ERREURS DE DIAGNOSTIC
été méconnues, et, après son accouchement, des coli<|ues hépatiques franches que son médecin, s’appuyant avec une certaine raison sur leur violence et aussi sur leur survenance pendant les couches, avait prises à tort pour une péritonite.
.le partis donc très rassuré sur l'issue de la maladie, et lorsque je revis la patiente le lendemain matin, je la trouvai très calme, sans douleur et avec un symptôme nouveau, mais non inattendu, l’ictère.
Depuis cette époque, la malade, traitée pour sa lithiase biliaire, n’eut jamais d'autre attaque de coliques hépatiques; elle eut encore deux accouchements, qui tous deux furent suivis de métrorragies abondantes.
En 1881, une de mes malades était accouchée depuis dix jours environ, lorsque Tarnier, son accoucheur, me fi t appeler pour des accidents qu'elle éprouvait du côté de l'estomac; elle avait été prise depuis deux jours de vomissements avec sensation douloureuse surtout à l’épigastre, .le trouvai la langue blanche, saburrale, et je constatai une douleur à la pression dans l’hypocondre droit, une douleur dans la région correspondante en arrière, le tout simulant assez bien les trois points postérieur, latéral et antérieur d’une névralgie intercostale. Instruit par l’expérience, je pensai alors à l’existence d'une colique hépatique pseudogastralgique; mais, vu l’absence complète de la moindre suffusion subictérique, vu encore l’existence des trois points douloureux et aussi l'intensité peu accentuée des souffrances, je crus devoir réserver mon diagnostic jusqu’au lendemain.
On sait que les affections de l'estomac, un simple embarras gastrique donnent lieu assez souvent par action réflexe aux symptômes de la névralgie intercostale. Celle malade avait la langue blanche, étalée, de l’embarras gastrique, et de plus elle était anémique depuis longtemps déjà, ce qui était encore une cause prédisposante pour la production d une névralgie dorso-intercostale.
COLIQUES HÉPATIQUES DE LA GROSSESSE
Mais, les jours suivants, elle eut rie franches coliques hépatiques, quoique toujours sans ictère, coliques qui se répétèrent quinze fois dans l’espace de six semaines, qui se répétèrent encore à Vittel, où la malade a été traitée avec succès.
Dans ce cas, le diagnostic de coliques hépatiques avait été assez rapidement établi par Tarnier et par moi ; mais il avait pu être un instant douteux, el si les accès se fussent bornés à ceux des premiers jours, il est probable que la lit b iase biliaire eût été méconnue.
Cette observation est instructive; elle montre qu’après l’accouchement comme pendant la grossesse les coliques hépatiques pseudo- gastralgiques peuvent être prises pour de simples crises de gastralgie, pour un embarras gastrique avec névralgie intercostale.
Tarnier, qui, à cette époque, m’avait fait remarquer le silence des traités d’accouchements sur cette question, a observé également un certain nombre de coliques hépatiques ou néphrétiques pendant la grossesse ou après l’accouchement. Voici deux faits qu’il m’a contés :
Une femme était accouchée depuis quatre jours, quand soudain survinrent des douleurs abdominales très violentes avec vomissements. Le médecin ordinaire crut à une péritonite, diagnostic ensuite accepté par un accoucheur appelé en consultation. On institua un traitement énergique, et le lendemain tout axait disparu : plus de douleurs ni de vomissements, pouls normal. Quinze jours plus tard, les mêmes accidents se reproduisirent a\ ec fréquentes nausées et douleurs abdominales ayant leur maximum d'intensité au côté gauche de l’abdomen; on crut à une nouvelle attaque de péritonite, et l’on courut chercher l'accoucheur, puis Tarnier, qui, après examen attentif de la malade, reconnut l'existence de coliques néphrétiques.
Une autre fois, on vient chercher Tarnier pour une dame qu’il avait accouchée dix jours auparavant. Chemin faisant,