CONCLUSIONS
Pour démontrer aussi l'action inverse des maladies du cerveau sur le poumon et d'autres organes, je n’ai pas besoin de rappeler les faits connus de lésions encéphaliques produisant des congestions ou des hémorragies pulmonaires (expériences de Brown-Séquard et Vulpian ; observations de Nothnagel et A. Ollivier).
Je ne discuterai pas davantage les diverses théories qui ont été émises au sujet des accidents méningitiques survenant dans le cours d’une pneumonie : la théorie de Grisolle reprise par Iluguenin, et qui rattache la méningite à une véritable résorption purulente, consécutive à la désagrégation de l’exsudât pneumonique; celle de Verneuil qui, en 187.'5, dans sa thèse inaugurale, cherche à expliquer tous les accidents par une stase veineuse, due elle-même à l'élévation de la tension sanguine dans le cœur droit; celles d’Immermann et Heller, qui ont de la tendance à assimiler la méningite pneumonique à la méningite cérébro-spinale épidémique ; celle de Laveran, qui attribue tous les accidents méningitiques a des troubles vaso-moteurs, à une hyperémie neuro-paralytique réflexe; enfin la dernière théorie, seule acceptable, qui consiste à envisager la méningite comme une manifestation du même agent morbide qui a fait naître d’abord la pneumonie. Dans la longue observation qu’on a lue. une méningite pneumococcique ne s’est pas produite, la cessation des accidents méningitiques ayant exactement coïncidé avec la défervescence fébrile. Il s’agissait ici de méningisme pneumonique.
PLEURÉSIE DIAPHRAGMATIQUE; TRAITEMENT
I. Deux mots d’historique. — Erreurs commises autrefois à ce sujet.
II. Symptomatologie. — 1° La toux des pjleuréliques. — 2° Douleurs diaphragmatiques : a, bouton diaphragmatique antérieur et postérieur ; è, irradiation s douloureuses. Quatre points douloureux diaphragmatiques. Douleur par refoulement. Douleurs sur le trajet du nerf phrénique : cervicale, sus-claviculaire, scapulaire. Irradiations brachiales. — 3° Pseudo-paralysie du diaphragme et paralysie du diaphragme. Loi de Stokes. Signes de la parésie du diaphragme. Paralysie du diaphragme dans les pleurésies purulentes. Importance des signes fonctionnels et douloureux. — 4° Marche de la maladie et modes de début. Débuts apparent et latent. — 5° Pronostic.
III. Étiologie. — Pleurésie tuberculeuse, rhumatismale, a frigore. — Pleurésies secondaires aux cardiopathies, à la néphrite, aux lésions du foie, aux infarctus pulmonaires de la base, aux maladies puerpérales, à la péritonite tuberculeuse, aux maladies du foie.
IV. Diagnostic. — Pleurodynie, névralgie intercostale, névralgie diaphragmatique, pleurésie pariétale, péricardite, foie cardiaque, péri-hépatite, péritonite péri-hépatique, appendicite.
Y. Traitement. — Indications thérapeutiques : douleur, toux, dyspnée. Ventouses scarifiées, vésicatoires, topiques calmants, injections de morphine. Poudre de Dower et quinine (pleurésie avec congestion pulmonaire). Traitement de la cause. Pleurésies purulentes.
/. — Deux mots d’historique.
Les symptômes que je vais décrire n'ont pas toujours été attribués à 1 inflammation de la plèvre diaphragmatique. Aussi, est-il intéressant de donner quelques renseignements rapides sur l’historique de cette maladie.
Dans les livres hippocratiques elle est désignée sous le nom de phrénitis , phrénésie, paraphrénésie. Les anciens plaçaient le siège de celle-ci dans le diaphragme et avaient ainsi établi des rapports étroits entre la méningite et la paraphrénésie. Ils attribuaient à cette maladie le coma, le délire, et
SYMPTOMATOLOGIE.
Galien consacrait un chapitre à l’étude « des plirénitis qui dépendent do l'encéphale et de celles qui sont dues à l’inflammation dudiaphragme ». Grisolle insiste encore sur les symptômes cérébraux au cours de cette affection. Ce sont là des erreurs.
Boerhaave, le premier, reconnaissant le siège réel du mal, affirma que la paraphrénésie des anciens est due à l'inflammation du diaphragme, ou diaphragmite , nom sous lequel cette maladie est encore désignée et étudiée dans les œuvres de J. Frank.
Andral publie cinq observations sérieuses de pleurésie diaphragmatique, dont quatre se terminent par la mort. Il conclut, en conséquence, à la gravité extrême de la maladie. Laennec, au contraire, fait ressortir le peu de gravité de l'affection. Ils ont tous deux raison; la maladie est bénigne ordinairement quand elle est primitive, elle est grave le plus souvent quand elle est secondaire, c'est-à-dire quand elle survient au cours et sous l'influence d’un autre état morbide. Enfin nous avons dans N. Gueneau de Mussy le véritable historien de la pleurésie diaphragmatique sur laquelle il a publié à deux reprises différentes des études remarquables.
Cette affection a donc été considérée sous trois aspects différents, les anciens attribuant à la phrénésie et à la paraphrénésie les symptômes de la méningite; Andral regardant l'affection comme extrêmement grave; enfin, Gueneau de Mussy envisageant la question sous son vrai jour et rendant à la pleurésie diaphragmatique son caractère d’affection plutôt bénigne. Il s’agit ici, bien entendu, des formes sècbes ou séro-fibrineuses et non des formes hémorragiques ou purulentes, qui sont graves (1).