‹ Maladies de l'appareilChapitre 183 sur 194 · INTOXICATIONS ALIMENTAIRES AIGUËS · texte numérisé non relu

INTOXICATIONS ALIMENTAIRES AIGUËS

exemples. Aussi, doit-ou chercher à provoquer des ulcères de ce genre, qui ont souvent pour résultat de prolonger l’existence en donnant accès à la sortie des matières toxiques. Bien n'est; plus vrai, comme le démontre un fait observé par moi à l'hôpital Bichat, en 188.7.

Un malade était atteint de sclérose cardio-rénale avec accidents urémiques extrêmement graves et œdème considérable des membres inférieurs pour lequel je lis pratiquer des mouchetures à l’aide d'une aiguille flambée au rouge blanc. On ne prit pas la précaution de faire l’asepsie de la peau sur laquelle les mouchetures devaient être pratiquées, et il en résulta un phlegmon diffus que l’on dut bientôt ouvrir largement en plusieurs endroits. Dès ce jour, après l’évacuation du pus, il s'écoula une quantité considérable de liquide, et les graves symptômes urémiques, jusque-là très rebelles à toute médication, cessèrent complètement. Ces ouvertures restèrent béantes pendant trois mois environ, grâce à l’introduction de plusieurs drains, et le malade, dont l’existence était menacée à brève échéance, partit complètement guéri, à la fois de ses accidents asystoliques et urémiques. Celle guérison inespérée n’est jamais sortie de ma mémoire, et j’ai observé plusieurs faits semblables — le phlegmon dilfus en moins — dont l’un très intéressant avec mon collègue de la Société de thérapeutique, le 1)' Créquy. Fait important à remarquer, dès le moment où le liquide des membres œdématiés a trouvé issue au dehors, j'ai vu assez souvent cesser la diarrhée urémique dont les malades étaient atteints.

L’observation et l’interprétation de ces faits sont donc exactes, et je n’hésite pas, dans des cas semblables, à pratiquer de grosses mouchetures sur les membres œdématiés avec la pointe rougie d’un thermocautère.

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