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CANCER DE LA TÈTE DU PANCRÉAS

cl de purgatifs au calomel, la prescription d'antiseptiques intestinaux, à haute close, et surtout le régime lacté absolu qui réalise au plus haut point l’asepsie intestinale, furent de nul effet. L'amaigrissement lit de rapides progrès, l’état ad) mimique du sujet augmenta tous les jours, il survint des douleurs très vives au niveau du creux épigastrique avec irradiations ombilicales et dorsales. En même temps, nous constations l’existence d'un empâtement profond, mal limité, siégeant un peu à droite de la ligne médiane, entre l’appendice xiphoïde et l’ombilic, et plus adroite encore, faisant corps avec le bord inférieur du foie, une tuméfaction lisse, un peu rénitente, piriforme, non douloureuse, que nous devions rattacher à la dilatation de la vésicule biliaire.

En présence de tous ces symptômes, et en nous appuyant surtout sur la gravité croissante de l’état général, sur l’amaigrissement rapide, sur la profonde anémie du malade, nous formulons d’abord le diagnostic de carcinome viscéral. Puis, après avoir éliminé le cancer du foie, de l’estomac, de l’intestin et des voies biliaires, j’émets l’opinion qu’il s’agit très probablement d'un carcinome de la tête du pancréas, en m’appuyant encore sur l’ictère très intense et progressif de coloration verdâtre.

Les jours suivants, la cachexie fait des progrès extrêmement rapides (ce qui tend à confirmer encore le diagnostic) ; les vomissements deviennent incessants, la température, qui ne s’est jamais élevée au-dessus de38°,l, s’abaisse jusqu’à 36°; l’alimentation est presque nulle, la soif intense, et le malade succombe rapidement dans le marasme.

L’autopsie, que je veux simplement résumer, confirme le second diagnostic porté pendant la vie : au niveau de la tête du pancréas, tumeur cancéreuse, grosse comme un œuf de poule, qui englobe complètement celte portion de l’organe. Mais cette masse cancéreuse fait corps avec le pylore, qui est envahi également parla production néoplasique, quoique son orifice ait non seulement conservé toute sa perméabilité, mais qu’il soit même élargi; c’est la raison pour laquelle il faut

CANCER DU PANCRÉAS

penser que le carcinome a envahi consécutivement la région pylori que après la tète du pancréas. Le canal cholédoque, perdu dans toute la masse cancéreuse, est complètement imperméable ; le canal de Wirsung est absolument oblitéré. Le foie est un peu augmenté de volume sans noyaux secondaires ; la vésicule biliaire est très dilatée, sans calculs dans son intérieur. Enfin, au cœur, la valvule tricuspide est normale ; l’orifice auriculo-ventriculaire gauche est très nettement insuffisant par suite de son élargissement et de la dilatation du ventricule.

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