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II. — Indications thérapeutiques

Nous ne pouvons rien contre le processus pneumonique avec sa marche cyclique et marquée à l’avance; il n’existe ni un médicament, ni une médication antipneumonique, au moins jusqu’à ce jour, et cela malgré la découverte du bacille de la grippe, bacille de Pfeiffer souvent associé à d’autres microbes et difficile à isoler. Du reste, comme l’a dit Menetrier dès 188ti, les bronchopneumonies et les pneumonies grippales n'ont rien de spécifique.

Dans toute pneumonie, il y a un organe important (pii doit subir le contre-coup de l'affection pulmonaire, (pii aura plus tard à lutter contre les obstacles circulatoires. C’est le cœur; ce qui m’a fait dire : dans la pneumonie, lu maladie est au

(1) Cli. Fiessinüeb, Valeur pronostique du pouls et de la température dans la pneumonie [Société dos sciences rnéd. de Lyon, 1889). Grippe infectieuse, 1889. La pneumonie à Oyonnax, 1891.

TRAITEMENT DES PNEUMONIES GRIPPALES

poumon , le danger au cœur. Cette opinion, <|iie je professe depuis plus de vingt ans, vient <1 être confirmée par les recherches de deux auteurs dont voici les conclusions : Le vieillard réagit au point de vue leucocytaire selon le meme mode (pie l’adulte et dans des proportions analogues, mais le cœur du vieillard atteint de cardiosclérose peut fléchir plus facilement et plus tôt que celui de l'adulte, d’où cette conséquence pratique : il faut instituer dès le début de la pneumonie, la médication toni-cardiaque préventive (1). Cetle indication devient plus impérieuse encore lorsqu'il s’agit d’une forme de « pneumonie cardiaque »» bien décrite avec ses foyers successifs par Ch. Fiessinger (2).

Dans les pneumonies .à forme typhoïde et surtout dans les pneumonies ou congestions pulmonaires grippales, il y a encore l’atteinte profonde portée au système nerveux, les pneumogastriques sont comme coupés, d’où les menaces continuelles d’une sorte d’état parésique des bronches (bronchoplégie) ou du cœur (cardioplégie), ce qui m’a fait ajouter: le danger est au système nerveux.

Chez les vieillards, la fibre cardiaque, souvent lésée d'une façon latente, fait presque toujours sentir l'insuffisance de sa contractilité à l’occasion d'une grippe bronchopulmonaire, et la maladie est d’autant plus grave que l’élimination des toxines microbiennes se fait incomplètement par suite de l’insuffisance de la dépuration rénale, ce qui me fait enfin affirmer : le danger est au rein.

Ces diverses propositions nous montrent les indications thérapeutiques. Nous savons maintenant que, dans toute pneumonie infectieuse, il ne faut pas voir seulement le poumon malade, mais tout l’organisme atteint; qu'il faut porter son attention sur deux organes presque toujours

( 1 ) G. Etienne ot. Perrin, Comment meurent les pneumoniques âgés {Revue médicale de l’Est, 1908).

(2) Ch. Fiessinger, Pneumonie cardiaque et pneumonie à loyers successifs ( Gazette médicale de Paris, 1892).

TRAITEMENT

altérés ou troublés dans leurs fonctions, le foie et les reins ; qu’il faut soutenir le cœur et le système nerveux.

Vu l'impuissance des moyens thérapeutiques, ce n’est pas au poumon qu'il faut s’adresser, et nous n’en sommes plus à recommander les expectorants, le kermès, l’antimoine, le tartre stibié et la saignée, qui ont pour effet d'affaiblir le cœur et de déprimer la force nerveuse, ni les vésicatoires dont la principale indication consiste à n’être jamais indiqués dans les maladies infectieuses parce qu'ils sont capables de troubler le fonctionnement rénal. Si l’on ne peut presque lien sur le poumon malade, il faut s'adresser aux organes sains, en vertu de cette thérapeutique que j’ai appelée compensatrice et qui peut être ainsi formulée : Quand un organe est malade, il faut le laisser au repos et faire agir les organes sains et compensateurs.

Quel est ici l’organe compensateur, celui qui devra soutenir la lutte engagée par l’organisme contre l’affection? Le plus souvent, c’est le cœur avec le rein.

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