VI. — Intoxications alimentaires aiguës
11 est utile de dire un mot sur les intoxications alimentaires aiguës que l’on observe quelquefois dans la sclérose rénale et
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dont la vraie cause est souvent méconnue. L’intoxication aiguë est à opposer à l’intoxication alimentaire chronique dont il a été question jusqu’ici.
En 1894, un de mes malades, artérioscléreux, soumis depuis dix-huit mois avec succès au régime alimentaire que vous connaissez, vient à Paris et a la mauvaise idée d’entrer dans un restaurant où il mange du caviar, du gibier et du fromage avancé. Le soir même, il fut atteint d’accidents dyspnéiques formidables, puis le lendemain, comme il arrive souvent dans les intoxications alimentaires, d’une éruption scarlatiniforme presque généralisée. En quarante-huit heures, il fut emporté par cette dyspnée intense, coïncidant avec une anurie presque complète.
En J 895, il a été publié un fait presque identique, terminé par la mort en quelques jours (1). L’un de mes collègues, que j’ai interrogé à ccl égard, se rappelle avoir assisté à des accidents semblables dont l’importance ne doit pas nous échapper, puisqu'à côté de l’intérêt clinique peut se dresser dans ces cas une question médico-légale intéressante et facile à trancher, surtout si l'on est en possession du diagnostic et de la connaissance pathogénique.
Que de morts rapides ainsi inexpliquées chez les vieillards atteints d’une néphrosclérose latente, ou tout au moins d’imperméabilité rénale, si fréquente à cet âge! Et que d’accès « d’asthme ou de pseudo-asthme », d’origine toxialimentaire, et non pas de nature nerveuse, comme on le dit si souvent!
Comme je l’affirmais déjà en 1895, l’asthme essentiel, d it nerveux , est souvent le résultat d’une intoxication, et si ses accès sont ordinairement nocturnes, c'est parce que, les urines de la nuit étant moins toxiques que cellesdu jour, l’organisme est lui-même plus intoxiqué. Dans les cas de ce genre, le nitrite d’amyle préconisé par quelques auteurs n’a aucune
(1) Presse médicale, 1896.