Il recommande encore de faire boire en assez grande quantité de l'eau chaude le matin et le soir dans l’intervalle des repas pour prévenir la formation des calculs biliaires, et ce simple moyen contribuerait, d’après lui, à rendre la bile plus fluide (1).

Il est utile de rappeler que les lavements répétés et abondants, chauds ou froids, augmentent notablement la sécrétion et l’excrétion biliaires.

0° CliRE HYDROMINÉRALE.

Parmi les eaux minérales, il faut placer Vichy en première ligne. Inutile de s’attarder à énumérer les mérites respectifs de Vichy et Carlsbad. Je dis simplement que la supériorité de Vichy sur toutes les eaux plus ou moins similaires de l’étranger pour le traitement de la lithiase et des maladies du foie est indiscutable, et que, d'autre part, on a un grand tort d'imposer à de malheureux lithiasiques des voyages lointains et fatigants. Que de fois j’en ai vu revenir de Carlsbad, aggravés non par la cure hydrominérale, mais par de longs parcours en chemin de fer ! Nous avons une admirable station chez nous, à nos portes ; c'est là qu’il faut aller, non ailleurs.

(1) Laudek-Brunton, Pliarmacology, therapeutic and niateria mcdica. London, 1893. Leçons sur l’action des médicaments, 1901.

TRAITEMENT DE LA LITHIASE BILIAIRE

a) Cure hydrominérale de Vichy. — Toutes les sources de Vichy ont sensiblement la même composition : environ Sgrammesdebicarbonate desoude, 1 gr,50d’autresbiçarbonates (chaux, potasse et magnésie) et de faibles quantités d'autres sels (sulfates et chlorures). C'est donc le bicarbonate de soude qui joue le principal rôle. Nous ne discuterons pas longtemps sur ses vertus, parce que nous arriverions à ne plus nous entendre : les uns admettant, depuis Cl. Bernard, que le bicarbonate de soude est un excitant delà sécrétion gastrique à faible dose, un dépresseurà hautes doses ; les autres, qu’il est excitant poulies hypochlorhydriques, et dépresseur pour les hyperchlorhydriques, donc toujours utile ; d’autres, avec Hayem, qu'il est excitant chez les hyperchlorhydriques et dépresseur chez les hypochlorhydriques, donc nuisible; enfin les derniers, avec Rejchmann, qu’il est sans action et n'agit que comme l'eau dans laquelle il est dissous, donc inutile. Pour Mialhe, les alcalins sont des agents puissants d’oxydation; ils augmentent l’urée, l’acide carbonique, ils activent la circulation. Erreur, déclare Rabuteau ; les alcalins diminuent l’urée, abaissent la température, ralentissent la circulation ; le sang perd une partie de ses globules rouges, de sa fibrine, devient plus aqueux, et l’organisme est entraîné vers l'anémie. Nullement, proteste Zénon Pupier ; la médication alcaline produit l’augmentation des globules rouges, tonifie les malades, élève leur poids et leur température (1).

Une parenthèse : Si les malheureux malades nous lisent, quelle confiance peuvent-ils avoir dans les décisions incertaines de la médecine ?

Heureusement, l'expérimentation va nous éclairer avec Linossier et G. -II. Lemoine, qui sont arrivés à une conclusion précise : le bicarbonate de soude est constamment et à toutes doses un excitant de la sécrétion gastrique. Leurs expériences leur ont permis encore de formuler une nouvelle loi :

(1) Linossier, La cure de Vichy dans les dyspepsies [Bull, de thérap., 1903). — Zénon Pupier, Action des eaux de Vichy sur la composition du sang. Paris, 1873.

CU U K 11 YUROMINÉRALU.

La sensibilité d' un estomac au bicarbonate de soude est en raison inverse de la richesse de sa sécrétion en acide chlorhydrique. Puis, pour faire comprendre les cll'ets de la cure alcaline, nous rappelons avec eux qu'il faut considérer au bicarbonate de soude deux actions : l’une chimique , qui s'exerce en saturant l'acidité ; l'autre physiologique , qui s’exerce en modifiant la fonction sécrétoire de la muqueuse. Une autre action de Vichy — éloignée celle-là — n’est plus locale, elle est générale et nutritive ; elle se produit en déterminant une modification profonde des fonctions de nutrition et des fonctions hépatiques, et c'est pour cela que la cure de Vichy convient à la plupart des maladies de la nutrition : uricémie, goutte, lit h iases, diabète, obésité. Ce n’est qu'apres deux ou trois mois que ces derniers effets, commencés d’abord pendant la cure hydrominérale, finissent de s'accomplir, et H. Sénac a démontré que la cure de Vichy agit en décongestionnant les organes, surtout le foie, en régularisant l'excrétion de la bile, en empêchant sa stagnation, en favorisant l'expulsion des calculs.

Ses effets immédiats sont : une amélioration rapide et considérable des fonctions digestives, une augmentation très marquée de l’appétit, une diminution de la congestion du foie et de la constipation, une tendance à la production de coliques hépatiques celles-ci pouvant se produire dès le deuxième septénaire de la cure, parfois quelques semaines ou quelques mois après cette dernière).

Il suffit parfois d'une seule cure hydrominérale pour obtenir une guérison définitive; le plus souvent cette cure doit être renouvelée pendant plusieurs années, et l’on a eu raison de dire qu’il « ne faut jamais désespérer d’un cas de lithiase biliaire, quelque intenses et rapprochées que soient les crises, quelque affaibli que soit le malade, pourvu qu’il n’y ait pas de complication grave ».

Parmi les contre-indications , il y a lieu de signaler toutes les maladies fébriles, la phtisie surtout a tendance congestive et hémoptoïque, les affections cérébro-médullaires plus

TRAITEMENT DE LA LITHIASE BILIAIRE

ou moins graves, les a (ïections cancéreuses, les maladies organiques du foie avec ou sans ascite, les maladies inflammatoires de la vésicule biliaire avec fièvre symptomatique d'une infection profonde. 11 faut se garder d'adresser à Vichy, indistinctement et d'une façon banale, tous les lithiasiques et tous les ictériques. La lithiase biliaire avec coliques hépatiques s’observe au cours d'un cancer du foie; ce sont là des malades auxquels on doit interdire la cure thermale. J’ai vu partir pour une station hydrominérale un homme atteint d’un ictère intense du à un cancer de la tète du pancréas avec crises de coliques pancréatiques ressemblant à celles des coliques biliaires; il a succombé peu de temps après en cours de traitement.

L’anémie n'est pas une contre-indication, bien au contraire. Tout ce que Trousseau a dit sur la « cachexie alcaline », sur l’influence anémiante des eaux bicarbonatées, est absolument faux, et l'alcalinophobie a vécu. Car il est démontré, depuis les expériences de Pupier et les observations de Lalaubie, que l’eau de Vichy administrée à dose modérée est un des éléments de la médication reconstituante. Quand l’anémie est liée à une affection curable de l’estomac ou du foie, elle est au contraire justiciable du traitement hydrominéral, et nous souscrivons en grande partie à cette opinion ainsi exprimée par J. Cyr : « Quelque déplorable (pie soit l’état des voies digestives, quelque ancienne que soit l’aflèction calculeuse, et quelque affaibli ou anémié que soit le malade, on peut l’envoyer tenter les chances de la cure, pourvu qu’il n’y ait ni ascite, ni complication grave de quelque organe important ».

La grossesse jusqu'au sixième mois ne constitue pas une contre-indication au traitement, comme je le démontrerai plus tard.

11 en est de même des maladies du cœur, surtout lorsqu'elles ne sont pas arrivées à la période d’hyposystolie ou d'asystolie avec congestions passives et œdèmes périphériques ; non pas que les alcalins puissent amener la

CURE IIVDROMINKRALE.

résol u lion des endocardites rhumatism;iles, comme le

croyait autrefois Nicolas père (1). C’est là une idée théorique sans aucune sanction pratique. Mais on connaît l'influence des troubles gastriques sur le cœur, à plus forte raison sur le cœur atteint dans sa libre contractile et dans son appareil valvulaire. Le rétrécissement mitral détermine souvent des troubles gastriques, qui à leur tour peuvent retentir sur le cœur au point de déterminer vers cet organe des accidents plus ou moins graves de décompensation. Plusieurs malades, atteints à la fois de lithiase biliaire et de sténose mitrale, que j'ai envoyés à Vichy dans ces conditions, ont été très améliorés au point de vue cardiaque, et cela d'une façon indirecte par suite des bons elléts produits par la cure hydrominérale sur l’estomac.

b) Autres cures iiydrominkhai.es. — En France, d’autres stations hydrominérales sont encore à recommander pour le traitement de la lithiase biliaire et des coliques hépatiques.

Lorsque la constipation est persistante, on a coutume de dire que Carlsbad est préférable à Vichy. C'est là une erreur, parce qu'il est toujours facile de remédier à cet inconvénient. En tout cas, lorsqu’il y a lieu de combattre cette constipation, lorsque les deux lithiases biliaire et urinaire se trouvent réunies chez le même sujet, la cure de Vittel est indiquée. En raison des sels que contient celte eau, de son action sur les reins, sur la circulation abdominale et sur le système de la veine porte, sur la composition même de la bile dont elle paraît augmenter la quantité et la fluidité, en raison de son action laxative et purgative franchement bilieuse, l’eau de Vittel peut rendre de grands services dans certains cas.

L’efficacité de Contrexéville est également démontrée.

Quant à la cure d 'Évian, je l'ai vue réussir dans des cas ou

(1) Nicolas, Aperçu clinique sur l’utilité des alcalins et surtout des eaux de Vichy contre certaines alfoctions organiques du cœur, 1851.

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TRAITEMENT DE LA LITHIASE BILIAIRE

d'autres eaux avaient été inefficaces, et c est ainsi que 1 une de ces malades a pu rendre en \ingt et un jours 105 calculs biliaires sans le secours d'aucun laxatif (1).

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