IV. — Diagnostic
Dans la pleurodynie , la douleur est musculaire; elle est en plaques et non localisée en des points fixes.
Dans la névralgie intercostale , la douleur a un caractère névralgique avec paroxysmes en dehors de la toux et des mouvements ; les points douloureux ne sont point les mêmes; il n’y a pas d’irradiations le long du nerf phrénique.
La névralgie diaphragmatique nous arrêtera un peu plus longtemps, .le crois, en effet, qu’on lui a fait jouer un rôle plus important qu’elle ne le mérite, et que bien des cas diagnostiqués sous ce nom doivent être rapportés eu réalité à la pleurésie diaphragmatique. Elle existe cependant, et on la rencontre quelquefois dans les alfections de l'aorte. Son mode de début n’est pas le même que celui de la pleurésie ; il est loin d’être aussi rapide; il n’y a ni frisson, ni fièvre, ni épanchement. Malgré ces quelques signes différentiels, l’erreur a été souvent commise. Cependant, je dois ajouter que la plupart des cas de névralgie diaphragmatique ne sont qu’une complication de la pleurésie du même nom, et alors
(1) Charrier, Thèse de Paris, 1855. — Laroyenne, Lyon médical , 1877
DIAGNOSTIC
il est bien difficile de faire la part qui revient à l’une et à l'autre affection.
Le début de la pleurésie pariétale est plus net, plus franc. Le point de coté est situé plus bas et plus en dehors <pie dans la pleurésie costo-diaphragmatique, où il est; épigastrique, dans un point très limité qui constitue le bouton diaphragmatique antérieur.
Il existe dans la péricardite un point douloureux dont le siège doit être distingué de celui de la pleurésie diaphragmatique. On le trouve dans l’espace coslo-xiphoïdien, entre le mamelon et l’appendice xipboïde. De plus, on constate l'existence de frottements péricardiques. Mais, si la péricardite complique la pleurésie diaphragmatique, le diagnostic devient très difficile.
Le foie cardiaque est douloureux et sensible à la pression en un point qui se différencie de celui de la pleurésie diaphragmatique; il est constitué par une plaque douloureuse siégeant le plus souvent au lobe gauche, sans point dorsal ni sensibilité le long du phrénique ou des nerfs intercostaux. Bien entendu, si chez un individu atteint de foie cardiaque il survient une pleurésie diaphragmatique, le diagnostic devient difficile. — Dans les cardiopathies artérielles, on voit souvent des pleurésies siégeant surtout à droite; j'ai signalé le caractère hémorragique assez fréquent de ces épanchements.
Quant aux périhepatites , à la péritonite périhépatique, réagissant par propagation sur le diaphragme et la plèvre, les commémoratifs et le mode de début éclairent suffisamment le diagnostic.
Les auteurs anciens, depuis Galien jusqu’à Joseph Frank, ont fait le diagnostic avec la méningite en raison des symptômes cérébraux qu'ils attribuaient toujours aux affections du diaphra gme. Aujourd'hui, cc diagnostic n’a plus sa raison d’etre, puisque les symptômes cérébraux sont dus à d’autres causes (purulence de l’épanchement, coexistence avec un mauvais état général, etc.).
102 PLEURÉSIE DIAPHRAGMATIQUE; TRAITEMENT.
La pneumonie et la pleurésie peuvent présenter quelquesuns des symptômes de V appendicite. Il en est de même de la pleurésie diaphragmatique, comme cela résulte du l'ait suivant : Un homme de trente-neuf ans fut pris d’une douleur a l’épigaslre avec irradiations à la base de la moitié droite du thorax, avec météorisme, vomissements, point de Mac Burney des plus net. On crut d’abord à une appendicite aiguë. Puis, l’existence de l’inertie respiratoire prononcée surtout à la base thoracique droite, de quelques frottements pleuraux, du bouton diaphragmatique de Gueneau de Mussy, d’une douleur provoquée par la pression entre les deux chefs du sternomastoïdien et les résultats positifs d’une thoracenlèse permirent de rétablir le diagnostic en faveur d’une pleurésie diaphragmatique.