CONGESTION PULMONAIRE D’ORIGINE GASTHO-INTESTINALE
signes stéthoscopiques, j'ai des raisons de croire qu'il ne s’agit pas de tuberculose. D’autre part, il ne s'agissait pas non plus de râles dus au déplissement pulmonaire. Or, j'ai observé presque toujours cette particularité chez de gros mangeurs, et je ne serais pas étonné, sans pouvoir encore l’affirmer, (pie cette congestion pulmonaire permanente fut d’origine gastro-intestinale. Jusqu’ici, ce fait n’a de l'importance qu’au point de vue du diagnostic, surtout du pronostic très favorable. Je l'indique, afin que vous ne cherchiez pas à combattre une tuberculose pulmonaire qui n’existe pas.
Indications thérapeutiques; traitement. — Notre premier malade avait eu de l’embarras gastrique et de la congestion pulmonaire. Au moment de l’apparition de celle-ci, l’état gastrique semblait redevenu normal; aussi ai-je eu recours à la médication usitée dans les cas de congestion pulmonaire simple. Eli bien, l’administration de ventouses sèches, l’application d'un vésicatoire, la prescription de poudres expectorantes (cachets de 0Kr, 25 de poudre de Dower et de scille), furent suivies du plus complet insuccès, parce que la thérapeutique était seulement symptomatique et qu’elle ne s'appuyait pas sur la pathogénie. Même sort eût été réservé à l’oxyde blanc d’antimoine, au kermès minéral, à toutes les drogues inutiles et même nuisibles dont on abuse trop souvent dans les maladies des organes respiratoires.
En présence de ces insuccès, me rappelant que l'intestin peut être la source d’accidents pulmonaires, et m’appuyant sur la marche de la maladie, je pensai que la principale indication consistait à pratiquer l’antisepsie du tube digestif.
Comme les troubles gastro-intestinaux persistaient, il était indiqué de prescrire un purgatif, mais lequel? L’huile de ricin, les sels de magnésie ou de soude n’ajoutent aucune propriété antiseptique à leur action purgative ; aussi donnai-je la préférence au calomel, qui constitue un purgatif antiseptique. Je prescrivis quatre cachets de 0gl',25 de calomel et de résine de scammonée.
Comment pratiquer d'une façon rationnelle 1 antisepsie intestinale? .l’insiste particulièrement sur ce point parce qu’on abuse de cette médication de deux manières différentes : par excès ou par défaut, .le m’explique : on abuse par excès, et cela est fréquent, quand l’antisepsie intestinale est inutile; on abuse par défaut, lorsqu’elle est réellement indiquée. A ce dernier point de vue, je vois prescrire journellement 08r,50, 1 gramme à l"r,50 de napbtol. Ce sont là des doses absolument insuffisantes, ne pouvant donner que des résultats illusoires. Pour obtenir l’eflet attendu de l’antisepsie intestinale, il faut atteindre d'emblée la dose quotidienne de i, 5, 10 grammes et même plus de benzonaphtol , auquel je donne toujours la préférence. C'est à cette médication (pie je m'adressai pour ce malade, me contentant de cinq cachets de 1 gramme de benzonaphtol par jour et y ajoutant deux cuillerées de charbon pulvérisé.
L 'alimentation lactée qui a encore pour résultat de réduire les toxines intestinales, a été également prescrite, et je suis convaincu qu’elle a beaucoup mieux réalisé l’antisepsie de l’intestin que le benzonaphtol, même à haute dose, etque toutes les drogues recommandées théoriquement pour remplir cette indication.
Sous l’influence de cette médication, je constatai, avec la disparition des troubles gastro-intestinaux, la disparition non moins rapide de la congestion pulmonaire, ce que n’avaient pu faire ni les révulsifs, ni les expectorants.
Chez les enfants qui succombaient le plus souvent à cette forme infectieuse de congestion pulmonaire dont l’origine intestinale avait été jusqu’alors inconnue ou méconnue, la guérison a été obtenue par Sevestrc, grâce à un traitement spécial ( calomel et antiseptiques intestinaux).
Ces faits prouvent une fois de plus qu'en thérapeutique il faut s’élever jusqu’à la pathogénie des accidents pour les traiter complètement. Comme chez les enfants, il existe chez l’adulte des bronchopneumonies et des congestions