TRAIT LM EN T
OT
preuves à l’appui, une sorte d'action neutralisante de la digitale sur les toxines du pneumocoque, et les expériences de A. Gazza ont démontré l’action leucocytaire de la digitale dans la pneumonie (1). C’est ainsi que le médicament vient encore au secours de la maladie, qui déjà par elle-même détermine dès la période de frisson une hyperlaucocytose très accusée, un des meilleurs moyens de défense de l’organisme contre les infections.
2° Danger au système nerveux. — On répond à cette indication par la potion de Todd , dont il ne faut pas abuser ; par l'emploi d’un mélange à parties égales de teinture de kola et de coca (une à trois cuillerées à café dans du lait); par les injections hypodermiques d 'éther, de caféine , d 'huile camphrée ; enfin, dans les oas rebelles, par les préparations de sulfate de strychnine à l’intérieur (2 à 3 granules de 1 milligramme), et mieux par des injections de sulfate de strychnine (undemiàun milligramme), ouencorepar deux ou trois injections d’un centimètre cube d’une solution contenant un centigramme de sulfate de strychnine et 50 centigrammes de sulfate de spartéine pour 10 grammes d’eau.
Au sujet des injections d'huile camphrée que j’ai réussi à introduire (1891) dans la thérapeutique en France, ainsi que les injections de caféine (1883), je dois rappeler que, les recommandant d’abord dans la phtisie pulmonaire, à l’exemple d’Alexander, j’avais soin de dire qu’elles n’ont pas d’action réelle sur le bacille tuberculeux, mais qu’elles produisent les. effets suivants : suppression des sueurs, retour du sommeil et de l’appétit, abaissement de la température, amélioration de l’état général. J’ajoutais encore qu’elles devaient être utilisées à haute dose contre l’adynamie cardiaque, et qu’elles pouvaient être ainsi employées dans un grand nombre de maladies
(1) H. Huchard, Soc. de thérap., 1892. — Franc, Journ. de mèd. de Bordeaux, 1892. — Gingeot et Deguy, Bevue de mèd., 1897. — Maries Bocrgain, La digitale dans les infeetluns en général. Thèse de Paris, 1898. — Alessandro Gazza, Leucositosi digitalica c sua imporlanza nella diplococcemia sperirnentale. Modène, 1901.
TRAITEMENT DES PNEUMONIES GRIPPALES
où l’adynamie générale prédomine parfois, principalement dans les pneumonies. Donc, ce qu on appelle « la méthode de traitement de Seibert » par les injections de camphre à dose massive (4 à 5 grammes de camphre par jour) est inspiré par nos recherches antérieures de dix-huit ans. On peut pratiquer quatre à cinq injections de 5 centimètres cubes d’huile à 20 ou 25 p. 100, et cela sans aucun danger, le seul inconvénient étant l’haleine camphrée dont se plaignent les malades (1).
Quantaux injections salines (dont on a autrefois tant abusé dans toutes les maladies infectieuses), elles doivent être proscrites au cours de la pneumonie comme de toutes les affections caractérisées par la rétention des chlorures. C’est ainsi que chez les asystoliques et les brightiques en état de rétention chlorurée, qu'au cours d’un épanchement pleural on peut voir survenir une aggravation des troubles morbides, une réapparition ou une augmentation de l’œdème et du liquide pleurétique. C'est encore ainsi qu’on a pu signaler des accidents pseudo-méningitiques assez graves (agitation, trémulation des lèvres et des membres, délire, raideur de la nuque et de la colonne dorsale, exagération des réflexes, signe de Kernig) à la suite d’une injection saline au cours d’une pneumonie (2).
Les injections de sérum antidiphtérique , préconisées par Talamon en 1901, visent un autre but : celui d'utiliser l’action excitante des phagocytes liée à ce sérum et capable de s'exercer, en dehors de l’action antitoxique spécifique, aussi bien sur le pneumocoque que sur le bacille diphtérique. Sur 50 malades observés à l'hôpital, la mortalité a été de 14 p. 100, alors qu'elle avait été de 37 p. 100 l’année précédente. Ce traite-
( I ) Huchard et Faure-Miller, Congrès pour la tuberculose, 1891. — Seireut (de New-York), Semaine médicale, 1909 . — R. Oppenheisi et R. Crétin, Traitement de la pneumonie des vieillards par l’injection d'huile camphrée à haute dose [Bull, de la Société de l’inlernat, Paris, 24 lévrier 1910).
|2) Cil. A chari) et Laübry, Société médicale des hôpitaux, 25 avril 1902 et 3 juillet 1903.
TRAITEMENT
ment esl inoflensif, puisque certains pneumoniques ont pu recevoir des doses énormes de 200 à 260 centimètres cubes en quelques jours, sans autres accidents que les phénomènes post-sérothérapiques bien connus, comme les éruptions érythémateuses et quelques douleurs articulaires. Au-dessous de cinquante ans, deux à trois in jections de 20 centimètres cubes sont ordinairement nécessaires. Parfois, une seule injection peut suffire, et d'autres fois il faut arriver au chiffre de six etsept pour abaisser la température d’une façon notable. « On peut, dit Talamon, parl'emploi du sérum antidiphtérique, abréger la durée de la pneumonie, supprimer ou du moins réduire les chances de complications et abaisser la mortalité de cette maladie aux environs de 10 p. 100. » Malheureusement, sur le terrain de l’expérimentation et de la clinique, ces heureux résultats n'ont pas été toujours confirmés, et dans les recherches faites sur la souris blanche, Legros n’a pas réussi à modifier l'infection pneumococcique expérimentale par l’emploi préservatif et curatif de ce sérum. D’autre part, en appliquant cette méthode chez l'homme, Landrieux et Legros, à la suite d'examens du sang faits à plusieurs reprises chez les malades ainsi traités, n'ont pas vu « qu'une réaction leucocytaire de défense accusât dans l’intimité de l’organisme l’influence favorable » (pie l’observation clinique ne leur avait pas permis de constater. Quoi qu’il en soit, je crois que ce traitement inoftensif peut être tenté dès le début de la maladie (1).
Les bains froids et les enveloppements froids trouvent également leur indication. Mais, chez les enfants et les vieillards, chez les nerveux, les bains ehauds répétés (36° ou 37°) sont préférables. Cependant, à ce sujet, il faut bien s’entendre. La balnéation est certainement très utile, puisqu’elle contribue à abaisser la température, à agir d’une façon favorable sur la dépuration urinaire, sur la respiration, sur l’état circulatoire
(1) Talamon, Société médicale des hôpitaux . 22 février 1901. — (J. Legros, Société de biologie, 4 mai 1901. — Landrieux et G. Legros, Journal des praticiens, 14 décembre 1901. — L. Ré.non. Revue critique des maladies de l’appareil respiratoire [Archives de médecine, avril 1902).
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■et sur le système nerveux, mais il laul savoir que la balnéothérapie froide ou chaude ne modifie en rien le cjcle tlieimique de la pneumonie, qu’elle « n’avance pas d'un jour, pas d'une heure, le moment de la défervescence (1) ». Elle ne vise donc pas la maladie elle-même, quelle est incapable de modifier dans son évolution ; elle vise les complications nombreuses qui peuvent si souvent favoriser une terminaison fatale.
.‘1° Antisepsie intestinale, buccale, rhino-pharyngée. — Dans les maladies infectieuses, le foie est souvent atteint; sa cellule profondément altérée ne remplit plus qu'imparfaitement ses fonctions d'arrêt et de neutralisation des poisons, •et ceux-ci ont alors de la tendance à pénétrer et à s'accumuler dans le liquide sanguin. C’est là un autre danger résultant de l’insuffisance hépatique. Les toxines, s’éliminant par le rein, peuvent irriter ce dernier organe et troubler ainsi ses fonctions d’élimination.
La prescription du laitage s’adresse en même temps au foie et au rein, puisqu'il contient du sucre capable de se transformer en glycogène, puisqu'il est diurétique, qu'il diminue la toxicité urinaire, qu’il est pauvre en sels de potasse parfois toxiques pour l’économie. Pour ces raisons, il faut pendant quelques jours supprimer de l’alimentation les bouillons et potages gras, les viandes riches en potasse; pratiquer l'antisepsie intestinale par tous les moyens dont nous disposons, surtout par le benzonaphtol, à la dose de cinq ou six cachets de oO centigrammes, en raison de son innocuité, de ses propriétés légèrement diurétiques. Mais l’antisepsie intestinale par les drogues est bien problématique, et l’alimentation lactée, joue également le rôle le plus important, en réduisant au minimum l'introduction des toxines alimentaires. Il faut insister encore sur les grands lavages intestinaux répétés avec un litre d’eau chaque fois.
(1) J. Comby, Société médicale des hôpitaux, 31 mai 189à.
l'KAlTEMENT.
L'antisepsie de la bouche et du rhino-pharynx s’obtient •d’abord au moyen de lavages ou de gargarismes avec la liqueur de Van Swieten étendue d’eau, de l'eau oxygénée, une solution de formol à 50 centigr. pour un litre d’eau, •ou l’une des solutions suivantes :
1° Phénol cristallisé
Eucalyptol
Menthol
Thymol
Alcool à 90®
Teinture de cochenille
5 grammes.
1 gramme.
0sr,o0
100 grammes.
Q. S. pour colorer.
Usage externe. Une demi-cuillerée à café dans un verre d’eau tiède.
2° Phénol cristallisé
Salol
Eucalyptol
Menthol
Thymol
Alcool à 90“
Teinture de cochenille
0 grammes.
1 gramme.
100 grammes.
Q. S. pour colorer.
Usage externe (même dose et même mode d’emploi).
3° Chloral 12 grammes.
Essence de menthe 2 —
Alcool à. 90» 100 —
•Usage externe (même dose et même mode d’emploi).
4° Chloroforme b grammes.
Phénol cristallisé 5 —
Eucalyptol X gouttes.
Eau de Botot 100 grammes.
Usage externe (même dose et même mode d’emploi).
Le savonnage des dents et des gencives, avec des savons au menthol et au thymol surtout en temps d’épidémie, et aussi .pendant le cours des pneumopathies grippales, est à .recommander.
Dans la prophylaxie de toutes les maladies infectieuses et contagieuses, la désinfection du rhino-pharynx est importante; elle n'est pas différente de celle dont II. Vincent (1) a (1) H. Vincent, Société médicale des hôpitaux, 18 mars 1910.
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précisé les règles pour la méningite cérébro-spinale épidémique et qui réalise la triple désinfection nasale, pliai'} ngée et buccale.
1° Inhalations, faites lentement et alternativement par chaque narine, d’une solution antiseptique ainsi formulée :
Iode
Gaïaeol
Acide thymique Alcool à 00°
Ce mélange, pour être rendu clair, doit être additionné deo à G grammes d’iodure de potassium. Une certaine quantité de ce mélange est versée dans un bol ou une capsule en porcelaine. Celle-ci est même plongée dans une cuvette renfermant de l’eau très chaude, afin de favoriser le dégagement des vapeurs. On fera quatre ou cinq inhalations par jour, d’une durée de deux à trois minutes chacune.
2° Attouchements du pharynx et des amygdales, matin etsoir sur toute leur surface, avec un tampon imbibé de glycérine iodée au trentième.
3° Gargarismes avec beau oxygénée à 12 volumes, diluée au dixième.
Pour les enfants, suivant l’àge, on diminuera d'un tiers ou de moitié les proportions d’iode et de gaïaeol contenues dans le mélange inhalé. Pour les badigeonnages, glycérine iodée au quarantième ou au cinquantième.
Sans doute, cette stérilisation du rhino-pharynx peut sembler difficile à réaliser chez tous les sujets en temps d’épidémie grippale. Mais, elle doit l’être surtout chez tous les vieillards, surtout lorsqu’ils sont déjà atteints de grippe, dans le but d’éviter les pneumonies, toujours graves à un âge avancé.
Lorsque la pneumonie grippale est un fait accompli, on. pourra tenter encore, pour agir directement sur le poumon lui-même, les instillations intratrachéales d’huile goménolée au dixième ou au vingtième.
12 grammes.
0er,2à
200 cent, cubes.
PNEUMONIE ET EMPHYSÈME SOUS-CUTANÉ
I. Exposé clinique. — Exemple d’une double pneumonie franche influencée par l’impaludisme préexistant avec complication d’cmphysème sous-cutané ; guérison.
M. Pronostic i>e l’emphvsème sous-cutané. — Causes et origines diverses de 1 emphysème sous-cutané. Quelques exemples d’emphysème souscutané à la suite ou au cours de pneumonies infantiles. Fréquente terminaison par la mort. Obscurités sur la pathogénie de cette complication dans la pneumonie infantile.
III. Th aitement. — Traitement de la dyspnée : chlorhydrate d’héroïne ; quebracho blanco, chlorhydrate d’aspido-spermine.