V. — Urémie endogène
A la lin de la maladie, arrive l'urémie endogène , par autointoxication multiple, .le n’ai pas à parler de son traitement qui est bien connu.
On n'insiste pas assez sur la médication purgative intensive dont les bons effets sont physiologiquement établis par les expériences de Cl. Bernard et Barreswilt démontrant qu’après l’ablation des reins chez les animaux, l’élimination de l'urine s’effectue par l’estomac et par l’intestin. Il y a ainsi des vomissements et des diarrhées qu’il faut savoir respecter, et il est indiqué de prescrire, non pas des purgatifs salins qui sont souvent insuffisants, mais des drastiques (scammonée, eau-de-vie allemande, huile de croton). Il ne faut pas se contenter de prescrire une fois ces divers purgatifs, mais plusieurs jours de suite, à doses élevées, parce que « pour éliminer du sang les matières excrémcntiticlles qui y sont retenues, pour combattre avan-
(1) H. IIcchari), Guérison rapide des accès d'asthme par l’emploi des injections hypodermiques de morphine et action eupnéiquo de la morphine ( Union médicale, 1878). Des injections hypodermiques de morphine dans les dyspnées (Soc. clinique de Paris, 1878). Action antithermique des alcaloïdes du quebracho (Union médicale, 1884). Action physiologique et thérapeutique du quebracho (en collaboration avec Ch. Éi.oy, Archives de physiologie, 1866). Action antidyspnéique de l'iodure d'amyle (Traité clinique des mal. du cœur, 2« édition, 1893).
LES U Itli MI ES ET LEU U TRAITEMENT.
tageusement l’urémie en un mot, il faut non seulement purger, mais produire une superpurgation ». Lancereaux, qui insiste judicieusement sur ce mode de traitement, rappelle un fait qui lui avait été signalé autrefois par Cl. Bernard. Notre grand physiologiste lui disait que, lorsqu'il avait fait prendre de l’iode aux animaux et qu’il leur donnait ensuite des purgatifs légers, il fallait un temps très long pour arriver à les en débarrasser, tandis qu’un purgatif énergique faisait disparaître presque immédiatement cette substance de la salive (1).
Autrefois on croyait, et. Fournier avait même affirmé dans sa thèse d’agrégation sur l'urémie, que celle-ci était caractérisée par deux symptômes négatifs d’une liante valeur : l'absence de fièvre et de paralysies. Or l’urémie fébrile existe, et les paralysies toxiques sans lésions encéphaliques peuvent survenir dans le cours de cette intoxication, comme le prouvent des faits nombreux observés par Lancereaux, Raymond, Chantcmessc et Tenneson, par nous, par mon ancien interne E. Baillet dans son excellente thèse inaugurale (2). On croyait autrefois, et l’on croit encore parfois à une hémorragie ou à une embolie cérébrale, d’où nue certaine inaction thérapeutique très préjudiciable aux malades. Or, dans ces cas, le traitement antitoxique par les diurétiques et les purgatifs répétés est capable de faire disparaître promptement ces divers accidents.
Ce n’est pas seulement le tube digestif qui est amené à remplacer les reins insuffisants, et l’élimination des matières toxiques peut se faire encore par les ulcères suintants des jambes, qui se produisent parfois spontanément sur les membres œdématiés, comme Lancereaux en a cité quelques
(1 ) Lancereaux, De l'urémie (Ann. (les maladies génito-urinaires, 1887).
(2) Lancereaux, Loc. cil. — Raymond, Sur la pathogénie de certains accidents paralytiques observés chez les vieillards, leurs rapports probables avec l'urémie (Revue de méd.. 1885). — Chantemesse et Tenneson, Hémiplégie et épilepsie urémiques (Revue de méd., 1885). — IIuchard,' Observations de la thèse inaugurale de Baillet, 1898, sur les paralysies urémiques.